[PAYANT] Exode urbain et sécession : suis-je capable d’être résilient ?

Christophe Moquillon, de Vivrovert, nous livre le premier conseil sur l'exode urbain que nous vous avons annoncé hier. Comment et quand décide-t-on de quitter un jour son quartier, sa ville, sa banlieue, pour s'installer dans une nouvelle vie, faite d'autonomie et de résilience? Le cheminement personnel n'est pas toujours simple, le point d'atterrissage pas évident à trouver, et la nouvelle organisation tout sauf facile à prendre en main. Christophe Moquillon donne quelques pistes pour se sentir mieux ou... ne pas rater tout de suite. N'hésitez pas à commenter ou à poser des questions pour nous aider à "affiner" nos conseils.

Regarder avec envie des familles s’installer en Ardèche, au mois de juillet, quand il fait beau, que l’herbe est verte et le ciel est bleu. S’imaginer à la place de personnes qui s’installent dans un pays tropical, en bord de mer, sur une plage magnifique bordant des eaux turquoises. C’est beau, c’est facile de s’imaginer à leur place. C’est d’ailleurs comme cela, en regardant un reportage sur des expatriés à Madagascar que l’un de nous a franchi le pas. 

Beaucoup de personnes rêvent de partir depuis plus de deux ans ; en juin 2020, 72 % des cadres parisiens voulaient aller s’installer à la campagne.

Mais… le faire vraiment, réaliser son rêve, partir pour de bon en laissant ses amis et proches n’est pas aussi facile. Pour certains c’est même impossible. La preuve ? Combien de cadres parisiens sont partis réellement de leur agglomération pourtant oppressante ?  En fait seulement 20% ont fait des recherche en ce sens. D’ailleurs, nous reparlerons prochainement de ce chiffre de 20%.

Il y a donc des blocages.

Nous allons en analyser deux.

Il faut en premier lieu se demander si je vais pouvoir être capable de partir vivre ailleurs, loin de mes repères et aimer l’endroit choisi. Ensuite,  une fois certain de ma réponse, vais-je pouvoir acquérir les compétences nécessaires pour m’y installer et m’adapter aux contraintes nouvelles et nombreuses. Enfin, un point important consistera à savoir «s’occuper» sans culpabiliser le temps oisif.

Comment aborder l’idée du départ sans peur d’un échec ?

On ne part pas à la  campagne et encore moins à l’étranger, uniquement à cause de la covid sinon c’est  voué à l’échec.

Nous ne disons pas que c’est impossible mais qu’une approche très fine des lieux d’expatriation est à faire avec visite complète nécessaire pour trouver le bon ou, à défaut, un lieu qui est le plus approprié possible à nos aspirations. 

Il faut donc une réflexion d’ensemble avec changement de vie et, accessoirement, de métier, comme on le verra ensuite. On part si la société urbaine ou du pays ne nous correspond plus.

Il faut rappeler que 80 % des départs à la campagne reviennent au bout de deux ans. Il suffit de taper « ceux qui partent vivre à la campagne le regrettent vite » sur google pour s’en rendre compte.

Si on doit partir, c’est donc en soupesant tous les critères, pas sur un coup de tête ou de cœur suite à de bonnes vacances passées sur place ou bien parce que l’on a vécu là étant plus jeune (même si ça aide). Mais quels sont ces critères ?  Existe-t-il des outils qui permettent de trouver un endroit idéal en rentrant des critères ? Quels sont les conseils utiles qui peuvent nous aider à savoir si l’on est vraiment que l’on peut partir ?

Nous vous conseillons de vous renseigner le plus finement possible sur votre destination. Et pour trouver cette destination, vous pouvez utiliser l’outil, entièrement gratuit, vivrovert.fr qui vous permettra d’afficher en quelques minutes les territoires qui vous correspondent le plus grâce à l’algorithme établi par des spécialistes. Vous pourrez par la suite affiner vos critères ou les modifier. Une fois les territoires affichés, vous aurez la possibilité de vous renseigner encore plus finement, sans vous déplacer, en utilisant les modules cartographiques de l’application.

Si la France ne vous suffit pas, pour les plus courageux, vous pourrez faire la même démarche par vous-même pour commencer, et bientôt en utilisant un nouvel outil mondial en cours de préparation ! D’ailleurs, si vous voulez que l’on accélère son développement, vous pouvez nous laisser un message en ce sens.

Et une fois passé ce cap, il faut se rendre sur place pour ressentir l’endroit. Si c’est le bon, on le sait de suite ! Mais même si l’endroit semble parfait, il faut être capable d’y rester…et cela demande beaucoup de résilience.

Il me revient à l’esprit une phrase entendue petit :« heureux sera celui qui aura un bout de terrain pour faire pousser des légumes » ; le problème, c’est que faire pousser des légumes et entretenir la structure autour, cela ne s’improvise pas ! Il faut acquérir de nouvelles compétences.

