La présidentielle est l’épreuve suprême: pourquoi Zemmour y arrive et non Pécresse!

30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Les Droites de Husson n°37 - (1) La dynamique Zemmour contre la chiraquisation de Marine Le Pen - (2) Emmanuel Macron a choisi: il veut affronter Eric Zemmour - (3) Une éclaircie après la semaine noire de Valérie Pécresse?

La dynamique Zemmour contre la chiraquisation de Marine Le Pen: la primaire de la droite est entrée dans sa phase décisive

Un sondage ne fait pas l’élection mais ce qui s’est passé hier dans le sondage quotidien de l’IFOP est symbolique. Eric Zemmour est passé devant Valérie Pécresse et Marine Le Pen: 

Il faut bien entendu rester prudent. Les trois candidats sont dans la marge d’erreur. Notre ami Jean-Poll, dans Data Politics nous confirme en tout cas deux tendances: Valérie Pécresse est en baisse constante depuis le début janvier. Eric Zemmour, lui, remonte régulièrement depuis la fin janvier (depuis que la rumeur a couru que Marion Maréchal pourrait le soutenir). Les courbes de Valérie Pécresse et d’Eric Zemmour sont sur le point de se croiser à 15%. L’agrégation de sondages de Jean-Poll continue à donner Marine Le Pen entre 16,5 et 17%. Sa baisse n’est pas, en sondages agrégés, aussi claire que dans le seul sondage IFOP. 

En fait, ce que nous appelons depuis des semaines la vraie “primaire de la droite” est entrée dans sa phase décisive. Qu’est-ce qui va l’emporter? Est-ce l’indéniable dynamique d’Eric Zemmour ou bien l’installation de Marine Le Pen dans son rôle de candidate pour la troisième fois? Dans la bulle médiatique parisienne, il est de bon ton de dénoncer le danger Zemmour et de dire que l’on s’accommoderait d’une Marine Le Pen aujourd’hui très assagie. Le directeur d’un média qui se situe à droite m’a même soutenu que Marine Le Pen pouvait être élue par inadvertance – parce que plus personne n’a peur d’elle. 

Michel Pinton, qui fut en son temps le “Monsieur sondages” de VGE et qui garde un oeil acéré sur l’évolution de l’opinion pense que Marine Le Pen a encore un avantage sur Eric Zemmour grâce à l’électorat populaire. Mais les électeurs des classes populaires se mobiliseront-ils? Ou bien feront-ils comme aux régionales? Ou bien iront-ils en partie vers Eric Zemmour. Au meeting de Saulieu, l’auditoire était très mélangé socialement – beaucoup plus que d’habitude. 

Ajoutons enfin qu’il y a un point sur lequel Marine Le Pen ne s’est pas du tout chiraquisée: la violence de ses lieutenants envers les membres du parti et élus qui vont chez Zemmour. L’attitude vis-à-vis de Stéphane Ravier et Nicolas Bay a été caricaturale de ce point de vue. Non seulement on ne fait rien pour retenir ceux qui envoient des signaux faibles puis de plus en plus forts de leur malaise au sein du Rassemblement National. Mais ensuite on les agonit d’injures.  On n’ose imaginer ce que serait la réaction du Rassemblement National en cas de confirmation du soutien de Marion Maréchal à Eric Zemmour. Et ceci d’autant plus que ce dernier a dit qu’il pourrait faire de la nièce de Marine Le Pen son Premier ministre

Emmanuel Macron a choisi: il veut affronter Eric Zemmour

Emmanuel Macron le répète à ses proches: Eric Zemmour pourrait bien arriver au second tour. En fait, les rares sondages de second tour incluant Zemmour indiquant que le président sortant le battrait plus facilement que Marine Le Pen ou Valérie Pécresse ‘(e candidat serait légèrement en-dessous de 40 et ses concurrentes au-dessus), on peut supposer qu’Emmanuel Macron aimerait mieux l’affronter.  

Il y a aussi un autre facteur. Il ne faut jamais sous-estimer l’irrationnel chez Macron. La France telle que Zemmour la défend correspond à tout ce que déteste le président sortant, qui est au fond de lui-même un homme de gauche. 

