Covid-19 : les patients admis en réanimation sont-ils de plus en plus jeunes ou servent-ils la propagande de l’AP-HP ?

Covid-19 : les patients admis en réanimation sont-ils de plus en plus jeunes ou servent-ils la propagande de l’AP-HP ?


Partager cet article

Les patients hospitalisés en réanimation pour une forme grave de Coronavirus seraient de plus en plus jeunes. C'est en effet, ce qu'a affirmé plusieurs médecins, invités de la presse mainstream, ces derniers jours, dont le Pr Karine Lacombe, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Saint-Antoine à Paris. Le Pr Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond-Poincaré à Garches (Hauts-de-Seine), affirme même que la moyenne d'âge de ces patients a baissé de près de 10 ans ces deux derniers mois dans son service. Encore une fois la communication gouvernementale lâche une affirmation approximative qui semble n’être qu’une impression collective. Le président Macron a, depuis un an, confié les rênes de la gestion de la crise sanitaire au Conseil scientifique. Les réactions, ces derniers jours de plusieurs médecins hospitaliers, amènent à s’interroger notamment sur la place de l’AP-HP dans le dispositif.

UNE “IMPRESSION COLLECTIVE“

Le Pr Nicolas de Prost, médecin réanimateur au CHU de Créteil, semble confirmer cette tendance : “Depuis deux semaines, nous sommes frappés par l’afflux de patients jeunes, de 30 à 40 ans, et cette impression est ressentie par l’ensemble des collègues réanimateurs avec lesquels j’ai pu échanger“.  Le Pr Jean Reignier, chef du service de médecine réanimation au CHU de Nantes confirme et déclare voir désormais arriver davantage de patients plus jeunes, âgés entre 30 et 40 ans. Mais celui-ci reconnait qu’il ne s’agit que d’une “impression collective“ et qu’il ne dispose pas de “données chiffrées fiables“. D’ailleurs, pour le Pr Jean-Yves Lefrant, anesthésiste-réanimateur au CHU de Nîmes, il faut rester prudent et attendre entre 4 et 6 semaines pour avoir des données fiables. [sources : Le Figaro]

Dans son point épidémiologique du 25 mars, Santé publique France (SPF) note que « depuis janvier 2021, un léger rajeunissement de la population admise en réanimation est observé ». « Il y a un petit glissement sur la moyenne d’âge. Il n’est pas majeur, mais il est net », commente pour France Info Pierre-François Dequin, chef du service de réanimation du CHU de Tours, qui tempère : « La majorité des patients est quand même d’un âge moyen. »

DES PATIENTS PLUS JEUNES PAR RAPPORT A QUI, PAR RAPPORT A QUOI?

Distribution des personnes infectées par le COVID-19 et admises en réanimation en France le 16 mars 2021, selon la tranche d’âge

Au CHU de Nîmes, l’âge moyen des patients admis en réanimation est passé de 65 ans lors de la première vague à 63 ans actuellement. A l’hôpital Nord de Marseille, l’âge moyen des patients a diminué de quatre ans en quelques mois, de 66 à 62 ans.

Le service de communication de l’Assistance publique des Hôpitaux de Paris (AP-HP) – cité par Le Mondeprécise que l’âge médian de “ces patients en 2020 était de 65 ans, contre 63 ans actuellement“ ; lAgence de Santé d’Île-de-France indique que l’âge moyen en réanimation dans cette région était de 67 ans en novembre dernier, pour descendre à 65 ans depuis fin février.

Si le nombre de malades de la Covid en réanimation ne cesse d’augmenter depuis le début du mois de janvier, et ce pour toutes les tranches d’âge – sauf les plus de 80 ans, comme toujours depuis le début de l’épidémie, les plus de 65 ans représentent la majorité des patients en réanimation (actuellement 60%, d’après Santé publique France). D’ailleurs, selon les données officielles du site data.gouv.fr les moins de 60 ans sont actuellement moins représentés dans les services de réanimation qu’ils ne l’étaient lors du pic de la première vague au printemps 2020 (28% contre 35%).

L’AP-HP EST-ELLE UN ETAT DANS L’ETAT SCIENTIFIQUE MACRONIEN ?

