26 janvier 2021

13 thoughts on “Ce que l’affaire de l’hydroxychloroquine et du Lancet dit de nos élites décadentes

  1. L’humilité n’exclut pas le courage…mais cette vertu ne s’enseigne pas.

    C’est le grand Soljenitsyne, dans son discours de Harvard en 1978, qui nous a expliqué le mieux notre situation :

    « Le déclin du courage est ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui.

    Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son sens noble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis, chaque homme investi d’un mandat(…)

    Une société qui s’est installée sur le terrain de la loi sans vouloir aller plus haut n’utilise que faiblement les facultés les plus élevées de l’homme.

    Lorsque toute la vie est pénétrée de rapports juridiques, il se crée une atmosphère de médiocrité morale qui asphyxie les meilleurs élans de l‘homme.

    Et face aux épreuves du siècle qui menacent, jamais les béquilles juridiques ne suffiront à maintenir les gens debout. »

  2. M. Verhaege, juste analyse de cette manipulation d’ensemble, où un Etat a préféré jeter aux orties l’un de ses meilleurs chercheurs plutôt que de le défendre. N’oublions pas que dès le départ les dès étaient pipés de manière inexplicable et totalement incohérente. Alors que le pouvoir politique avait décidé en son temps d’en faire un pôle d’excellence pour les maladies infectieuses, choisi ce professeur à la tête de l’IHU MARSEILLE avec plusieurs dizaines de personnes hautement qualifiées et des dizaines de millions d’euros de budget en lui donnant une large autonomie, pourquoi dès le début de la crise ne l’a t’on pas écouté et même écarté de Discovery et tout a été fait pour le saborder ? Parce que la plupart de nos élites ne sont pas des opérationnels et à quelques rares exceptions, n’ont aucune intelligence situationnelle même s’ils sont supposés être « brillants » et que le côté disruptif de Raoult en a contrarié plus d’un.

  3. … »cette forme d’intelligence appelée ‘le brillant' »: dans ses Mémoires, Casanova parle « d’enfarinés » à propos de ces gens là – qu’il a bien connus à la cour de Louis XV.

    Je suggère « enfariné » plutôt que « brillant ». C’est plus juste, plus parlant, moins ambigu (pour les esprits ultra bienveillants qui ne comprendraient pas du premier coup)… et plus insultant. Nos enfarinés le méritent bien!

  4. Quelques remarques tout de même. Il me semble que les qualifier de médiocres relève d’un euphémisme pour le moins édulcoré ou d’une politesse exagérée, sauf à préciser les domaines de leur médiocrité: intellectuelle, historique, humaine, sociale, économique, philosophique, vénale, égotiste, égoïste, …(à compléter selon chacun). Ils sont en fait, comme la plupart des arrivistes, des êtres soumis au pouvoir qui les fera roitelets, ne serait-ce qu’un jour. L’affaire de l’hydroxychloroquine ne fait que démontrer que, depuis déjà bien des années, le « milieu scientifique » est dominé par la finance et la loi du profit…comme l’est le « milieu politique »…de moins en moins distinct du milieu mafieux. Ces zélites-là, zélotes du capitalisme le plus vulgaire et violent, sont dépourvus de toute honte ou respect humain, en dehors de leur caste. Les « grandes écoles » les font élites du système. Depuis longtemps l’ENA, loin d’être le creuset de la notion de service de l’Etat au service de la population, est devenue le chemin d’accès individuel au pouvoir, à la surélévation sociale, à l’enrichissement. Leur cynisme ne fait que révéler combien ils peuvent se foutre du monde, monde dont ils sont incapables de seulement chercher à comprendre ce qu’il est, ce qu’il sera, ce qu’il pourrait être. Pour eux, il suffit de maîtriser com et médias et on peut mener la populace où l’on veut. Le petit-Pétain-en-chef peut, toute honte (?) bue, saluer De Gaulle, commémorer Poilus et Résistants…et offrir par décret une « zone transfrontalière » à l’Allemagne. C’est le « en même temps » car n’oublions pas que la seule souveraineté qui vaille aujourd’hui est la « souveraineté européenne », c’est-à-dire celle du fric. Je dois avouer que lorsque je désignais la bande au pouvoir comme les « nouveaux collabos » de la nouvelle « souveraineté européenne » je devais encore trimballer quelques débris de naïveté.
    Quant au pragmatisme imposé par la révolution numérique, il me paraît pour le moins échevelé. Avec la 5G on parviendra sûrement à passer les neurones…à la friture…
    Méc-créant.
    (Blog : « Immondialisation: peuples en solde! » )

  5. Pour prolonger je recommande la lecture de « Où en sommes t-on » où Emmanuel Todd décrivait la stratification éducative commencée vers 1960 qui a abouti à cette classe de super éduqués méchamment conformistes et inégalitaires. Une idée de détachement égotique proposée avant lui par Christopher Lash dans « Revolt of the Elites and the Betrayal of Democracy ». Ensuite bien sûr il faut lire « Skin in the game » pour comprendre le phénomène d’irresponsabilité qui isole les manageurs décideurs des conséquences de leurs élucubrations. Au même rayon, Charles Gave regrette que d’une crise à l’autre les hauts fonctionnaires, bien braves, se sauvent d’abord eux mêmes dans des châteaux de cartes de plus en plus fragiles indiscutables et sourds. Tout ça finira mal.

  6. bon sang, avec toute l’estime que j’ai pour ce genre de critique de notre establishment, la moindre des choses aurait été d’expurger le grand nombre de fautes d’orthographe que contient ce texte

    1. S attacher à la forme plutot qu au fond… Bravo! Vous avez tout compris… Pour rappel , le français est une langue vivante, soyez progressiste! Ce que vous appellez des fautes ne sont que le français de demain…

  7. J’ai vécu presque trente ans sous Ceausescu et je suis content de voir sa gueule accompagné ce texte, pour moi, remarquable.
    Sous Ceausescu, parmis d’autres merveilles il y a eu très tôt :
    – le permis à points (à l’époque, les années 70, 3 tampons sur le permis = permis annulé )
    – 80 km/h sur les routes
    – cota de la musique roumaine à la radio
    – punition pour les professeurs qui ne facilitent pas la promotion de tous
    – George Enescu, Emil Cioran, Constantin Brâncuşi, Mircea Eliade, Nadia Comăneci, sunt seulement quelqu’uns parmis ceux qui n’ont pas pu continuer leurs œuvres sous la dictature.

  8. Quel pertinence où l’on sait que la maxime des  » élites » est ….surtout ne pas faire remonter les informations dérangeantes….bref ne.pas faire de vagues.
    Effectivement il y a du mouton la dedans.

  9. Merci pour le niveau de l’article dans la forme comme dans le fond faisant oublier, un instant, les lourdeurs d’internet.

  10. En relisant récemment quelques ouvrages, j’ai retrouvé, dans un livre de JJ Beucler, un paragraphe qui se révèle d’une grande acuité. Parlant de nos élites universitaires, il écrivait, je cite:  « l’intelligence à de multiples facettes. Tel esprit, pétillant dans l’analyse abstraite, devient stupide dans l’application pratique. Le bon sens est la chose au monde la plus mal partagée; il a tendance à fuir l’instruction… C’est grave car, à la limite, nous serons dirigés par des gens qui sauront tout et ne comprendront rien. »

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