  • Eric Zemmour défend la souveraineté française, Emmanuel Macron ne croit qu’à une “souveraineté européenne”. 
  • Zemmour défend  l’identité et la culture française. Emmanuel Macron pense qu’il n’y a pas de “culture française”. 
  • Zemmour serait un président soucieux de l’argent public – “l’argent des Français” -, Emmanuel Macron est le président le plus dépensier de la Vè République, pleinement engagé dans la construction d’un “euro numérique” par lequel les Français deviendraient les “serfs” de la Banque Centrale Européenne au service d’un gouvernement mondial. 
  • Sur la coercition sanitaire, Zemmour s’est opposé à Macron – peut-être pas assez bruyamment, il est vrai. 
  • Emmanuel Macron est l’un des principaux artisans d’u “Grand Déclassement” et du “Grand Remplacement dont parle Eric Zemmour. 

Il n’est pas exclu que le président sortant se laisse emporter par sa haine de tout ce que représente Zemmour et qu’en l’attaquant frontalement, il contribue à le faire passer au second tour. 

Au fond, Eric Zemmour est sans doute en train de reproduire la surprise qu’avait causée Emmanuel Macron en 2017. Il montre, comme Macron et peut-être même encore plus que lui, que les institutions voulues par le Général de Gaulle ne sont pas complètement mortes. Il est encore possible à un homme qui n’est pas un politique professionnel de s’imposer dans le débat public. Emmanuel Macron devrait se souvenir de la manière dont il a multiplié, en 2016-2017, les pieds de nez au système politique. Est-il vraiment sûr de vouloir affronter Eric Zemmour au second tour? 

Une éclaircie après la semaine noire de Valérie Pécresse?

Mais qu’est-il donc arrivé à Valérie Pécresse le 13 février au Zénith. Trois témoins qui ont vu la candidate arriver dans la salle m’ont parlé d’une panique visible sur son visage. Faut-il aller jusqu’à parler de “crise d’angoisse” comme le fait l’un de mes témoins ? Toujours est-il que la présidente de la Région Ile-de-France a mis de longues minutes à reprendre ses esprits.

Les premières minutes du discours montrent une candidate complètement dépassée par ce qui lui arrive. Elle ne sait pas comment réagir face à une foule enthousiaste mais que la scénographie a placée à une assez grande distance. Elle ne sait pas apprivoiser la foule. Elle n’arrive pas à commencer. Elle a le regard perdu. Et lorsqu’enfin la foule rétablit un lien en criant “Valérie”, faisant sortir la candidate de sa torpeur, elle entame le discours en posant très mal sa voix.  Les minutes qui suivent sont un véritable supplice….

Là aussi, le Général de Gaulle n’a pas dit son dernier mot! Il y a une grande différence entre être candidate à la présidence d’une région qui gère 4 milliards de budget et la présidence du pays lui-même, avec ses 2400 milliards d’euros de PIB, sa dissuasion nucléaire, son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité.  La campagne pour la présidence de la République est l’épreuve suprême. Les candidats y révêlent toujours ce qu’ils ont au fond d’eux-mêmes. En 1974, Jacques Chaban-Delmas n’avait pas tenu la distance, pas plus que Raymond Barre en 1988. En 1995, Jacques Delors avait reculé devant l’obstacle, pensant à tort ou à raison qu’il n’était taillé ni pour l’exercice ni pour la fonction. La même année Edouard Balladur avait découvert les affres du contact avec les Français. Au contraire, Jacques Chirac, malgré son inconstance politique, avait fini par l’emporter parce qu’il était du bois  ceux qui font une campagne. Nicolas Sarkozy a survécu aux basses attaques fomentées par la Chiraquie (l’affaire Clearstream) pour l’abattre tandis que François Fillon ne s’est pas remis du coup de poignard dans le dos du même Sarkozy en 2017. Eric Zemmour étonne, jour après jour, semaine après semaine, dans la campagne 2022, car lui, le journaliste du Figaro à l’allure frêle, il tient le coup, il entre progressivement dans le rôle d’un nouveau Defensor Patriae. 