Comment devenir résilient en sortant de l’aliénation de l’emploi

Il n’y a pas de secrets : soit on est très riche et bien évidemment les autres font ce que nous devons faire à notre place, et cela ne demande pas beaucoup d’efforts. Faire naviguer un yacht avec une équipe professionnelle et aguerrie est à la portée de tout le monde. Mais naviguer en famille dans un petit voilier demande plus de capacités et exige du temps d’apprentissage, donc de pouvoir laisser de côté ses aspirations professionnelles.

Pour la majorité d’entre nous, la clé du succès réside donc tout d’abord dans notre capacité à laisser  le moins possible d’aspérités sur lesquelles la société de consommation mondialiste peut s’accrocher. Et des aspérités, il y en a !  Notre propre métier, notre « situation », notre « carrière », véritable cause d’aliénation, qui nous impose de vivre en zone urbaine avec les dépenses inhérentes à cette vie est l’une de ses aspérités. Notre vie sociale, notre famille en sont d’autres. Bref, nous avons toutes les raisons de ne pas bouger, de ne pas changer et de ne pas nous mettre en danger sur un voilier.  C’est d’ailleurs cette prise de conscience, en cours dans de nombreuses écoles d’ingénieur, la dernière en date étant AgroParis Tech, qui est la clé qui permet de se lancer dans l’acquisition de nouvelles compétences qui n’ont rien à voir avec les siennes.

Bien évidemment, la solution du télétravail ; qui permet de garder son job tout en s’installant à la campagne, voire à l’étranger, est possible. Et nous vous conseillons de faire en sorte que, pour les familles, l’un de deux membres garde son job. Pour d’autres très chanceux, ils pourront conserver l’emploi qu’ils aiment à la campagne ou outre-mer, mais ils sont peu nombreux. C’est un peu le Graal !

Mais, a minima, celui qui fait le choix de ne pas le garder, doit pouvoir se reconvertir.

Une fois l’idée acquise de ne plus exercer son métier, il est indispensable d’entreprendre une mise en compétences afin de pouvoir être à même d’affronter avec sérénité les nombreuses situations complexes qu’une vie visant une plus grande autonomie engendre. Cet apprentissage vous permettra aussi de découvrir pour quel métier manuel vous êtes fait afin de vous reconvertir dans un domaine qui vous plaît. Certaines personnes découvrent ainsi leur voie. L’une des plus grandes réussites qui me vient à l’esprit est celle de Samuel Mamias, anciennement professeur de mathématiques, qui a su par exemple mettre à profit ses compétences en les associant à sa passion, le travail du bois, pour créer une chaine youtube sur ce sujet et déménager au fin fond de l’Ardèche. Samuel, si tu nous lis, nous aimerions bien t’interviewer!

Si vous souhaitez ne pas vous spécialiser afin de tout faire par vous même, votre apprentissage sera permanent même dans des domaines que l’on n’apprécie pas forcément :

– construction : à moins d’acheter un domaine parfaitement adapté et en service, il y aura des travaux à réaliser et, a minima, un entretien car plus il y a de systèmes autonomes, plus il y a d’entretien et de maintenance à faire.

– adduction d’eau : nous vous conseillons de vous installer dans un endroit où il y a une source ou bien suffisamment de pluie pour la récupérer ; en effet, si une crise économique s’installe, les infrastructures vont souffrir.

– production d’énergie : tout comme l’eau, l’énergie va devenir de moins en moins accessible ; l’installation de panneaux solaires est indispensable tout comme le chauffage bois en zone climatique froide. Nous tiendrons bientôt à votre disposition des fiches techniques sur ces sujets.

– production nourricière  qui exige des préparatifs sur le long terme ; un jardin en permaculture demande environ 7 ans pour être à son sommet de productivité ; il faut en effet que les graines, récupérées d’une année sur l’autre, s’adaptent au terrain et cela prend du temps. Faire des conserves, confitures…

– mécanique automobile, voire agricole : cette compétence va devenir de plus en plus précieuse mais il faut du matériel, d’où l’intérêt d’appartenir à un réseau d’entraide.

– tâches de type coiffure et tant d’autres! Nos fiches à venir seront essaieront d’être exhaustives…

Bref, il faut être ou redevenir curieux , très actif, etc. Et nous vous recommandons d’effectuer un ou plusieurs stages en conditions réelles pour savoir si vous êtes réellement faits pour cette vie-là.

Pour commencer, nous vous recommandons une formation certifiée en permaculture avec Grégory Derville (témoignage lors d’un prochain article). Par la suite, vous aurez accès à de nombreux documents pdf sur l’ensemble des thèmes indispensables à traiter dans le cadre de votre future vie !

Cependant, plutôt que de vous épuiser à tout avoir à apprendre à faire par soi-même nous vous conseillons de vous spécialiser dans un domaine et pour le reste, au moins dans un premier temps, rencontrer des personnes qui ne demanderont rien ou qu’un service en retour de ce qu’ils pourront vous apporter. Cela impose de savoir créer son réseau humain social ce qui demande encore du temps. Notre conseil sera donc d’en intégrer un. Nous ferons prochainement un point sur l’émergence de ces réseaux, en forte augmentation mais nous pouvons d’ores et déjà vous conseiller de vous rapprocher de la cellule Solaris la plus proche de votre lieu de résidence actuelle ou à venir.

