Economie : Marine Le Pen et Mélenchon, même combat ?

In this handout photo released by the Miraflores Presidential Press Office, Venezuela’s President Nicolas Maduro flashes a V for Victory hand gesture after arriving at the Fort Tiuna military base in Caracas, Venezuela, Wednesday, Jan. 30, 2019. Since opposition leader Juan Guaido declared himself interim president last week with the support of the U.S. and other nations, Maduro has appeared almost daily on state TV with his military, projecting an image of invincibility even as international pressure against him builds. (Marcelo Garcia/Miraflores Presidential Press Office via AP)

Marine Le Pen est intervenue hier matin sur France Inter pour réagir à l'actualité et expliquer une partie de son programme. Dans le domaine économique, elle a répété qu'elle était pour le remboursement de la dette, mais sans austérité, simplement par le recours à des investissements publics qui créeraient de l'emploi et de la croissance. Ce programme, qui rappelle étrangement celui de Jean-Luc Mélenchon, prévoit toujours le retour à la retraite à 60 ans. La présidente du Rassemblement National promet qu'il n'y aura pas d'austérité ni de hausse d'impôts, à la différence de Jean-Luc Mélenchon. C'est leur seul vrai point de discorde, ce qui pose la question de la lucidité de Marine Le Pen elle-même sur le manque de sérieux des propositions qu'elle formule.

Le programme économique de Marine Le Pen répond-il aux critères minimum de ce qu’on appelle couramment un programme économique ? C’est-à-dire vise-t-il à formuler des propositions applicables dans la réalité avec un minimum de cohérence opposable à un tiers, ou bien se réduit-il à une pirouette et quelques slogans par avance impraticables en cas d’accession au pouvoir ?

En écoutant les propos de la présidente du Rassemblement National sur France Inter, on a forcément été pris d’un doute… et pas d’un petit…

Marine Le Pen et la tentation maduriste

On se souvient que Marine Le Pen a publié une tribune, courant février, plaidant en faveur du remboursement de la dette. Cette position qui se voulait réaliste, a surpris. 

Elle mérite de fait d’être expliquée, et les détails donnés hier sur France Inter n’ont pas rassuré. La présidente du RN a confirmé qu’elle rembourserait la dette sans austérité, sans toucher aux retraites, simplement en augmentant les dépenses publiques. 

On se rappelle ici le texte de sa tribune :

Ceci implique des investissements de long terme dans les infrastructures, les technologies clés, les secteurs de souveraineté industrielle, l’aménagement du territoire, la transition énergétique et environnementale. Leur financement sera vertueux, avec de la bonne dette et de vrais fonds propres. Le contraire d’une politique d’austérité mais avec une réelle maîtrise budgétaire dans la durée. Des investissements qui permettent des retombées économiques et sociales, des externalités positives, au bénéfice du bien commun mais aussi une lutte déterminée contre toutes les sortes de fraudes qui nuisent aux honnêtes citoyens.

Une lecture factuelle de cette tribune lunaire permet de comprendre que, pour les économistes du Rassemblement National, des “investissements de long terme”, financés “avec de la bonne dette et de vrais fonds propres” permettront de rembourser la dette sans politique d’austérité. C’est tout juste s’ils concèdent une “réelle maîtrise budgétaire dans la durée”, expression dont chacun aimerait comprendre la signification exacte, et la différence avec “l’austérité”. 

La grande prouesse consiste évidemment à soutenir que des investissements de long terme auront des effets suffisamment rapides pour rembourser la “mauvaise” dette sans effort. Il est assez curieux que Marine Le Pen ne détecte pas spontanément qu’il y a là un point de faiblesse qui va se révéler problématique dans sa campagne électorale. 

La croyance maduriste dans l’investissement public

Au-delà de ces invraisemblances structurelles (qu’un Mélenchon règle en annonçant d’ores et déjà des hausses d’impôt), c’est la croyance dans les vertus économiques de l’investissement public qui intrigue. Marine Le Pen soutient, dans une veine très mélenchonienne, que l’ultralibéralisme a régné en Europe et en France ces dernières années, et que la solution au problème consiste à relancer les dépenses publiques. 

