🎖OĂč placer son Ă©pargne pour Ă©viter la prochaine confiscation par l’État ?

OĂč faut-il placer son Ă©pargne pour Ă©viter les mesures autoritaires que l’État sera obligĂ© de prendre dans les mois Ă  venir pour Ă©ponger (trĂšs partiellement) les dĂ©ficits abyssaux qui sont en train de se creuser ? Nous tentons ici de livrer quelques pistes et quelques clĂ©s pour tous ceux qui sont inquiets. 

L’Ă©pargne des Français devrait susciter des appĂ©tits colossaux dans les couloirs de Bercy. On voudrait d’abord vous expliquer pourquoi il est Ă  peu prĂšs inĂ©vitable (en tout cas fortement probable) que l’État “Ă©crĂȘte” votre Ă©pargne avant la fin de l’annĂ©e. Et on voudrait ensuite vous expliquer comment Ă©viter cette perte sĂšche. 

Pourquoi l’État voudra “Ă©crĂȘter” votre Ă©pargne

La rĂ©ponse se fait ici en deux temps qui paraissent relativement Ă©vidents. Le premier est que les dĂ©ficits explosent, et n’ont pas probablement pas fini d’exploser. Les propos de GĂ©rald Darmanin sur ce sujet aujourd’hui ont laissĂ© peu de doutes sur la question. L’annonce d’un dĂ©ficit de la sĂ©curitĂ© sociale Ă  41 milliards participe de ces annonces que nos lecteurs habituels ne dĂ©couvrent pas. Nous annonçons en effet depuis plusieurs semaines des comptes publics bien plus dĂ©gradĂ©s que le gouvernement ne le dit. 

Certains posent la question naĂŻve du “qui va payer ?”. La rĂ©ponse est Ă©vidente : tous les Français, pardi, Ă  travers l’impĂŽt. La seule marge est de savoir sur qui les impĂŽts tomberont en prioritĂ©. 

Des appels Ă  la hausse d’impĂŽts partout en France

En matiĂšre d’imagination fiscale, les Français sont un peuple sans limite. On parle mĂȘme avec insistance de cette suggestion promue par trois Ă©conomistes français d’instaurer un impĂŽt europĂ©en sur la fortune. À quand l’impĂŽt interplanĂ©taire ? On voit bien que “chassez le naturel…”, Bercy ne tardera pas Ă  proposer un bel impĂŽt miracle, qui consistera Ă  cibler les revenus les plus Ă©levĂ©s pour financer les dĂ©penses impulsives de l’État. 

Nous nous permettons de donner ici une clé des raisonnements dominants à Bercy : faite payer tout le monde, sauf les fonctionnaires !

L’argument de la confiscation de l’Ă©pargne servi tout chaud

Si Bercy avait encore des doutes, l’entitĂ© proche de Sciences-Po appelĂ©e OFCE, gardienne de la doctrine sociale-dĂ©mocrate Ă©tatiste, a publiĂ© une note pour les dissiper. RelayĂ©e par le quotidien de Bernard Arnault Les Échos sous le titre : “Les Français « forcĂ©s » d’Ă©pargner 55 milliards d’euros pendant le confinement”, cette note a fourni le mode d’emploi (merci la gauche !). Il suffit de rĂ©cupĂ©rer par l’impĂŽt les 55 milliards que les Français Ă©pargnent de force chaque mois !

Cela s’appelle confisquer l’Ă©pargne. 

Quand l’État confisquera-t-il votre Ă©pargne ?

Pour l’instant, les comptes ne sont pas prĂȘts. Tout le monde sent bien que la crise est loin d’ĂȘtre achevĂ©e et que de mauvaises surprises sont encore Ă  craindre. MĂȘme Ă  Bercy, cela se sait. Il faudra donc attendre la prĂ©paration d’un collectif budgĂ©taire d’Ă©tĂ© (probablement en juillet et aoĂ»t) pour mettre en parallĂšle l’atterrissage 2020 et le budget initial 2021 pour que la vĂ©ritĂ© des chiffres apparaisse. 

On peut donc s’attendre Ă  des opĂ©rations dĂ©sagrĂ©ables en septembre. Autrement dit, il faut que vous ayez calĂ© vos opĂ©rations de mutation de votre Ă©pargne avant la fin aoĂ»t pour Ă©viter de mauvaises surprises. 

Le livret A dans le viseur

Les 55 milliards Ă©pargnĂ©s de force Ă  ce stade devraient logiquement aboutir sur un livret A. D’ailleurs, la collecte de mars 2020 a battu des records. Or cet argent placĂ© au chaud sur un compte d’attente est une somme perdue pour le financement de la reprise. Le bon sens devrait conseiller au gouvernement d’en supprimer toute bonification pour Ă©viter d’avoir Ă  la rĂ©munĂ©rer !

Il est mĂȘme plausible que le gouvernement invente une mesure dĂ©sagrĂ©able pour les livrets dĂ©passant un certain plafond (par exemple 15.000 euros) ou ayant bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un placement important depuis le dĂ©but du confinement. À proscrire donc. 

