lun. Juil 6th, 2020

Volot : « J’espère que Le Maire pense le contraire de ce qu’il dit, sinon c’est un couillon »

L’interview que Jean-Claude Volot nous a accordée est un moment indispensable pour tous ceux qui s’interrogent sur les délocalisations industrielles en France et sur leurs raisons. Patron de Dedienne Aérospace, Volot est un patron mondialisé. Il a des usines et des sites de production dans le monde entier. Et il nous fait l’amitié de nous dire tout sur le sujet. 

Jean-Claude Volot

ancien conseiller spécial du président du MEDEF, président de Dedienne Aérospace, collectionneur d'art contemporain, Jean-Claude Volot nous dit tout sur les délocalisations.

Bruno Le Maire a-t-il tout compris au dossier des délocalisations et des relocalisations sur lequel il s’exprime à tort et à travers ? Jean-Claude Volot, ancien conseiller spécial du président du MEDEF Pierre Gattaz, nous consacre un moment incontournable pour comprendre l’état d’esprit des patrons ouverts sur la mondialisation en France. Il répond sans ambages à nos questions. 

Les relocalisations sont-elles une solution d’avenir ?

On écoutera attentivement Jean-Claude Volot pour comprendre que le grand capital français n’a nulle intention d’obéir à l’injonction de relocaliser son activité en France. Si, par patriotisme, de nombreuses entreprises conservent leurs fonctions de conception sur le sol national, le reste s’en va. Et les raisons données par Jean-Claude Volot en disent long sur la désillusion des patrons français vis-à-vis de leur pays d’origine. D’ores et déjà, l’élévation des qualifications partout dans le monde rend la localisation d’une entreprise en France relativement « neutre » vis-à-vis des impératifs de production. 

Dans la pratique, de nombreux pays sont aujourd’hui capables de produire aussi bien qu’en France. L’idée selon laquelle notre pays possèderait un avantage comparatif est donc totalement illusoire. 

De ce point de vue, la relocalisation pour des raisons patriotiques est un leurre. Elle relève des fantasmes « socialo-intello » selon Jean-Claude Volot. 

La compétitivité de l’industrie française reste au coeur du sujet

Jean-Claude Volot repose ouvertement et de façon très cash la question de la compétitivité de l’industrie française face à la concurrence internationale. En l’état, faute d’un particularisme propre à la France, l’avenir de l’industrie française est bien compromis, puisque nous ne produisons pas mieux que nos concurrents étrangers, mais nous produisons plus cher. Or… la tyrannie du client fonctionne par le prix. 

À bon entendeur…

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5 thoughts on “Volot : « J’espère que Le Maire pense le contraire de ce qu’il dit, sinon c’est un couillon »

  1.  » De ce point de vue, la relocalisation pour des raisons patriotiques est un leurre. Elle relève des fantasmes « socialo-intello » selon Jean-Claude Volot.  »
    intéressant !
    donc Brno Lemaire est un socialiste ! ! !

    1. Mais oui Bruno Le Maire est un socialiste. Toute la « droite » en France est socialiste : étatiste, taxatrice, omnipotente, confiscatrice. Aussi grave que les socialistes. D’ailleurs quelle différence ? Toujours plus de prélèvements sociaux (Sarkozi c’était 55 taxes de plus en 5 ans). Quand on parle de libéralisme en France c’est quasi injurieux. Il n’y a jamais eu depuis Pompidou (et encore) de libéraux en France. Et on en est où ? La chute inexorable, régulière. On en est à 56% du PIB dans les mains de l’Etat, l’URSS en était à 65%. On progresse, on y va. Qui parle de libéralisme ? Macron est un étatiste, pas un libéral. Donc l’économie, taxée très lourdement, administrée, s’épuise et s’effondre petit-à-petit.
      Un député UMP du sud-est de la France à l’époque en 2008, me racontait : « c’est drôle, quand nous rencontrons nos collègues travaillistes britanniques ils nous disent : c’est incroyable, vous la droite française vous êtes beaucoup plus à gauche que nous, la gauche britannique ». Et ça le faisait rigoler (il se reconnaitra).

  2. Beaucoup de bon sens mais…comment peut-il avec ce bon sens reprendre l’antienne des « agriculteurs qui tuent les abeilles avec leur chimie »? Dommage qu’il faille lui appliquer sur ce point le jugement (juste) qu’il porte sur Le Maire.

  3. A moins que le client accepte de payer un peu plus cher du made in france … reevaluer le Yuan a sa juste valeur aussi pourrait changer la donne …

  4. un peu sec le monsieur sur les cadeaux reçus de l’Etat (CICE et CIR) : « On n’avait rien demandé ».
    Et bien pourquoi ne pas les redonner alors ?

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