Des acteurs valides peuvent-ils encore interpréter des rôles d’handicapés ?

Des acteurs valides peuvent-ils encore interpréter des rôles d’handicapés ?


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Nouvelle étape dans le délire de la Cancel culture, les anti-validistes contestent la légitimité de faire jouer des rôle de personnes en situation de handicap par des personnes valides. Un collectif se monte à cet effet pour réclamer la fin du "cripping-up". Décidément, on n'arrête pas le délire.

Pop Corn

C’est la question que pose le Collectif Lutte et Handicaps pour l’Égalité et l’Émancipation (CLHEE). Ce collectif français composé d’anti-validistes se dit révolté qu’un acteur valide puisse avoir le droit de jouer le rôle d’un personnage en situation de handicap (“cripping-up“). Selon ces activistes, le handicap n’a pas à être réparé, et peut être un choix libre et éclairé.

Pour Marina Carlos, membre du CLHEE, le fait de confier un rôle d’handicapé à un acteur valide viserait à invisibiliser les personnes en situation de handicap. Par ailleurs, Elena Chamaro, également membre du collectif, affirme que le jeu d’un acteur valide à ce titre est « fréquemment mauvais, grossier et irréaliste et provoquerait souvent le rire des personnes handicapées ».

Les anti-validistes jugent ainsi, que Daniel Day-Lewis (My left foot), Dustin Hoffman (Rain Man), ou Eddie Redmayne (Une Merveilleuse histoire de temps) ont profité de la situation de handicap de leur personnage pour obtenir une distinction et ainsi faire carrière. Une version de l’appropriation culturelle en mode validiste (« personnes qui considèrent le fait d’être valide comme la norme »).

Dans le cadre de l’initiative « Academy Aperture 2025 », l’Académie des Oscars a décidé de nouvelles règles de diversité et d’inclusion dans la catégorie Meilleur Film. Notamment, les productions devront intégrer des personnes en situation de handicap au casting ou dans l’équipe de tournage. “Ça va dans le bon sens, mais ça ne doit pas seulement servir à donner une bonne image de la cérémonie. Pour que ça change profondément, il faut également que les membres du jury reflètent cette diversité“, prévient Marina Carlos.

Pour mettre fin à ce qu’elles jugent comme des offenses aux personnes non valides, ces activistes souhaitent désormais que le “cripping-up“ soit interdit au même titre que le black face (fait pour une personne de couleur blanche de se grimer le visage en noir).

Il ne va pas faire bon être directeur de casting dans les années qui viennent !


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