Washington impliqué directement dans le conflit en Ukraine , selon Moscou

Comme de nombreux pays européens, les États-Unis ont condamné l’invasion russe en Ukraine. Depuis le début de la guerre, l’administration Biden n’a cessé de renforcer le soutien militaire américainà Kiev. Selon la Russie, les États-Unis sont impliqués directement dans cette guerre qui l’oppose à l’Ukraine, en tant qu’« artilleur ». Le ministère russe de la Défense a de nouveau mis en garde Washington sur une éventuelle réponse de Moscou.

En avril, lors d’une visite à Kiev, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin avait déclaré que l’Ukraine peut gagner la guerre si elle recevait le « bon équipement » et le « bon soutien”. Depuis que le président Biden a pris ses fonctions,  le total de l’aide des États-Unis alloué à la sécurité en Ukraine, se chiffre  à plus de 8 milliards de dollars. M. Zelensky a toujours réclamé plus de sanctions contre la Russie, mais surtout plus d’équipements militaires. Le dirigeant ukrainien a toujours martelé  que son armée pouvait vaincre l’armée russe si elle recevait des avions de chasse et d’autres appuis militaires. Les États-Unis ont confirmé avoir fourni aux troupes ukrainiennes, des canons d’artillerie obusiers et des radars anti-artillerie et les fameux missiles américains Himars MLRS, guidés par GPS d’une portée de 80 kilomètres. Alors que le chef adjoint du renseignement militaire ukrainien, Vadym Skibitsky, a déclaré qu’il y avait eu une consultation entre les responsables américains et ukrainiens avant de lancer les frappes,(au journal britannique The Telegraph) . Mardi, la Russie a affirmé que les États-Unis étaient directement impliqués dans le conflit en Ukraine, car Washington coordonne les frappes HIMARS par les forces ukrainiennes. Une situation qui pourrait provoquer une réponse dure de Moscou.

Un soutien militaire de plusieurs milliards de dollars

Depuis 2014, les États-Unis ont attribué un soutien militaire de plus de 10 milliards de dollars à l’Ukraine. L’administration Biden a fortement contribué dans l’optimisation des capacités des forces armées ukrainiennes en engageant un budget d’environ 8,8 milliards de dollars. Dans un communiqué  du 01er août, les États-Unis ont annoncé mettre en place un nouveau programme d’aide militaire de 550 millions de dollars. Il s’agit du dix-septième prélèvement d’équipements sur les stocks du DoD (Départment of Défense) pour l’Ukraine depuis le mois d’août 2021.

Le Pentagone prévoit cette fois de livrer 75.000 cartouches de munitions d’artillerie de 155 mm et « inclure davantage de munitions pour les systèmes […] Himars ». Notons que l’Ukraine a déjà reçu 16 de ces lanceurs mobiles américains, mais quatre des lanceurs Himars livrés à l’Ukraine ont déjà été détruits avant les deux autres récemment revendiqués par l’armée russe. 

L’armée américaine aux commandes des frappes ukrainiennes

Bien entendu, l’administration Biden n’est pas la seule à soutenir Kiev dans ce combat. L’Allemagne a aussi livré des systèmes de lance-roquettes multiples et trois obusiers automoteurs Panzerhaubitze 2000 supplémentaires aux forces armées ukrainiennes le 26 juillet dernier, d’après le ministre allemand de la Défense, Christina Lambrecht. Toutefois, les États-Unis occupent un rôle plus important. “Les États-Unis continueront de travailler avec leurs alliés et partenaires pour fournir à l’Ukraine des capacités clés”, a indiqué le Pentagone.

En effet, de nombreux équipages ukrainiens qui utilisent ces équipements occidentaux seraient sous le commandement direct des militaires  de l’armée américaine. L’équipement militaire fourni par les alliés occidentaux serait utilisé non seulement dans les batailles sur les lignes de front. Ils auraient également servi à lancer des attaques contre les civils à Donetsk et Louhansk.

Le 2 août, la milice populaire de la République populaire de Donetsk (RPD) a indiqué que les forces ukrainiennes ont tiré 355 obus sur le territoire le 1er août. Ce bombardement qui a touché 13 localités différentes a fait un décès et quatre blessés parmi les civils. L’armée ukrainienne a également frappé les villages de Pervomaisk et Stakhanov avec 15 missiles HIMARS. A la suite de cette attaque, de nombreuses infrastructures civiles ont été détruites.

Selon le ministère russe de la Défense, deux systèmes HIMARS ont été détruits lors d’une attaque dans une usine à Kharkiv. Lors de cette frappe, 53 militaires ukrainiens et mercenaires étrangers auraient trouvé la mort.

