L’Union Européenne au coeur de la crise économique mondiale à venir

L'Union Européenne est l'épicentre de la crise économique dans laquelle le monde est entré. On ne mobilise plus des sociétés entières pour aller faire la guerre dans les tranchée. Mais les dirigeants européens sont entrés dans le régime de sanctions économiques de la Russie "la fleur au fusil". Sans voir qu'ils allaient devoir encaisser un triple choc: celui de l'inflation créé par Joe Biden; l'effet boomerang des sanctions envers la Russie; et les conséquences de la crise du COVID - avec laquelle la Chine se débat encore. Et personne ne peut dire comment tout cela va se terminer.

En 2018, le gouvernement allemand avait fait procéder à une simulation concernant une crise liée à l’approvisionnement en gaz dans le sud de l’Allemagne. Le document est intéressant parce qu’il reste au bord du précipice: les choses ne sont pas vraiment dites. On explique que ce serait très dur pour les ménages, les hôpitaux, les maisons de retraite, les entreprises etc…. Mais la conclusion dit qu’un tel scénario est tout à fait invraisemblable. 

Or, depuis quelques semaines, il ne l’est plus. Pas plus tard qu’hier, le magazine Fokus avouait que les stocks de gaz en Autriche, qui alimentent la Bavière, étaient au plus bas. Pendant quelques heures, l’article était inaccessible (“Erreur 404”) et puis il a été remis en ligne. 

Le bras de fer avec la Russie met l’Allemagne devant un dilemme: il faut choisir entre “les sanctions tous azimuts” et continuer à s’approvisionner en gaz.  Les médias mainstream et la classe politique allemande – à l’exception de l’AfD – sont pris d’une véritable hystérie antirusse. Les chefs d’entreprise ont du mal à se faire entendre, et sont même transformés en Cassandre, annonçant le malheur à venir mais sans être écoutés. 

Et pourtant, l’Allemagne aurait tout intérêt à être raisonnable. L’inflation est à 7,4% (sur un an). Du jamais vu depuis 40 ans.  Les prévisions de croissance pour 2022 sont d’ores et déjà divisées par deux. Les racines de ces problèmes sont antérieures à la guerre d’Ukraine qui les aggrave. Mais l’Allemagne ne semble pas avoir pris conscience de la crise qui va déferler sur l’Europe. 

L'Union Européenne au coeur d'un triple choc

Au commencement, il y a la crise du COVID, avec l’augmentation des déficits publics, le recul du commerce mondial, la diminution des déplacements etc… La Chine en rajoute actuellement une dose, pour des raisons difficiles à élucider – au-delà du caractère totalitaire du régime de Xi Jinping. La politique du “zéro Covid”, appliquée en particulier à Shanghai et à Pékin, est en train d’annuler les effets de la reprise des échanges de ces derniers mois et créent d’énormes problèmes d’approvisionnement pour l’industrie d’une grande partie du monde. Vu sa dépendance à la Chine, l’Union Européenne est particulièrement touchée. 

Là-dessus vient se greffer la politique inflationniste de Joe Biden. Guidé, après son installation à la Maison-Blanche par un programme de dépenses publiques tous azimuts sans nécessité économique, l’actuel hôte de la Maison Blanche, en faisant voter l’injection de près de 7 000 milliards de dollars supplémentaires dans l’économie, a déclenché une vague inflationniste dans le monde, dont l’Union Européenne est le premier importateur. Les sanctions contre la Russie renforcent la dépendance aux Etats-Unis pour l’Union Européenne – et donc l’importation des prix américains en Europe, par exemple pour le gaz censé remplacer l’approvisionnement russe. 

Etant la plus dépendante au gaz russe – il n’y a pas si longtemps, les dirigeants européens considéraient que la Russie faisait partie de l’Europe – l’Union Européenne cumule donc les inconvénients dans la crise qui vient. 