On peut s’étonner chaque jour, de l’importance prise, particulièrement en Ile-de-France par les médecins de l’AP-HP. On s’étonne encore plus de la prise en compte de cette parole par l’exécutif qui recrache ces paroles quasiment mots pour mots (en l’espèce chiffres pour chiffres).

D’abord jeudi soir par Olivier Véran. Le ministre de la Santé, après avoir indiqué que ses services avaient constaté un “certain rajeunissement des malades admis en réanimation“, explique par la vaccination des plus âgés ce phénomène ! Bref, merci M. Véran pour cette belle campagne de vaccination… Par construction, plus les personnes âgées seront vaccinées, moins elles fréquenteront les réanimations et plus la part des jeunes non protégés augmentera.

La réponse à cette question est donnée dans un appel de 41 médecins-chefs de service parisien qui ont décidé de mettre la pression sur l’exécutif face à l’augmentation du nombre de personnes admises en réanimation. Dans nos colonnes, Eric Verhaeghe constate qu’on “voit mal comment le gouvernement pourrait endosser la responsabilité d’une situation où les malades sont ‘triés’ dans les hôpitaux“. Face à l’inquiétude légitime des médecins, il faut se demander comment la direction de l’administration e l’AP-HP, avec ses 29 hôpitaux publics, ne peut proposer une alternative au confinement!

Effectivement, le rapport de la chambre régionale des comptes, pointe la question de la gestion de la situation financière par une administration pléthorique.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Cadeau loyauté : notre dossier sur le krach (et faut-il avoir peur de la baisse récente de l'or ?), Vincent Clairmont

Cadeau loyauté : notre dossier sur le krach (et faut-il avoir peur de la baisse récente de l'or ?), Vincent Clairmont

Nous poursuivons nos cadeaux "loyauté des lecteurs" en vous proposant aujourd'hui gratuitement notre dossier sur "survivre à un krach financier", qui tombe à point nommé après la chute brutale de l'or et de l'argent. Nous en profitons pour répondre à la question : faut-il avoir peur de la baisse récente de l'or ? La situation actuelle des marchés financiers, et plus particulièrement celle des métaux précieux en ce début février 2026, est marquée par une volatilité extrême, qui peut effrayer cer


Rédaction

Rédaction

Château de Nieuil : quand l’État saisit avant de juger

Château de Nieuil : quand l’État saisit avant de juger

La cour d’appel de Paris confirme la saisie du château de Nieuil dans l’enquête visant Optical Center. Laurent Lévy, PDG d’Optical Center, soupçonné de fraude fiscale et de blanchiment à hauteur de 275 millions d’euros, l’homme d’affaires voit ses actifs gelés. Parmi eux, le joyau charentais : le château de Nieuil. Leader de l’optique et de l’audition en France, Optical Center est actuellement au cœur d’une enquête pour fraude fiscale. La Cour d’appel de Paris a confirmé le 22 janvier la saisie


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Les mutuelles naufragent les députés et le gouvernement sur le mur de la réalité

Les mutuelles naufragent les députés et le gouvernement sur le mur de la réalité

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a interdit aux mutuelles d'augmenter leurs tarifs... tout en leur imposant une taxe nouvelle d'1 milliard€. Cette mesure aberrante se fondait sur l'idée que les mutuelles s'enrichissent trop ! Mais, manifestement, ce projet a du plomb dans l'aile, et tout indique que la mesure devrait être abandonnée, quoiqu'inscrite dans la loi. C’est une scène de théâtre d’ombres comme la Macronie finissante sait nous en offrir. Ce 30 janvier 2026, le


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Quand une mairie de gauche est incapable de protéger les enfants qu'elle prend en charge

Quand une mairie de gauche est incapable de protéger les enfants qu'elle prend en charge

L'émission "Cash Investigation" diffusée le 29 janvier sur France 2 a révélé des dysfonctionnements graves dans le périscolaire à Paris. Des témoignages accablent sur des comportements inappropriés d'animateurs, mais ignorés par la municipalité. Alors que plus de cinq millions d’enfants sont accueillis chaque jour dans le périscolaire. L'enquête dénonce les conditions de travail précaires pour les animateurs : bas salaires, temps partiels imposés... Cette affaire met en lumière l'incapacité d'un


Rédaction

Rédaction