Mais enfin, le poids de la dépense publique en France depuis vingt-cinq ans “d’ultralibéralisme” n’a cessé d’augmenter, au même rythme que la bureaucratie et que la dette. La solution consiste-t-elle à en redemander ?

On comprend bien ici que tous les grands mots sur la souveraineté ne visent pas à relever le pays, mais à éviter les efforts et à prolonger l’illusion maduriste selon laquelle on peut surmonter une crise sans “austérité”. Et l’on comprend bien que le discours de Marine Le Pen ne se demande pas vraiment si des investissements de long terme vont réellement permettre de créer de l’emploi en France. Il cherche seulement à faire croire à des électeurs qu’on ne veut pas fâcher qu’il sera possible de vivre endettés aussi facilement qu’avant. Surtout ! votez pour moi, je rase gratis !

Le RN anti-communiste est bien mort

Reste que ce réflexe étatiste qui habite Marine Le Pen paraît un contre-sens absolu avec ce que fut l’épine dorsale du Front National à sa création. Beaucoup se souviennent encore des défilés de Jean-Marie Le Pen dans Paris, après l’attaque d’un avion sud-coréen par des avions soviétiques, aux mots de “communistes, assassins”. Cette époque-là est bien finie. 

Désormais, la doctrine du Rassemblement National n’a rien à envier à l’étatisme soviétique d’un Mélenchon, que nous avons récemment détaillé. Le drame de cette affaire est probablement que Marine Le Pen ne l’a ni vu ni compris. 

Dans la course à la présidentielle, cette profonde errance intellectuelle d’une candidate déjà taclée pour ses insuffisances face à Emmanuel Macron risque de coûter très cher. 

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4 commentaires
  1. Ils m’emmerdent tous ces politiques! Le véritable problème est le système corrompu et dévoyé, clientéliste qui s’est déployé comme une toile d’araignée, fait de privilèges d’Etat à une caste de hauts fonctionnaires, d’énarques qui
    confisquent le pouvoir au peuple et aux gens de bon sens. La bureaucratie atteint un tel niveau de connerie intellectuelle que pour s’en défaire, il faudra réformer la fonction publique (plus de statut à vie), réduire drastiquement le nombre de fonctionnaires d’Etat et territoriaux, réduire les strates de pouvoir qui diluent les responsabilités (on sait plus qui fait quoi, mais la dette publique serait réduite d’au moins 100mds:an), une vraie régionalisation avec toutefois un contrôle régalien, réformer et donner des moyens à la justice (mais sanctionner aussi les magistrats en cas d’erreur ou d’abus), réformer l’hôpital avec le concours des praticiens pour lui rendre ses lettre de noblesse, l’orienter aussi vers des médecines douces alternatives moins coûteuses et efficaces, lutter contre les lobbys pharmaceutiques, mais suppression des ARS qui ont montré leurs limites avec la gestion de cette pandémie. Libérer l’initiative, la recherche, l’action, Maîtrise de l’immigration. Pour le volet fiscal il faudra réformer le système dans son intégralité, le simplifier et surtout virer les énarques sans imagination ! responsables depuis 40 ans de la dégradation et du déclassement de la France

  2. Dans un pays dont la totalité de la population biberonne aux mamelles de l’Etat depuis 30 ou 40 et dont l’inculture économique, partagée par l’étudiant en économie comme par le politicien LR, consiste à croire que la France est Ultralibérale, comment lui jeter la pierre. Ce qu’elle fait est le seul moyen d’être élue ; personne ne lui mettra le nez dans son ignorance des mécanismes économiques de base, puisque même France Inter et l’intégralité de la presse ultra subventionnée est probablement d’accord avec ce” programme”.

    Où sont passés les libéraux français ?

    1. Il rament dans un océan de cerfas debiles pondus par ceux qui ne servent à rien et se croient a tort indispensables . Finalement, je crois que j’ai compris pourquoi ils ne veulent pas de traitement a l’ivermectine, c’est un anti parasitaire

  3. Il est évident que l’économie est le point faible de Marine.
    Mais, pas plus les autres qu’elle-même, ne semblent avoir l’idée du siècle pour rembourser la dette faramineuse de la France.

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