En Allemagne aussi, l’Etat orchestre la terreur du virus pour régner

En Allemagne aussi, l’Etat orchestre la terreur du virus pour régner


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François Stecher revient pour nous sur la gestion du COVID en Allemagne. Les derniers éléments révélés par la presse outre-Rhin montrent en effet que les grands choix, dans les restrictions aux libertés, ont essentiellement été politiques et n'ont été justifiés scientifiquement qu'a posteriori avec des chercheurs complaisants. Progressivement, s'impose l'idée que le confinement est d'abord une orchestration qui utilise le virus pour faire admettre une mise au pas de la société allemande. On retiendra que des juridictions régionales ont invalidé ces décisions arbitraires.

François Stecher

Consultant français en Allemagne

La semaine qui vient de s’écouler marque peut-être un tournant dans la gestion de la « crise » du coronavirus en Allemagne, et partant en France comme dans tous les États vassaux de Berlin.

Ce lundi 8 février, c’est par un ciel encore serein, toutes choses étant égales par ailleurs, que la première bordée a été tirée sur le ministère fédéral de l’Intérieur, avec cet article de Die Welt – dont le Courrier des Stratèges s’était fait l’écho – dévoilant comment le dit ministère avait mis à contribution différentes institutions scientifiques et médicales. L’article expliquait en substance que l’on avait dûment exprimé le besoin de prévisions catastrophiques afin de justifier des mesures « préventives et répressives ».

C’est le magazine Focus qui a lâché la deuxième bordée avec un article reprenant et complétant les informations révélées par Die Welt en début de semaine : Lockdown: Mails zeigen jetzt, wie es zur Strategie der Regierung kam – FOCUS Online. Cet article, comme les éléments qui suivent le montrent, est bien plus qu’une simple reprise des éléments d’un confrère – ce qui est en soi un élément d’ambiance intéressant.

L’article évoque la surprise de maître Niko Härting (@nhaerting), l’avocat qui, à la tête d’un groupe de juristes, a obtenu de longue lutte copie des échanges entre le ministère et ses « simulateurs », lorsqu’il a constaté que, sur les 200 pages de correspondances, près de la moitié était noircie. Le prétexte invoqué : ces informations relèveraient de la sûreté de l’État et seraient donc classifiées « SECRET ». Une part de l’explication a transpiré malgré les efforts du Robert-Koch-Institut – c’est lui qui a fourni le document, et non le ministère – à masquer l’indicible.

Ainsi, il apparaît que les références à la Chine, dans le document, sont nombreuses : les mots « Chine » et « chinois » ont été noircis – imparfaitement – pas moins d’une centaine de fois. Ce fait laisse apparaître clairement le parti pris des rédacteurs en faveur d’une approche « à la chinoise » dans le traitement de l’épidémie, et témoigne une fois encore de la dérive « sinophile » de nos sociétés. Härting note également que les éléments concernant « l’endiguement par une campagne d’explication et de mobilisation » ont été également soigneusement noircis.

A propos de la chine, justement, l’article de Focus pointe le fait que l’on trouve parmi les « chercheurs » ayant travaillé avec le ministère un certain Otto Kölbl, linguiste et doctorant à l’université de … Lausanne, qui se présente lui-même fièrement sur sa page internet comme « membre de la Task Force COVID-19 du ministère de l’Intérieur allemand » – Focus note plaisamment : pourquoi aller chercher un doctorant en Suisse ? L’Allemagne manque-t-elle à ce point de spécialistes ? – ou encore Maximilian Mayer, de l’université de Bonn, spécialiste de l’Asie, tous les deux admirateurs déclarés de la République Populaire.

Mais Focus va encore plus loin, évoquant le peu d’attention – doux euphémisme – accordée à l’exemple suédois, qui présente à la fin des résultats ni pires ni meilleurs que ceux de l’Allemagne, sans que les Suédois eux-mêmes n’aient eu à subir les affres du confinement et les restrictions de libertés à la mode pékinoise.

Il aggrave encore son cas, en exposant ce fait majeur que l’objectif d’éviter la saturation du système hospitalier, qui constituait l’unique argument audible de la politique du gouvernement fédéral, a peu ou prou disparu, remplacé par un objectif purement comptable et décorrélé de la réalité de la maladie, celui du taux d’incidence, que l’on pourra piloter au gré de sa fantaisie – hier 50/100.000, aujourd’hui 35/100.000, demain 10/100.000 peut-être 5/100.000, nul ne sait … Ainsi, par un tour de passe-passe, Merkel et ses affidés tentent de substituer un critère manipulable à l’envi à un élément tangible – ou à tout le moins plus aisément vérifiable, et dans tous les cas en lien direct avec la maladie.