Eric Verhaeghe anticipe par ses analyses depuis plusieurs mois, et aujourd’hui encore, la manière dont les instances supranationales européennes vont sans aucun doute répondre à la récession par la fuite en avant vers plus d’intégration fédérale et d’autoritarisme. Mais en réalité aucun des dirigeants européens n’est prêt à affronter ce qui pourrait devenir une crise des Gilets Jaunes à l’échelle de l’Union. Pour sa première sortie de président réélu, à Cergy-Pontoise, en banlieue parisienne, Emmanuel Macron a été la cible d’un jet de tomates. Mario Draghi est en train de devenir l’un des présidents du Conseil les plus haïs de l’histoire italienne, les manifestations se multiplient et il lui devient difficile de sortir dans les rues sans se faire insulter. 

Ce ne sont que les signes avant-coureurs du chaos à venir. 

Et nul ne sait dans quel état sera l’Union Européenne au début de l’hiver prochain, quand les besoins en chauffage augmenteront, avec une partie de la population écrasée par les factures énergétiques, l’inflation des prix de l’alimentation et la montée du chômage due aux faillites. 

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9 commentaires
  1. Il est difficile d y croire ..autant d imbécillité ou d arrogance ou de servilité vis a vis des États-Unis de la part de nos dirigeants…

    A croire qu ils n ont jamais eu Physique, Chimie et géographie a l école

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  2. Vous n’avez pas bien saisi les causes… l’inflation est due à l’augmentation de la masse monétaire des banques centrales depuis la crise de 2008, fois 8 pour l’Europe… (mon salaire n’a pas fait fois 8 Oo)
    A cela on ajoute les banques européennes qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement, normal en 2013 l’Europe a décidé qu’en cas de faillite des banques ce sont les contribuables qui payeront (principe de bail in).
    Le covid, la guerre ne sont que des excuses à plus de 10 ans d’excès. Comme d’habitude les gens se réveillent trop tard et certains vont croire que c’est la faute au covid, à Poutine ou à Biden ahahahah
    ça fait des années que je me prépare à cette futur crise bancaire, et depuis le début d’année je me régale, je n’ai jamais été si riche, et ce n’est que le début ça n’a pas encore pété 🙂

    Le Français est bête, il ne peut s’en prendre qu’à lui.

    Cette situation me réjouit, j’avais raison depuis 2013, ça fait du bien, mes amis et mes familles commencent à me croire et bizarrement ils sont avides de conseils financiers oO Dès qu’on touche au porte-monnaie ça réveille ^^

    Bien à vous

    Et merci pour vos articles sur la guerre en Ukraine 🙂

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  3. Sur la politique chinoise “zéro virus”, regardons ses conséquences: objectivement, les problèmes d’approvisionnement qui nuisent particulièrement à l’Europe, servent les intérêts russes en amplifiant l’effet des sanctions. Serait-ce voulu, sachant que ces deux pays sont alliés pour créer un monde multipolaire alternatif au “modèle” occidental?

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  4. Elle est l’épicentre surtout du Mal. Mondialisme woke, famine écologique et totalitarisme informatique-bureaucratique. Sans oublier son récent goût de la guerre d’extermination.
    https://nicolasbonnal.wordpress.com/2022/04/30/sanctions-prostration-et-extermination-de-la-masse-francaise-consentante-abrutissement-des-occidentaux-toujours-enrages-engages-dans-des-guerres-binaires-meme-pas-manicheennes-contre-les-africains/