Donc pas de panique, car avec un peu de détermination vous pourrez trouver des endroits qui correspondent à vos attentes et besoins ; si vous ne trouvez pas du premier coup l’endroit idéal, ce ne sera pas un échec car de manière générale, on ne trouve pas le bon endroit, celui qui nous fait comprendre que l’on est où l’on doit être, du premier coup. Il faut voyager dans plusieurs endroits et longtemps pour trouver ce lieu idéal où vous vous sentirez chez vous sans comprendre pourquoi. Personnellement j’ai déjà eu cette impression à Chiang Mai, en Thailande…

En revanche, avec les conseils prodigués, les fiches techniques et les formations indiquées, vous pourrez trouver un ou plusieurs lieux où vous vous sentirez bien et pourrez vous soustraire au chaos actuel. C’est à ce moment-là que commence le véritable effort consistant à chercher sa voie , se former, constituer son réseau humain, et apprendre à revivre au rythme de la nature qui sont les conditions indispensables pour y rester.

Rejoignez la sécession !

Vous en avez assez de subir cette mascarade ? Vous voulez entrer sereinement en résistance contre cette dictature ? Déjà plus de 5.000 membres...
6 Shares:
3 commentaires
  1. Bonjour,
    j’ai franchi le cap. Je viens d’acheter une petite maison avec 1 étang, des bois et une surface maraîchère. En tout il y a un peu moins de 2 ha.
    Alors, il faut savoir que j’ai déja vécu à la campagne, dans une autre vie j’avais des vignes, donc je sais ou je met les pieds. Ma compagne trouvait l’idée géniale, sauf qu’aujourd’hui la ville lui manque, et pourtant elle a grandi à la campagne.
    Ensuite, j’ai cherché une propriété pendant 2 ans, j’ai visité des dizaines de propriétés, avec maison, sans maison, et sur un secteur qui allait de la Creuse aux Hautes-Pyrénées. Ne croyez pas que c’est facile à trouver, car souvent on va vous vendre une maison dans les faubourgs d’un village, avec maximum 1000 m de terrain. C’est une connerie, car vous vivez comme en ville mais vous n’êtes pas en ville, alors autant rester en ville. Si vous allez à la campagne juste pour dormir, ou parceque vous êtes en teletravail, alors il y a de forte chances que ce soit un échec. Si vous allez à la campagne, il faut que ce soit très clair, c’est pour changer de vie. Mieux vaut une grande parcelle ou vous allez construire un petit batiment et vous installer petit à petit, qu’une petite propriété avec maison. Analysez le paysage, regarder la météo sur plusieurs années, lorsque vous visitez une propriété, regardez le potentiel réel du terrain, cailloux, pas cailloux, orientation des terres, car suivant ce que vous avez envie de faire, toutes les terres ne seront pas adaptées ou adaptables. ( je voulais planter de la vigne, j’y ai renoncé, car mes terres ne sont pas faites pour le vin, mais je vais tout de même planter quelque pieds de raisin de table…)
    Pensez toujours dans cet ordre: planter les arbres, puis faire ou refaire ou améliorer votre logis et après seulement commencer à produire vos légumes.
    Enfin, ne croyez pas qu’à la campagne tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Non, il va falloir refaire tout votre réseau social, avec les autochtones qui vous prennent pour de fous et qui rigolent à chaque fois qu’il vous arrive une merde.
    Perso, je suis bien tout seul avec mes plantes, je suis un bon vivant et je fais bonne figure avec les indigènes, mais ne croyez pas que ça va être simple, car votre vie va être à réorganiser totalement, et si vous n’avais pas la capacité d’adaptation très aiguisée, ce sera très difficile, voire un échec.
    Bon courage à tous, si vous avez le bon état d’esprit, vous allez changer de vie, et ce sera génial, vraiment génial, tellement génial que vous ne voudrai plus jamais aller en ville.

    Répondre moderated
  2. Bonjour,
    Expatrié depuis 14 ans nous pourrions échanger par email ou whatsapp ou Signal.
    Mon expatriation a été une réussite. J’aime la métropole mais maintenant quelques semaines comme …touriste !

  3. Bonjour,
    je suis un habitant de la campagne: je suis en Moselle , j’ai une très grande maison dans un petit village de 1700 habitants, j’ai un hectare de terrains autour de ma maison, et lorsque je bois une bière sur ma terrasse, je vois la foret qui s’étend à quasiment 200km au loin, si le ciel est dégagé. La nuit, j’ai parfois un chevreuil qui broute l’herbe du gazon devant ma porte d’entrée. La semaine comme le dimanche, je me lève le matin, et il n’y a aucun bruit dehors, mon premier voisin est à 50m. Mais pour vivre ainsi il faut l’aimer: j’ai toujours vécu à la campagne. Lorsque je pars à la ville (Strasbourg), je me sens oppressé par les immeubles qui m’entourent

    Répondre moderated
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Vous pouvez également aimer