Le cannabis thérapeutique (CBD) fait-il « planer » et est-il efficace contre la douleur ?

Le cannabis thérapeutique (CBD) fait-il « planer » et est-il efficace contre la douleur ?

Depuis quelques années, les recherches sur le cannabis thérapeutique prennent de l’ampleur et montre des résultats de plus en plus prometteurs. Son principal constituant, le cannabidiol (CBD) pourrait en effet soulager la douleur, même chronique, l’anxiété, la dépression et les troubles du sommeil. Alors, l’huile de CBD fait-elle « planer » et est-elle réellement efficace contre la douleur ?

Un peu d’histoire sur le cannabis thérapeutique

Le cannabis est utilisé depuis des millénaires à des fins médicales, récréatives et industrielles. Vers 2900 avant notre ère, l’empereur chinois Fu Hsi a caractérisé le cannabis comme ayant des caractéristiques sacrées yin (forces faibles et passives) et yang (forces fortes et actives), suggérant qu’il pourrait restaurer l’homéostasie d’un corps déséquilibré. De leur côté, les médecins de l’Inde ancienne, de l’Égypte, de la Perse, de Rome, de l’Arabie et de la Grèce utilisaient le cannabis à des fins spirituelles et médicinales, notamment la fatigue menstruelle, la goutte, les rhumatismes, le paludisme, le béribéri, la constipation, la douleur et la distraction (source : Abel EL. Marihuana: The First Twelve Thousand YearsNew York : Plenum Press ; 1980)

Puis, au cours des 50 dernières années, les principaux constituants chimiques du cannabis ont été isolés et synthétisés. Le Δ-9-tétrahydrocannabinol (THC) a été isolé en 1964 et synthétisé en 1971, tandis que le cannabidiol (CBD) a été isolé en 1940 et synthétisé en 1963.

Aujourd’hui, ces cannabinoïdes agissent sur les récepteurs de l’organisme (système nerveux, organes, système immunitaire…). Mais le CBD est exploité sur le plan médical et fait l’objet de nombreuses recherches sur ses vertus thérapeutiques vu ses effets non psychotropes, non toxiques et ne créant aucune dépendance, contrairement au THC.

Le CBD fait-il « planer » ?

Le CBD est un composé totalement différent du THC et ses effets sont très complexes. Il ne rend pas « stone » et n’altère pas le fonctionnement d’une personne. Il influence le corps pour qu’il utilise plus efficacement ses propres endocannabinoïdes, des dérivés d’acides gras impliqués dans la régulation de la balance énergétique et du métabolisme.

Selon une étude publiée en 2015 dans la revue médicale Neurotherapeutics par exemple, le CBD influence de nombreux autres systèmes de récepteurs dans notre corps. Il peut par exemple augmenter les niveaux de neurotransmetteur cannabinoïde endogène appelé « anandamide » dans le corps. Ce composé est associé à la régulation de la douleur et peut réduire la perception de la douleur et améliorer l’humeur. Il peut également limiter l’inflammation dans le cerveau et le système nerveux, ce qui peut être bénéfique pour les personnes souffrant de douleur, d’insomnie et de certaines réponses du système immunitaire.

Le CBD est-il efficace contre la douleur ?

Une étude publiée en 2020 dans la revue médicale Front Pharmacology rapporte que le CBD pourrait avoir des effets positifs pour soulager la douleur chronique, améliorer le sommeil et réduire l’inflammation, mais que ces effets sont spécifiques à certaines conditions. Sur la base des recherches actuelles, voici quelques effets possibles de l’huile de CBD :

Lutter contre la douleur neuropathique

La douleur neuropathique est une douleur causée par des dommages aux nerfs. Ce type de douleur est fréquent dans les maladies telles que la sclérose en plaques, les blessures telles que les hernies discales et les infections telles que le zona, une dermatose virale.

Une étude publiée dans la revue Anesthesia & Analgesia en 2017 a révélé que le CBD aidait à soulager la douleur neuropathique chronique chez l’homme. Les chercheurs ont examiné 11 essais contrôlés randomisés avec 1 219 patients. Ils sont découverts que les cannabinoïdes sélectifs offrent un petit bénéfice analgésique chez les patients atteints de douleur chronique. Mais des études randomisées de grande envergure sont nécessaires pour mieux évaluer la posologie spécifique, la durée de l’intervention et l’effet de cette intervention sur la fonction physique et psychologique.

Réduire la douleur arthritique

Une étude publiée en 2016 dans l’European Journal of Pain a utilisé un modèle animal pour voir si le CBD pouvait aider les personnes souffrant d’arthrite à gérer leur douleur. Les chercheurs ont appliqué un gel topique contenant du CBD sur des rats souffrant d’arthrite pendant 4 jours. Leurs recherches ont noté une baisse significative de l’inflammation et des signes de douleur, sans effets secondaires supplémentaires.