Attention Ă  l’assurance-vie en euros

Une autre tentation pour Bercy devrait viser les contrats d’assurance-vie dĂ©passant les 100.000 euros, qui pourraient ĂȘtre soumis Ă  l’impĂŽt rĂ©volutionnaire. Sur ce point, rien n’est sĂ»r, mais l’idĂ©e devrait faire son chemin. L’assurance-vie est certes le placement prĂ©fĂ©rĂ© des Français, mais c’est aussi le plus “archipĂ©lisĂ©” : une grande majoritĂ© des avoirs est dĂ©tenue par une infime minoritĂ© de contrats.  

De ce point de vue, il ne serait donc pas compliquĂ© de justifier moralement un “Ă©crĂȘtement” des contrats les plus Ă©levĂ©s. Ce dispositif est aussi prĂ©vu pour les comptes bancaires, qui peuvent ĂȘtre prĂ©levĂ©s au-dessus de 100.000 €. Une opĂ©ration dĂ©jĂ  pratiquĂ©e, en son temps, Ă  Chypre, et qui pourrait se rĂ©vĂ©ler trĂšs tentante pour les contrats d’assurance-vie. 

Cette solution serait d’autant plus praticable en cas de nationalisation des grands assureurs. La contrepartie de cette opĂ©ration passerait par la prĂ©dation de quelques contrats…

Les placements boursiers seront épargnés, mais non solvables

Quand aux placements en “unitĂ©s de compte”, c’est-Ă -dire en actions ou en obligations, les perspectives qui devraient s’ouvrir aux Ă©pargnants sont faibles. La morositĂ© des marchĂ©s devrait durer, et nous prĂ©voyons une situation compliquĂ©e dans les six mois. 

Une alternative : l’or

Dans cet ensemble, l’or et les mĂ©taux prĂ©cieux constituent une valeur sĂ»re. Rien n’exclut d’ailleurs un retour Ă  l’Ă©talon-or, si la zone euro devait souffrir (ce qu’Emmanuel Macron a annoncĂ©). Il faut en revanche rester attentif Ă  l’Ă©volution des cours. 

Et l’immobilier ?

MĂȘme si la profession de l’immobilier fait tout aujourd’hui pour convaincre les vendeurs de ne pas baisser leurs prix, tout indique qu’un krach immobilier se profile et que de belles occasions devraient se prĂ©senter sur le marchĂ©. Assez logiquement, Bercy devrait en profiter pour relever la fiscalitĂ© de ces placements (notamment sur les revenus locatifs et les rĂ©sidences secondaires). Rien n’exclut que les propriĂ©taires ne soient Ă  l’avenir soumis Ă  l’impĂŽt notionnel dont rĂȘvent beaucoup de bercyens. 

D’ici lĂ , la pierre restera une valeur qui se dĂ©valuera moins vite que les placements exposĂ©s aux alĂ©as d’un marchĂ© chaotique. 

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7 commentaires
    1. ça serait un impĂŽt (IRPP) que devraient payer les propriĂ©taires de leur rĂ©sidence principale, un vieux rĂȘve chochialiste (Terra Nova par exemple) reposant sur l’idĂ©e que comme ils sont propriĂ©taires, ils Ă©conomisent le loyer de leur rĂ©sidence principale 🙂 et donc ils imaginent rĂ©intĂ©grer dans leur revenu le “loyer Ă©conomisĂ©”.

        1. Sur le sujet , le bRain storming de bercy est dĂ©jĂ  prĂȘt … depuis 2016.
          Aller sur : https://www.strategie.gouv.fr/publications/resorber-dettes-publiques-zone-euro et tĂ©lĂ©chargez la note d’analyse.
          Page 8/12 – HypothĂšse 2…. et apprĂ©ciez
          J’ai dĂ©jĂ  rĂ©flĂ©chi Ă  deux fois avant d’investir l’immobilier en France.
          Et vous voyez les gilets jaunes défiler pour défendre les propriétaires immobiliers ?

  1. Bonjour
    La, vous expliquez sur quoi l’Ă©tat va ponctionner , sans oublier l argent que vous avez sur vos comptes bancaires Ă  un taux surprise, mais vous n’expliquez pas quoi faire pour Ă©viter ou limiter.

  2. Bonjour Mr Verhaeghe.
    Vous mentionnez des solutions de “dĂ©faisance” dans une chronique du 15/Mai des publications Agora; qui permettraient en toute lĂ©galitĂ© de transfĂ©rer son patrimoine en Allemagne . Supposant qu’il serait dans l’avenir moins taxĂ© en Allemagne qu’en France.
    PrĂ©cisant que ces procĂ©dures Ă©taient compliquĂ©es , te qu’il fallait agir rapidement .
    Pouvez vous SVP nous en dire plus , ainsi qu’expliquer la marche Ă  suivre ?
    Merci

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