[PAYANT] SCOOP : grandes manoeuvres en vue au MEDEF pour soutenir Macron en 2022 ?

©Thomas Padilla/MAXPPP – 17/07/2018 ; Paris, FRANCE ; LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE RECOIT LES SYNDICATS ET LE PATRONNAT POUR EVOQUER L’ AGENDA SOCIAL DES PROCHAINS MOIS. LAURENT BERGER, CFDT, GEOFFROY ROUX BEZIEUX, MEDEF, FRANCOIS ASSELIN, CPME, ALAIN GRISET, U2P.

Selon nos informations, le MEDEF entre dans une phase de grandes manoeuvres préélectorales. Une assemblée générale extraordinaire est convoquée dans la deuxième quinzaine du mois de janvier pour évoquer des sujets qui fâchent... Et pourquoi pas la démission de son Président, Geoffroy Roux de Bézieux, qui pourrait être appelé à jouer un rôle plus visible dans l'état-major d'Emmanuel Macron ? Les spéculations vont bon train. Elles ponctuent quatre années de soutien indéfectible au Président de la République.

Mais pourquoi, diable ! le MEDEF organise-t-il une assemblée générale extraordinaire le 18 janvier ? Officiellement, l’ordre du jour de cette réunion imprévue annonce le renouvellement du conseil d’administration, ce qui fait courir énormément de rumeurs parmi le cercle restreint des personnes convoquées, qui se sont bien gardées, toutefois, de trahir leurs interrogations auprès des profanes. On comprend en effet assez mal pour quelle raison une assemblée générale est convoquée sans explication claire sur un sujet aussi sensible. 

On connaît tous la nature humaine, et ses tendances complotistes, même au MEDEF ! Il suffit qu’un imprévu soit annoncé dans des conditions d’opacité maximale pour que les esprits se mettent à gamberger. 

Une démission “préventive” de Geoffroy Roux de Bézieux ?

En principe, le mandat de Geoffroy Roux de Bézieux et de son conseil exécutif court jusqu’en juillet 2023, c’est-à-dire qu’il suppose un “enjambement” de la prochaine présidentielle. On se souvient que la précédente manoeuvre n’a pas laissé que des bons souvenirs avenue Bosquet. En effet, Pierre Gattaz avait passé un an avec Emmanuel Macron, qui aurait aimé, si l’on en croit des rumeurs persistantes, que Jean-Dominique Sénard, alors patron de Michelin, lui succédât. 

Cette manoeuvre heurtait l’accord tacite entre Pierre Gattaz et Geoffroy Roux de Bézieux. En 2013, en effet, Roux de Bézieux apparaissait comme majoritaire mais avait finalement renoncé à sa candidature, laissant Gattaz et l’industrie triompher… en échange d’une vice-présidence “transitoire”. En 2017, la machinerie du MEDEF semble avoir beaucoup nourri le programme d’Emmanuel Macron, mais la gratitude présidentielle semble au moins aussi volatil que les cours du Bitcoin. La pression en faveur de Sénard a refroidi les ardeurs. 

Il fallut la ruse de Gattaz pour déjouer les manoeuvres de l’Élysée : arguant de l’âge trop avancé de Sénard, le fils d’Yvon laissa le mouchoir tomber entre les mains du fidèle Roux, qui avait le mérite d’être un patrimonial là où Sénard était un simple manager. Le MEDEF ne peut pas être une affaire d’employé…

Au vu de ces péripéties, d’aucuns imaginent que Bézieux pourrait couper l’herbe sous le pied d’un prochain Président en annonçant sa démission en janvier, ce qui ouvrirait la voie à une campagne électorale pour le mois de juillet. Ce serait la meilleure façon de mettre en selle Patrick Martin, actuel président délégué du MEDEF, qui pourrait ainsi assurer la succession de Roux sans trop d’interférences politiques. 

Accessoirement, les délais très courts de cette campagne donnerait un sévère avantage à “l’initié Martin”, au détriment des candidats extérieurs qui n’auraient matériellement guère le temps de faire campagne. 

Bézieux appelé auprès de Macron pour la campagne présidentielle ?