Valérie Pécresse, elle, découvre – au grand dam de son parti, qu’elle n’est pas à la hauteur. Les jours qui ont suivi le meeting ont été catastrophiques. Elle a commencé par expliquer qu’on était plus dur avec elle parce qu’elle était une femme – curieux pour quelqu’un qui se veut “un tiers Thatcher, deux tiers Merkel”.  Puis elle a renié l’ambiguïté qu’elle avait entretenue sur “le Grand Remplacement” dans son discours, en disant qu’elle haïssait la notion.  Enfin, il y a cette catastrophique réplique où elle répond à des journalistes que dans deux mois elle aura plus de temps pour regarder des films.… et s’enfonce en voulant corriger et déclarant que lorsqu’on est Président, on a plus de temps pour soi.  

Alors la candidate d’habitude si solitaire et imperméable aux conseils a accepté de se faire coacher. Le meeting du Cannet, vendredi 18 février au soir,  s’est mieux passé, tandis que David Lisnard avait, dans la journée, généreusement accueilli la candidate. Mais la série noire continue tout de même. Damien Rieu, sur son canal Telegram, a beau avoir dit qu’il fermait la “cellule riposte” anti-Pécresse d’Eric Zemmour au soir du meeting du Zenith, il a encore frappé en pleine convalescence cannoise de la candidate Pécresse, en relayant l’information selon laquelle les élus LR du Conseil régional d’Occitanie ont voté une subvention à l’ONG SOS-Méditerranée, dont les membres sont des enragés de l’immigration, complices des passeurs. àa fait désordre ou plutôt ça prouve que Valérie Pécresse – si elle ne joue pas de double jeu sur les sujets régaliens – ne tient pas ses troupes.  

En fait, la candidate (née en 1967) qui n’est pas plus âgée que Marine Le Pen (1968) et qui est plus jeune qu’Eric Zemmour (né en 1958) apparaît singulièrement décalée avec la France d’aujourd’hui. Nous avons reproduit ci-dessus un montage qui rappelle que la “Nouvelle France”  fut une expression favorite pour Jacques Chirac, Alain Madelin et Nathalie Kosciusko-Morizet. Valérie Pécresse, la candidate vintage?  

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12 commentaires
    1. De toutes ses fibres, oui. La gauche, dans toutes ses nuances, du libérisme au collectivisme, veut laisser l’individu seul face à l’Etat. ça commence toujours par l’exaltation de l’individualisme exacerbé (campagne de 2017) et ça finit par l’Etat tyrannique comme nous l’observons depuis deux ans. C’est le chemin de tous les hommes de gauche: révolutionnaires français, Marx, Lénine, Mussolini, Mao etc….Macron, qui est le clone des révolutionnaires français issus du Bassin Parisien à la fin du XVIIIè siècle, a été pris pour un homme épris de liberté alors qu’il est fondamentalement jacobin. Cordialement. EH

      1. C’est évident mais comme 90% des votants du pays des socialo quand on s’éloigne des cercles dirigeants. Je crois personnellement que les zélecteurs font les élections, très peu les politiciens gladiateurs entre eux dans une arène de professionnels. Les politiciens font comme les footballeurs, un spectacle. Nicolas Bonnal a raison qui renvoie à Georges Bernanos dans les années 30.

        Ceci dit j’adhère à 100% de votre scenario très joliment amené. Le vrai débat à avoir, le seul un tant soit peu réel, se situe entre la France 🇫🇷 de Z d’une part, les 40 nuances de socialo de l’autre. Au moins ce débat de second tour me permettrait il de ne pas opter de suite pour l’abstention.

    2. J’invite chacun à se procurer et lire “Le livre noir de la gauche française” de Xavier Moreau (chaîne youtube Stratpol”. Une analyse efficace et éclairante sur les élites gauchistes de ce pays.

  1. Macron ne pense rien ,d’autres, pensent à sa place c’est juste le mandataire d’ imposteurs psychotiques et opportunistes.. “Il” et d’autres ne font qu’appliquer les dérives mentales et tortionnaires d’idéaux prétendument de gauche. “La gauche a changé de camp ,glissement de l’universel au paroissial : les sans-papiers. “Suzanne BERGER, ” Notre première mondialisation – leçon d’un échec oublié. “

  2. Comme Macron préfère Z, la presse subventionnée pousse Z vers le haut. Tant mieux! Macron va taper fort comme le boxeur amateur qu’il est. Mais Z est agile, champion de l’esquive et des coups de Jarnac très loyaux. Entre le gant et l’épée, il n’y pas à discuter.

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