  5. “La Chine en rajoute actuellement une dose, pour des raisons difficiles à élucider…”
    Dans un commentaire précédent, j’avais suggéré que le lock-down de Shangaï et Pékin pour cause de Covid pouvait s’expliquer par une mise en garde de la Chine à la Russie de ne pas précipiter la guerre d’Ukraine dans un 3ème conflit mondial dont tout le monde aurait à pâtir, à commencer par la Chine.
    A la lumière de ce qu’explique Edouard Husson de la dépendance économique européenne à la Chine, la position chinoise serait en fait beaucoup plus dure. La stratégie des chinois étant de sacrifier les intérêts économiques européens en bloquant leurs approvisionnements sous prétexte de Covid afin de provoquer un effondrement économique de tout l’Occident, entraînant la chute du dollar et en cascade, celle de l’Euro. Si cette analyse est pertinente, elle suppose que la Chine, la Russie, l’Inde et les Brics ont déjà établi une autonomie économique et financière mutuelle suffisante pour étrangler économiquement tout l’Occident. Ce que la Chine perdra dans cette partie de billard à trois bandes avec ses avoirs confisqués aux USA, elle va le regagner rapidement dans le conflit militaire ukrainien en train de mettre un grand coup d’accélérateur dans ses échanges économiques et financiers avec la Russie, mais aussi avec l’Inde et bientôt le Moyen-Orient. Le rapprochement de l’Arabie saoudite vis de la Chine et de la Russie plaide pour cette hypothèse, la conversion des pétro-dollars en pétro-yuans étant la clé de ce qui se joue actuellement dans cette guerre entre l’Occident et le reste du monde.
    Pour finir, il ne faut pas oublier que la secte mondialiste anglo-saxonne qui a pris en otage tout l’Occident avec la dictature sanitaire et la guerre en Ukraine qui ne sont que les deux faces d’une même pièce, le dieu dollar, veut la destruction des Etats pour imposer sa gouvernance mondiale. Le fait que cette destruction passe par celle de l’Etat américain signe déjà sa défaite programmée. Mais au final, au prix de combien de millions de morts ?

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  6. Europe, puissances occidentales, Amérique ou dominions britanniques : le satanisme et leur seule et unique raison d’être. « Nous assistons au crépuscule lugubre d’une version satanique et souterraine d’une monstrueuse caricature de civilisation. Le Système sait bien désormais que sa surpuissance produit, comme autant d’armements mortels et inutiles, sa complète autodestruction. Son élan vital impérieux se nomme : instinct de Mort, mort sans dessein, sans espérance, sans but autre que le Néant absolu d’un univers en extension invertie jusqu’à redevenir, orbite accomplie avant un recommencement lavé de toutes nos infamies, la dernière molécule originelle qui fut aussi la première de l’aventure pour la réduire au Rien. La révolution se ferme comme fait une orbite, la boucle des enfers est bouclée. Reste à présenter nos excuses et regrets aux dieux pour ce ratage cosmique, et leur suggérer respectueusement d’essayer autre chose (Philippe Grasset, Dedefensa.org). »

    https://www.dedefensa.org/article/war-is-a-racket

    1. Excellent article, merci ! Il décrit bien la pulsion nihiliste et mortifère d’une civilisation en décadence terminale. Hélas, ce pourrissement est hautement contaminateur. Où s’arrêtera la contagion ?

  7. Mais à part ça, Madame la Marquise, tout va très bien, tout va très bien.
    Je pense que tous les dirigeants du monde sont atteints de folie furieuse et que nous allons en payer les conséquences.

  8. Je vais vous apporter un éclairage sur le pourquoi de la continuation de la surenchère covidesque en Chine.

    Il y a 3 raisons :
    1. La volonté de faire plier un gouvernement local qui s’oppose à Beijin. Shanghai a toujours critiqué la politique débile de Beijin au sujet de rhume 19 et pendant longtemps ils ont dit qu’ils ne confinerait jamais Shanghai qui était une ville libre et ouverte sur le monde.
    2. La volonté de dégager les derniers étrangers restant en Chine, ainsi que leur puissance financière.
    3. La volonté de faire plier Hong Kong et toute révolte anti-chinoise, et d’en faire partir les étrangers, tout en montrant que Hong Kong n’est pas la seule visée puisque Shanghai l’est aussi. (il y a 4 fois plus de départ de Hong Kong que d’arrivée depuis quelques mois, et très peu d’arrivées sont des occidentaux. C’est du jamais vu).

    Gardez bien à l’esprit que le PCC est une organisation terrible, pour laquelle aucun sacrifice n’est à exclure lorsqu’il s’agit de faire rentrer dans le rang des réfractaires au pouvoir de Beijin.

    Le premier confinement infâme de Wuhan avait été effectué pour la même raison : anéantir le gouvernement local insoumis à Beijin.

    Ainsi, la Chine utilise rhume 19 pour réduire les derniers bastions de factions politiques réfractaires à l’ordre de la Capitale. Et terminer de transformer l’Empire chinois en nation chinoise.

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