Une autre raison pourrait expliquer cette volonté de précipiter les échéances. Si Geoffroy Roux de Bézieux n’a jamais semblé complètement passionné par son mandat de président, il n’est pas pour autant homme à lâcher la proie pour l’ombre. 

Certains imaginent donc des ambitions nouvelles pour l’actuel Président et remarquent que l’Élysée s’agite beaucoup pour lancer l’opération France Relance 2030 qui ne dispose d’aucun “chef” pour l’instant. Au passage, René Ricol, ancien médiateur du crédit, a pris la conduite d’un comité de sélection chargé d’en recruter le secrétaire général. De là à imaginer que ce futur secrétaire général serait coiffé par un gourou comme Bézieux, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. 

Pour l’instant, cette information est loin d’être vérifiée et nous parait partiellement plausible, mais très incertaine. Il n’est toutefois pas à exclure que le Président sortant souhaite associer son image à celle d’un entrepreneur emblématique pour “rassurer” à sa droite, notamment sur ses intentions “pro-business”. 

Ce choix pourrait donner une bonne indication sur les choix fiscaux futurs du gouvernement, en cas de réélection d’Emmanuel Macron. On peut imaginer que les entrepreneurs seraient partiellement épargnés par les mesures d’inquisition fiscale qui se préparent pour 2022. On peut notamment espérer une préservation du Prélèvement Forfaitaire Unique à 30%, même si celui-ci a substantiellement souffert des mesures discrètes prises en marge de la Protection Universelle Maladie (PUMA), majorant de fait le PFU pour les entrepreneurs qui ne perçoivent pas de rémunération d’activité. 

Quid si Macron n’est pas réélu ?

Toute la difficulté de la stratégie pro-Macron du MEDEF vient évidemment des risques de connivence excessive pris en perspective d’une élection qui n’est pas peut-être pas gagnée aussi facilement que la presse subventionnée ne le fait croire. Dans l’hypothèse d’une victoire d’un Zemmour ou d’une Le Pen, qu’adviendrait-il du mouvement patronal qui n’a pas caché son soutien indéfectible au Président actuel depuis 2017 (et même avant), et qui risquerait d’être suspecté d’avoir déroulé le tapis rouge au sortant ? 

Peut-être vivons-nous dans un monde où la nomenklatura du MEDEF est parfaitement convaincue de détenir une vérité qui exclut l’hypothèse de la défaite de Macron en avril 2022 ? Il ne faudrait pourtant pas oublier que la défaite vient toujours d’une sur-estimation de ses propres forces, et d’une sous-estimation de celle des autres. 

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5 commentaires
  1. Très intéressant à observer autant que c’est possible. Chaque indiscrétion est bonne à prendre. La coulisse des manœuvres à ce niveau de consanguinité avec l’exécutif donne la meilleure idée du futur proche. Ces gens n’aiment pas perdre, ils anticipent et s’imitent. Nul doute que Valérie traîtresse n’est pas en reste et Dieu c’est qu’il faut s’en méfier, de celle là, beurk. Toutes les centrales, du medef à la cgt, combinent avec les ministères pour s’incruster dans le fromage 🧀. C’est le socialisme à la française. Sans capitaux, que des taxes et des prébendes. On est très loin de Donald J Trump et du tissu de small businesses que constitue MAGA. Ça et les allocs rendent la caste socialo 🏰 quasiment indéboulonnable. Pour ça que les révolutions se produisent. Zemmour ou Marine Le Pen sont tricards à vie. Leur seule perspective est de miser sur une embrouille dans le milieu. Exemple? Vincent finger Bolloré s’allie avec Martin Bouygues pour faire tomber maqueron. Bonne chance à nous!

  2. Et aucune grandes manoeuvres pour défendre les Français ?
    C’est pourtant le citoyen de base qui, en tant que consommateur, créé la richesse de ces grands groupes.
    Les adhérents du MEDEF devraient s’en souvenir. Leur entreprise n’existe que par les achats du peuple. C’est donc le peuple qu’ils doivent soutenir, pas un président.

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