Trump II: le président en « fou du roi » pour faire oublier que le peuple-roi américain est nu?

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WASHINGTON – L’idée m’est venue lors du bombardement sur l’Iran: Donald Trump fait de la « bouffonnerie » une arme politique pour son second mandat. Rappelons-nous: le président américain fait un jour, un bombardement démonstratif de l’Iran, en expliquant, ou presque, qu’il s’agit de la plus grande opération militaire de tous les temps! Quarante-huit heures plus tard, il avait imposé un cessez-le-feu à Israël. La rhétorique boursouflée d’après-bombardement avait quelque chose d’emphatique, de grotesque, d’exagéré: elle était destinée à semer le doute, pour que suffisamment d’Américains croient à la réalité d’une opération qui n’était en fait qu’un écran de fumée, avant l’imposition d’un arrêt des combats. Et quand on parle des Américains: il s’agissait surtout des réseaux dirigeants. Depuis que j’échange, ici, à Washington, avec des Américains de divers bords politiques, je constate que mes interlocuteurs ne savent plus comment formuler le « récit américain », le constat régulier d’autosatisfaction sur la « nation exceptionnelle ». Le problème auquel est confronté Donald Trump, c’est la difficulté à offrir un récit de substitution dans une nation en crise au milieu d’un monde de plus en plus ouvertement anti-américain. Le risque est grand que quelqu’un crie que le roi américain est nu. Alors le président 45/47 joue souvent le rôle d’un fou du roi, qui se charge de faire diversion…

(Photo by Brendan Smialowski / AFP)
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