[PAYANT] Comment Emmanuel Macron aura dévasté la protection sociale et les retraites durant son mandat

Progressivement, le temps du bilan arrive pour Emmanuel Macron, et, par-delà les polémiques immédiates ou épidermiques, le spectacle qu'offrent la protection sociale et le système de retraite à l'issue d'un quinquennat mouvementé ne manque pas de soulever des questions de fond. Jamais en effet la Sécurité Sociale n'aura connu une telle crise, à la fois financière et systémique. Et le Président candidat ne semble guère avoir de vision prospective sur ce qui pourrait lui éviter la faillite ou lui succéder.

La protection sociale et le système de retraites sortiront en très mauvaise posture du quinquennat d’Emmanuel Macron. Arrivés quasiment à l’équilibre en 2018, c’est-à-dire au début du mandat présidentiel, les comptes sociaux ont subi un choc historique avec le COVID… que rien ne semble pouvoir endiguer. Et, à l’issue de son intervention d’hier, on ne peut que dégager l’impression qu’en réalité le Président de la République n’a aucune idée prospective sur ce qui pourrait évoluer dans le temps. 

Une dégradation historique des comptes

Faut-il vraiment revenir sur l’enchaînement infernal que le COVID a déclenché sur les comptes sociaux ? L’arrêt brutal de l’activité économique, les mesures “d’accompagnement” en tous genres, ont fait exploser les régimes de base. En 2022, le déficit prévu est encore annoncé au dessus des 20 milliards €. Les trois dernières années du quinquennat se soldent donc par une dette nouvelle cumulée de l’ordre de 90 milliards €. Ce chiffre n’inclut pas les déficits qui se cumuleront durant le prochain quinquennat. 

Sur le fond, cette évolution catastrophique fait partie du “quoiqu’il en coûte” qui a constitué la base de la gestion de crise par le Président. Toute la difficulté consistera désormais à revenir à un équilibre des comptes, ou à garantir la pérennité de la sécurité sociale. Et sur ce sujet, on sent Emmanuel Macron un peu court et en mal d’inspiration pour résoudre la crise. 

Un système mis à mal par la réforme ratée des retraites

Il serait inexact de limiter l’implosion des comptes sociaux au seul produit du COVID. Avant même la pandémie, notre système de retraites était en crise profonde, durable, due au mauvais arbitrage entre le temps passé en activité et le temps passé à la retraite, qui est excessif. Face à cette réalité ingrate, impopulaire, la méthode Macron a bu le bouillon. 

Faut-il rappeler que le confinement a aussi permis de ne pas promulguer la loi instaurant un système de retraites par points, péniblement adoptée par le Parlement après la plus longue grève de l’après-guerre, et deux années de cafouillages qui ont montré les limites du Président en matière de conduite du changement ? Il avait fallu recourir au 49-3 pour faire taire les débats au sein même de la majorité, et le Conseil d’Etat n’avait pas hésité à manifester son hostilité au projet

Emmanuel Macron ne se sent guère en meilleure posture aujourd’hui pour reprendre ce sujet scabreux, maintes fois effleuré, et finalement abandonné au moins jusqu’aux élections. C’est en tout cas ce qui est ressorti de son intervention télévisée d’hier. 

Ne nous leurrons, les déficits sociaux continueront, s’aggraveront, bien après le premier confinement, parce que le Président s’est révélé incapable de réformer dans les temps. 

Une absence de vision criante

Mais un signal plus inquiétant est apparu hier dans l’allocution présidentielle. Aucune vision durable n’a émergé sur ce que devrait être la protection sociale du monde d’après. C’est comme si, face au désastre, la caste au pouvoir était prise de sidération et n’avait pas la moindre idée de la réaction à avoir pour assurer la protection sociale des Français dans les années à venir. 

En l’état, le Président porte deux projets distincts : celui de la “Grande Sécu” en matière de santé, qui paraît totalement obsolète et à côté de la plaque pour résoudre la question cruciale du financement de la santé demain, et celui, réchauffé, d’un système de retraites plus “lisible” qui devait être déployé durant ce quinquennat, et qui ne le sera pas. 

On voit bien le manque d’inspiration général, l’absence de vision, en dehors des platitudes habituelles sur ces sujets, dont on sait qu’elles répondent aux questions du monde d’avant, mais sont inopérantes pour consolider un édifice branlant dans le monde d’après. Ce déficit de vision est catastrophique. 

