Le ministère de la Santé debout sur le frein pour empêcher une gestion urgente de l’épidémie

Le ministère de la Santé debout sur le frein pour empêcher une gestion urgente de l’épidémie


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Le ministère de la Santé est-il au service de la population et mobilisé pour gérer au mieux la crise du coronavirus ? ou s'englue-t-il dans ses raisonnements alambiqués et velléitaires propres aux aristocraties décadentes, plus obsédées par leurs étiquettes et leurs procédures que par la réussite de leurs projets ? Les propos du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, sur l'usage de la chloroquine, posent ouvertement la question.

Le ministère de la Santé est-il capable de se projeter dans l’urgence ? Ou bien ses fonctionnaires sont-ils formatés par le système bureaucratique au point de ne plus être capables de penser le monde en dehors des procédures tatillonnes inventées en temps de paix pour occuper des ronds-de-cuir désoeuvrés ?

L’intervention de Jérôme Salomon, ce soir, devant les caméras, sur la stratégie de lutte contre l’épidémie de coronavirus, pose ouvertement la question.

Avec le ministère de la Santé, erreur un jour, vérité le lendemain

Qui n’a pas entendu depuis plusieurs semaines les autorités sanitaires en France expliquer à qui voulait les entendre que le port de masques ne servait à rien dans la rue (phrase répétée en boucles) et que le dépistage des cas de coronavirus n’avait pas plus d’utilité ? Cette doctrine est évidemment inspirée de la pénurie de masques et de tests que subit la France, et que les pouvoirs publics tentent de justifier en plaidant l’inutilité de toutes ces mesures.

N’empêche : les pays qui s’en sortent le mieux en matière de coronavirus restent la Corée du Sud et l’Allemagne, pays où les tests sont pratiquement largement, et où (au moins pour la Corée) le port du masque est généralisé.

Face à la pression scientifique et morale, le ministre Véran a dû consentir à aligner les planètes médicales françaises.

Il a ensuite affirmer que le gouvernement entendait se donner les moyens « d’évoluer rapidement sur la stratégie de dépistage » pour pouvoir « multiplier les tests au moment où le confinement sera levé ». « Quand je dis multiplier, cela veut dire multiplier. Nous travaillons avec l’ensemble des industriels pour augmenter nos capacités dans les plus brefs délais »

Quelle façon élégante d’avouer que la doctrine française en matière de tests est dictée par ses (faibles) capacités à tester… Et donc, ce qui paraissait incongru hier sera intelligent demain, lorsque nous disposerons de tests en nombre suffisant…

Mais qui n’a commandé ni tests ni masques ?

Alors que la France comptait plus d’un milliard de masques en stock en 2010, celui-ci a fondu comme neige au soleil en une décennie. On sait désormais les lourdes responsabilités qu’un Xavier Bertrand puis une Marisol Touraine portent dans ce désastre. Mais une question reste entière : pourquoi Jérôme Salomon, qui avait alerté Emmanuel Macron dès 2016 sur les faiblesses françaises en matière de lutte contre les épidémies, n’a-t-il pas procédé à des commandes d’urgence dès le mois de janvier, lorsque l’épidémie de coronavirus est devenue publique en Chine ?

Ce défaut pose quand même un sérieux problème sur la capacité de réaction sur la diligence du ministère de la Santé.

Sur la chloroquine, Salomon et Véran récidivent

On ne dira pas mieux sur le recours à la chloroquine pour soigner les malades. La chloroquine est le nom scientifique de la « nivaquine », médicament anti-paludéen bien connu des voyageurs, qui présente, il est vrai, des effets secondaires : il donne des cauchemars, et souvent la diarrhée.

Mais s’il évite aux victimes du coronavirus de mourir, comme l’a montré Didier Raoult, la bête noire de la nomenklatura parisienne, de quoi se plaint-on?

Malgré l’urgence, le ministère de la Santé se remet debout sur le frein pour retarder la généralisation d’un traitement que les Américains ont d’ores et déjà décidé d’adopter. Selon les propos tenus par Jérôme Salomon aujourd’hui lors de sa conférence de presse, la chloroquine fait partie d’un test lancé en urgence parmi d’autres produits, pour vérifier son adéquation.

« Il est prévu d’inclure 3.200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne, et peut être d’autres pays dont au moins 800 en France, hospitalisés pour une infection Covid-19 dans un service de médecine ou directement en réanimation », précise l’Institut français de la recherche médicale.

« Un essai, ce sont des malades que l’on traite en milieu hospitalier sous stricte surveillance, et qui ont accès à ces molécules pour en tester l’efficacité sur le virus et sur leur évolution clinique », a précisé le Pr Salomon, directeur général de la Santé (DGS) en France lors d’un point-presse. « C’est très important de le faire rapidement et dans ces conditions. »

« Baptisé Discovery, il inclut notamment l’hyroxychloroquine », a-t-il confirmé.

On ne pouvait pas se montrer plus réservé et plus réticent à expérimenter une trouvaille française sortie du cerveau d’un banni du système, un esprit libre que les machines parisiennes ne parviennent pas à contrôler.

Et soudain, on mesure que, bien avant la préoccupation de santé publique, le ministère de la Santé est préoccupé par des problèmes de pouvoir et d’étiquette aristocratique. Comment, il faudrait se ranger aux idées de ce va-nu-pied de Raoult que nous méprisons ?

Le ridicule tuera la noblesse d’État

Une fois de plus, ce qui triomphe dans la décision publique, ce n’est ni l’efficacité, ni l’intérêt général, mais l’esprit courtisan et moutonnier des hauts fonctionnaires qui ont peur de prendre des risques et se préoccupent plus de leur appétit de pouvoir que du service aux Français. Car si la prudence préoccupait tant M. Salomon (ce qui pourrait justifier les obstacles qu’il multiplie au recours à la chloroquine), pourquoi n’a-t-il pas, dans cet esprit prudentiellement commandé des masques et des tests ?

En réalité, Salomon et le ministère de la Santé retardent le recours à la chloroquine parce que donner raison à Raoult leur déchire le coeur (pour rester poli). Et s’ils pouvaient prouver que Raoult se trompe, ils en jouiraient de façon incommensurable, tant la haute fonction publique française n’est plus portée aujourd’hui par le souci de trouver des solutions, mais par l’obsession de garder le contrôle de la société.

En ce sens, elle ne diffère guère de la noblesse obsédée par le ridicule sous Louis XVI. Ce ridicule est encore aujourd’hui l’arme favorite des courtisans médiocres qui sèment la terreur dans les couloirs du pouvoir. Et qui en provoqueront la chute brutale.

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