Les personnes utilisant de l’huile de CBD pour l’arthrite pourraient ainsi soulager les douleurs liées à certaines maladies, mais des études sur l’homme doivent être menées pour confirmer ces résultats.

Traiter la sclérose en plaques

La sclérose en plaques est une maladie auto-immune qui affecte tout le corps par les nerfs et le cerveau. Les spasmes musculaires sont l’un de ses symptômes les plus courants et peuvent être si forts qu’ils provoquent une douleur constante chez certaines personnes.

Un rapport en 2017 sur les effets sur la santé du cannabis et des cannabinoïdes chez les adultes atteints de spasticité liée à la sclérose en plaques et sur l’utilisation à court terme de cannabinoïdes oraux améliore les symptômes de spasticité, signalés par les patients.

Selon cette étude, l’utilisation à court terme d’huile de CBD réduit les niveaux de spasmes musculaires ressentis par une personne. Les résultats sont modestes, mais de nombreuses personnes ont signalé une baisse des symptômes.

Soulager la douleur chronique

Le soulagement de la douleur chronique est de loin l’effet le plus courant cité par les patients pour l’usage médical du cannabis thérapeutique. Par exemple, Ilgen et al. (2013) ont rapporté que 87% des participants à leur étude cherchaient de la marijuana à des fins médicales pour soulager la douleur. De plus, il existe des preuves que certaines personnes remplacent l’utilisation d’analgésiques conventionnels (par exemple les opiacés) par du cannabis.

Le même rapport a étudié l’utilisation du CBD pour la douleur chronique générale. Les chercheurs ont compilé les résultats de plusieurs revues systématiques couvrant des dizaines d’essais et d’études. Leur recherche a conclu qu’il existe des preuves pertinentes que le cannabis est un traitement efficace pour la douleur chronique chez les adultes.

Une étude réalisée sur des rongeurs et publiée dans le Journal of Experimental Medicine appuie ces résultats. Cette recherche suggère effectivement que l’utilisation du CBD peut réduire les douleurs inflammatoires et neuropathiques. L’administration systémique et intrathécale de cannabidiol et de ses dérivés modifiés supprime de manière significative la douleur inflammatoire chronique et neuropathique sans provoquer une tolérance analgésique apparente chez les rongeurs. Ils n’auraient donc pas besoin d’augmenter leur dose au fil du temps. Les cannabinoïdes, tels que le CBD, pourraient ainsi offrir de nouveaux traitements utiles aux personnes souffrant de douleur chronique.

Le CBD est prometteur…

Le CBD, principalement proposé sous forme d’huile est prometteur en tant que traitement de la douleur. Certaines preuves scientifiques suggèrent qu’il peut aider à gérer différents types de douleurs, dont la douleur chronique dans divers contextes. Alors que de nombreuses études ont suggéré que l’huile de CBD est utile pour la douleur, des recherches supplémentaires restent nécessaires, en particulier des études à long terme, sur des sujets humains.

Cependant, l’huile de CBD est particulièrement prometteuse en raison de son absence d’effets enivrants et d’un potentiel plus faible d’effets secondaires que de nombreux autres analgésiques, selon les recherches.

Dans tous les cas, il est indispensable de discuter de l’huile de CBD avec son médecin avant toute utilisation. N’oubliez pas qu’il a des effets particuliers et peut interagir avec certains compléments alimentaires et médicaments en vente libre, ainsi qu’avec certains médicaments sur ordonnance.

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1 commentaire
  1. De mémoire, il y a quelque chose comme 153 molécules différentes dans le cannabis et, comme d’hab, les chercheurs ont trouvé malin de découper ça en petits morceaux, c’est une (très) mauvaise “méthode”, dont nous-avons d’ailleurs vu les piètres résultats avec l’Artémisinine, “substance active” de l’Artémisia Annua qui a la particularité de perdre tout effet tangible au bout de 9 semaines en moyenne, alors que la plante entière reste active indéfiniment.
     
    Il me semble d’ailleurs qu’une étude comparant les effets du cannabis entier et de ses rejetons est sortie il y a 6-7 ans (ou p’têt plus, sèpu) et qu’elle concluait à l’inanité de séparer ses composants – comme le dit un médecin Californien dans une vieille vidéo : “ça fonctionne mieux avec toute la plante, et puis c’est plus festif de le prendre comme ça” et c’est d’ailleurs de la sorte qu’il est prescrit aux USA.
     
    C’est bizarre, mais à chaque fois que l’Homme met ses gros doigts gourds sous le capot de ce que mère Nature nous a concocté, ça finit immanquablement par presque toujours foirer lamentablement…

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