Des preuves de l’implication américaine

L’utilisation des lance-roquettes HIMARS constitue une preuve de l’implication directe des États-Unis dans la guerre en Ukraine selon la Russie. Une déclaration du chef adjoint des services de renseignement militaire ukrainiens, Vadym Skibitsky, au Telegraph justifierait cette accusation. Il a donné des informations détaillées concernant la coopération entre Washington et Kiev avant les attaques avec ces roquettes.

Selon Skibitsky, les responsables ukrainiens consultent les États-Unis avant de lancer des frappes aux HIMARS. Les responsables du Pentagone prendraient part à chaque décision. Les HIMARS sont, selon les informations disponibles, actionnés par des artilleurs de l’OTAN selon des objectifs désignés par des satellites américains.  Vadym Skibitsky a affirmé que Washington et les forces britanniques disposaient d’« une excellente imagerie satellite » et d’« informations en temps réel ». Le Pentagone avait même un droit de veto effectif sur les cibles visées. Cela dit, M. Skibitsky a tenu à préciser que les États-Unis ne fournissaient pas d’informations directes concernant sur les cibles.

« Tout cela prouve indéniablement que Washington, contrairement aux affirmations de la Maison-Blanche et du Pentagone, est directement impliqué dans le conflit en Ukraine » a déclaré le ministère de la défense russe dans un communiqué. Pour ce dernier, les États-Unis coordonnent ces attaques, dont certaines ont causé la mort et la blessure de civils.

Moscou soupçonne également l’existence d’un partage de renseignements entre le Pentagone les forces ukrainiennes. C’est grâce à cette collaboration que les Ukrainiens ont revendiqué à plusieurs reprises avoir tué des généraux russes sur le terrain, et coulé un navire de guerre russe depuis le début de l’invasion de l’Ukraine le 24 février.

Pour rappel, le mercredi 4 mai le New York Times, citant des sources anonymes au sein des services de renseignement américains, avait écrit que les États-Unis ont fourni des renseignements sur la localisation des unités russes, permettant aux Ukrainiens de cibler et de tuer un grand nombre des généraux russes. Ce soutien américain en matière de renseignement aux Ukrainiens a eu un effet décisif sur le champ de bataille, confirmant les cibles identifiées par l’armée ukrainienne et lui indiquant de nouvelles cibles.

Mais la porteparole du Conseil de sécurité nationale Adrienne Watson avait démenti, via un courriel, en déclarant « nous ne fournissons pas de renseignements dans l’intention de tuer des généraux russes»,   et a qualifié d’« irresponsable » cette allégation que le Pentagone aidait l’Ukraine à tuer des généraux russes.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov, a déclaré que toutes ces coopérations sur le plan militaire avec Kiev prouvent « l’implication directe et profonde » de la Maison-Blanche, du Pentagone et Washington dans cette guerre. Il a également indiqué que cela pourrait pousser Moscou à riposter.

Les responsables russes ont d’ailleurs déclaré que le soutien militaire octroyé par l’administration Biden aux forces armées ukrainiennes ne fera qu’intensifier le conflit. En prenant une telle décision, Washington donne à l’offensive russe une raison d’avancer encore plus sur le territoire ukrainien.

Mais les États-Unis continuent leur politique de soutien, lors d’une conférence de presse du 29 juillet dernier, un haut-fonctionnaire du Département de la défense des États-Unis (DoD, Department of Defense) a fait savoir que des batteries NASAMS (Norwegian Advanced Surface to Air Missile System“) allaient être transférées à l’armée ukrainienne pour faire face aux aéronefs russes.

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3 commentaires
  1. Faire payer un maximum à l’armée russe pour son crime de guerre d’agression est positif
    Il me semble que l’URSS a soutenu avec des troupes au sol les guerres menées par la Corée du Nord et le Viet-Cong
    Les erreurs et les ignominies américaines ne justifient en rien les horreurs russes
    L’ennemi de mon ennemi n’est pas mon ami

    Répondre moderated
  2. Les preuves sont faibles. Une vraie preuve aurait été de trouver des officiers américains à Marioupol…
    Il n’empêche qu’il y a une convergence d’indices de plus en plus nombreux.
    Une fois le fait démontré qu’en faire ? Comme le fait remarquer Hermkens tous les pays le font et c’est “de bonne guerre”. La Russie en s’engageant dans l’opération spéciale savait que ce serait le cas et l’a accepté.
    Il est sûr également que la Russie s’est fixé un seuil de tolérance. Lorsqu’il sera atteint la riposte sera déclenchée, et comme l’a dit Poutine, rien de sérieux n’a encore commencé !!!

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