Vaccination contre le COVID : le pouvoir tenté de violer la libre disposition de son propre corps

Vaccination contre le COVID : le pouvoir tenté de violer la libre disposition de son propre corps


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Faut-il violer la libre disposition de son propre corps en imposant la vaccination obligatoire contre le COVID-19, au besoin avec des vaccins dont les effets secondaires sont encore mal connus et peu étudiés ? Le Président Macron n'en serait plus à cette nouvelle mesure autoritaire près, au nom de la protection des Français, bien entendu. La France achète en ce moment 150 millions de doses de vaccins qui permettront de vacciner tout le monde. C'est au demeurant la méthode déjà utilisée en Chine. On peut s'interroger sur l'inclination grandissante du pouvoir pour le modèle totalitaire chinois.

Faut-il violer la libre disposition de son propre corps en imposant la vaccination obligatoire contre le COVID-19 ? Le gouvernement semble tenté de sauter le pas. Mais les Français risquent de trouver l’idée assez peu à leur goût. Chronique d’une explosion sociale annoncée.

La vaccination contre le Covid rendue  obligatoire ? On y pense

De façon tout à fait révélatrice, Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, n’a pas hésité à déclarer dans les colonnes du Journal du Dimanche que le gouvernement réfléchissait à rendre la vaccination contre le COVID obligatoire.

"La question se posera quand on ­connaîtra les propriétés des vaccins", explique le porte-parole. "Nous devons intégrer le fait que nous aurons un recul limité."   

Gabriel Attal, porte-parole du Gouvernement

On comprend la logique du raisonnement : si les vaccins qui sortiront se révélaient sûrs, il n’y aurait pas d’obstacle à imposer leur administration à tous les Français. Rappelons pourtant que le droit de refuser de se soigner est reconnu et protégé par la Cour de Cassation.

Malgré ces réserves juridiques fondamentales, le gouvernement a monté une task force depuis plusieurs mois pour faire des achats groupés de vaccins. Quand on sait que Moderna a annoncé que le prix de son vaccin serait fixé entre 25 et 37$, soit une moyenne de 30€ par dose, à raison de deux doses par personne… la dépense pour une vaccination totale des Français se situerait autour de 4 milliards, sans compter le coût des actes.

Dans cette attente, la France s’est déjà portée acquéreuse de 15% des vaccins de l’Union. Les contrats qui seront signés fin novembre avec différents laboratoires, devraient porter sur un volume de 1 milliard à 1,5 milliard, soit de quoi vacciner toute la population de l’Union Européenne.

L’obligation vaccinale est en marche.

20% seulement des Français prêts à se faire vacciner

Compte tenu des incertitudes vis-à-vis des effets secondaires possibles des vaccins, dont nous avons donné une première description la semaine dernière,  les Français se montrent désormais très méfiants Si 60% d’entre eux se déclarent prêts à être vaccinés, 20% seulement sont disposés à être vaccinés immédiatement, selon un sondage BVA.

Cela fait tout de même 80% de Français qui ne sentent pas sereinement le principe de l’injection d’un vaccin Pfizer ou Moderna…

On parie ici sur une explosion sociale au moment où le gouvernement annoncera la très prévisible obligation de se faire vacciner.

Ah… le modèle chinois, c’est tellement mieux

Il est vrai qu’Emmanuel Macron dispose désormais de modèles de gouvernance particulièrement tentants. C’est notamment le cas de la Chine, où il est possible de condamner les manifestants récalcitrants à de la prison ferme. Voilà une disposition qui arrangerait bien sa réélection en 2022. S’agissant du COVID, la Chine s’est d’ores et déjà lancée dans une campagne de vaccination à tour de bras. 1 million de personnes y serait déjà passée. La Chine utilise son propre vaccin contre le virus. Il est actuellement testé au Brésil, où l’expérimentation a été arrêtée après un accident grave.

Mais on imagine déjà que ceux qui, il y a quelques semaines, nous expliquaient qu’il fallait arrêter l’économie pour sauver des vies, nous expliqueront avec le même fanatisme hystérique que la vaccination obligatoire doit avoir lieu, même au prix de quelques vies sacrifiées par des effets secondaires pour le bien de l’humanité.

Vérité un jour, erreur le lendemain.


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