25 septembre 2020

Le courrier des stratèges

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Jean-Claude Volot : tous les salariés ne peuvent pas devenir actionnaires de leur entreprise

L’interview décapante de Jean-Claude Volot cette semaine est consacrée à l’actionnariat salarié, et à tous ces mécanismes qui visent à permettre aux salariés de participer à la vie de l’entreprise comme s’ils étaient associés à l’employeur. Ce dispositif qui tend à se généraliser sous la forme d’obligations punitives soulève une question de fond : tous les salariés sont-ils prêts à devenir des associés ou des actionnaires de leur entreprise ? 

Jean-Claude Volot

PDG de Dedienne Aerospace, ancien conseiller spécial du président du MEDEF

Il était tentant d’interroger Jean-Claude Volot sur l’actionnariat salarié et sur ses formes « dégradées » à la mode, comme l’intéressement automatique ou la participation, promues par divers économistes et portées par une proposition de loi déposée par deux députées LREM : Olivia Grégoire et Cendra Motin. Sur le fond, tous les salariés sont-ils prêts à devenir actionnaires de leur entreprise ? Jean-Claude Volot répond de façon cash. 

Volot prône une prise de risque pour les actionnaires salariés

La question essentielle que posent les dispositifs de « participation » et autre association du travail au capital dans l’entreprise, tient à la prise de risque des intéressés. Son admet l’hypothèse (indispensable à la prospérité d’une économie) que la plus-value rémunère le risque encouru par le capital pour mener à bien son activité, alors on comprend que la distribution de la plus-value aux salariés n’a guère de sens si elle ne s’accompagne pas d’une mise en risque. 

De ce point de vue, le recours massif aux LBO constitue probablement la meilleure parade contre des distributions de parts à des salariés peu disposés à prendre des risques personnels à l’occasion de l’accession au capital de l’entreprise. La participation doit relever d’un dispositif volontaire, sauf à porter sur des montants marginaux ou anecdotiques. 

Dans tous les cas, ces opérations doivent être menées sur la base du volontariat, et non de l’obligation. Sauf à penser que le capital spolie les salariés d’un dû, ce qui est le propre de l’idéologie marxiste. Autant être clair sur ce point. 

Desserrer l’étau réglementaire

Alors qu’Olivia Grégoire propose un calcul automatique de la participation par les services fiscaux (ce qui sous-entend que la participation deviendrait un élément de la rémunération parmi d’autres), Jean-Claude Volot pointe du doigt les tracasseries dont les employeurs qui s’essaient à l’exercice du LBO font l’objet. Bercy et ses sbires adorent en effet soupçonner les employeurs de pratiquer de la rémunération dissimulée en distribuant des actions aux salariés…

Certains inspecteurs des impôts se montrent régulièrement tatillons sur les distributions, notamment lorsque l’employeur apporte sa garantie aux emprunts consentis par les salariés pour acheter des parts. Avant de rendre la participation ou l’intéressement obligatoires dans toutes les entreprises, il faudrait peut-être faciliter les plans volontaires des entreprises qui se heurtent à la rigidité de l’administration.