Le jour où la Sécurité Sociale sera démonétisée 

Une hypothèse plausible pour expliquer cette cécité, ou ce manque d’imagination, en pleine crise systémique, tient à la possible stratégie des gouvernements industrialisés face à leur endettement. Et si, après tout, ils avaient tout simplement décidé d’appliquer, une fois le pourrissement irréversible de la situation consommé, la théorie monétaire moderne (MMT) selon laquelle la monnaie n’a pas de valeur intrinsèque, et donc la planche à billets peut, sans difficulté majeure, tourner autant qu’il le faut pour financer le besoin des Etats ? 

Rappelons que cette idée figure noir sur blanc dans l’ouvrage Great Reset de Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, selon qui les dettes publiques doivent être rachetées par les banques centrales et, d’une façon ou d’une autre, être annulées. Le scénario d’un euro numérique qui se déploierait en 2025 donnerait l’occasion d’une purge de ce type. Toute la difficulté est de gérer la grogne sociale que l’inflation produit. 

Le modèle d’épargne et d’assurance-vie menacé

Dans cette stratégie, les économistes de la MMT oublient de préciser que la dévaluation permanente de la monnaie pour financer les déficits a une conséquence rapide : elle ruine les actifs financiers et stérilise l’épargne à long terme. Pour les assureurs français, qui misent sur l’assurance-vie (largement placée en monétaire) pour dégager de la rentabilité, le coup serait rude, et nous pouvons dire que nous sommes désormais à l’aube d’un bouleversement chaotique de l’industrie financière, qui sera d’autant plus rude qu’il n’est ni anticipé, ni expliqué, ni assumé.

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6 commentaires
  1. “on sent Emmanuel Macron un peu court et en mal d’inspiration pour résoudre la crise”

    Allons donc, veut-il réellement résoudre une crise qu’il a créé ? J’ai vu le désastre arriver dès le premier confinement. Celui-ci me paraissait inutile, et j’ai pensé “il vont ruiner l’économie”. Maintenant qu’on apprend que c’est avant tout une marionnette au service de Klaus Schwab, il apparait que la destruction de l’économie est ce qui leur permettra d’instaurer leur dictature numérique.

  2. Rien que sa tête me fait frémir… Quelle horreur !
    Quand je pense que beaucoup de personnes de mon entourage, comme un paquet de Français lobotomisés par le gourou de la secte en marche, pensaient avoir voté contre la bête immonde Marine Le Pen en 2017, et que finalement, ils l’ont mise au pouvoir… Je me marre, ils me jurent que « on ne se fera pas avoir deux fois ! »

    Mais si, mais si, ils vont voter pour la tyrannie en marche une deuxième fois, car Zemmour est représenté comme la deuxième bête immonde de remplacement !

    Trop forts ces décervelés de Français !

  3. Les hommes savent rarement gérer leur propre budget or, au sommet de l’Etat, ils sont en priorité. Economistes ou non, rien ne vaut l’expérience du panier de la ménagère, ce qu’aucun d’eux ne connaît.

    Rien qu’à calculer le train de vie de l’Elysée, de l’Assemblée ou du Sénat on peut, à juste titre, rêver de tout ce qu’on pourrait épargner pour renflouer les caisses de l’Etat. On a tranché la tête de Marie-Antoinette pour une (fausse) affaire de collier mais il semble que sous le nom de République nous retrouvons une royauté aussi, si ce n’est plus, dispendieuse que ne le fut la réelle.

    Qui plus est, généreuse donatrice, notre république abreuve sans contrôle des populations venues d’ailleurs, attirées par leur incurie.

    Un tout petit, minuscule espoir : lorsque nous n’aurons plus ni protection sociale ni retraite, peut-être pourrons-nous pleurer enfin entre compatriotes !!!

  4. “Car c’est nooottrrre prrroooojjeeet” rappelez-vous !
    La destruction de la France, de la nation et de son peuple ! Pour en faire un pays du tiers-monde !!!
    Schwab est content, la marionnette de Rothschild a exécuté les ordres de la finance mondialiste !
    Voilà nous y sommes en plein !!!

  5. @ JVA31 qui affirme”Les hommes savent rarement gérer leur propre budget”.
    1- D’où tenez-vous cette information ? Comment de centaines de millions d’homms connaissez-vous suffisamment pour avoir éplucher leur budget , et ainsi affirmer celte déclaration ?
    2- N’est-ce pas une tentative pour essayer de nous souffler que Valérie “Pauvresse” serait la femme idéale du pas ?
    Alors que c’est une créature du Forum Economique de Davos, une clone de Macron au féminin.

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