Focus s’interroge également sur la manière dont les dommages collatéraux de la gestion « à la chinoise » sont suivis et évalués. Un fonctionnaire du ministère de l’Intérieur – qui a tenu à rester anonyme – déclare au journal son incompréhension sur le comportement de sa boutique en ces termes : « pour n’importe quelle grande opération, vous devez établir un plan de gestion des risques, et pour chaque éventualité prendre des dispositions préventives. Pour le Corona, au contraire, nous sommes pratiquement aveugles en ce qui concerne les complications et les dommages collatéraux. »

Focus s’interroge également sur les aspects légaux. Maître Härting lui répond : « il n’existe pas de ‘super droit fondamental à la santé’ qui viendrait suspendre tous les autres droits fondamentaux, par exemple le droit de propriété, de choix libre de la profession, à la liberté d’agir et de se déplacer ou encore de se former ». Stefan Leupertz, ancien juge à la cour de justice fédéral, qui a participé avec Härting à l’analyse de la correspondance renchérit : « la situation devient dangereuse lorsque l’État commence à organiser, grâce à des experts qui ne sont de fait plus indépendants, la génération d’informations et leur interprétation. C’est exactement ce qui s’est passé ici. Le ministère de l’Intérieur fédéral a clairement essayé de mettre en place, et il y est parvenu, un ‘kartell d’information et d’opinion’ permettant aux décideurs politiques, en situation difficile, d’obtenir par une politique de la peur des compétences décisionnelles, y compris en l’absence de justification résistant à une analyse factuelle ».

Cette reprise de volée n’est pas bon signe pour le gouvernement fédéral – et est donc porteuse d’espoir. Elle a eu lieu deux jours après que le groupe de presse Hubert Burda – celui-là même auquel Focus appartient, a gagné le procès intenté au ministère fédéral de la Santé de Jens Spahn. Ce dernier avait passé un accord avec Google, afin que le moteur de recherche, sur toute requête dans le domaine de la santé exprimée dans l’espace germanophone, fasse apparaître en premier les réponses du ministère ou de ses annexes – particulièrement intéressant pour combattre les déviants et autres Querdenker. Il se trouve que le groupe Burda a lui-même ses pages internet « Santé », et qu’il y a vu une atteinte à la liberté de la presse et à la libre concurrence – les juges lui ont donné raison.

Heurs et malheurs d’Angela Merkel

La chancelière a visiblement été soumise à une opposition assez forte, mercredi, lors de la réunion de crise COVID rassemblant autour d’elle et des ministres concernés les ministres-présidents des Länder, et a dû céder sur l’école, qui va rouvrir plus tôt qu’elle ne le souhaitait. Intéressant et révélateur de la lâcheté du canard, Kretschmann, le très médiatique et apprécié ministre-président écolo-catho (le genre qui plaît au gros bourgeois badois) du Baden-Württemberg, le lui a reproché, avant de se résoudre lui-même à ouvrir progressivement ses écoles …

Le tribunal de Mannheim a cassé le couvre-feu en Baden-Württemberg, suite à une plainte déposée par une simple habitante – la presse française, notamment Le Point, s’en est faite l’écho. Ce que voyant, Söder a décidé en Bavière de réduire le sien – avant de vraisemblablement remballer tout cela assez rapidement : le virus circulait chez lui de 21h00 à 06h00, il se limitera à 22h00-05h00.

La prochaine offensive devrait venir – enfin – des commerçants, en particulier des enseignes de soin à la personne, esthéticiennes, manucures, etc. Merkel s’est prise les pieds dans le tapis en autorisant par exception à la règle la réouverture des salons de coiffures – lesquels sont pour une bonne moitié passés du côté obscur, et opèrent désormais au noir. Il y a indiscutablement inégalité de traitements, les avocats vont s’en donner à cœur joie.

De nombreux journaux de la presse Mainstream, ont, ces derniers jours, durci le ton contre la chancelière et son gouvernement : à coté de Die Welt et Focus, déjà cités, la Süddeutsche Zeitung, la Frankfurter Allgemeine Zeitung mais aussi des chaînes de télévision comme Phoenix. Face aux déclarations de plus en plus grotesques des hommes de main de Merkel – Wieler, patron du RKI, laisse entendre qu’il songe à considérer une sorte de « panel », dans lequel on pourrait faire figurer, à côté du corona, d’autres virus et mesurer une incidence globale ; Kretschmer, ministre-président de Saxe, qui vient de déclarer qu’il ne saurait y avoir de vacances de Pâques en Allemagne cette année – et l’arbitraire qui se révèle désormais dans son absurdité la plus crue, des voix s’élèvent encore isolées, mais de plus en plus fortes, transcendant les partis politiques.

L’acquiescement de la population allemande aux mesures de restrictions « COVID » est en réalité en train de dévisser. Parti de très haut – plus des trois-quarts Allemands approuvaient la gestion de crise du gouvernement à l’automne, il conserve encore un avantage relatif – les opposants sont à 42%, mais tous sont sous les 50% – mais la dynamique n’est pas bonne. Markus Söder (CSU), ministre-président de Bavière et prétendant à la chancellerie, soutien servilement indéfectible d’Angela, a perdu entre 20 et 30% de soutien sur ses terres depuis son plus haut de la « 1ère vague ».

Inexplicablement, on est sans nouvelle, depuis plusieurs jours, du professeur Christian Drosten, virologue de la Charité, à Berlin, principal conseiller de Merkel, instillateur de terreur, celui-là même que poursuit l’avocat Reiner Füllmich (Rechtsanwaltskanzlei Dr. Fuellmich, corona-schadensersatzklage.de – Rechtsanwalt Marcel Templin (corona-schadensersatzklage.de)). Le carême 2021 va être passionnant.


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