Vaccin Johnson & Johnson : ce que dit vraiment l’avis de l’EMA


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L’EMA (agence européenne du médicament) a rendu son verdict hier sur l’utilisation du vaccin Johnson & Johnson dans l’Union Européenne. Et cet avis mérite d’être lu attentivement, puisqu’il reconnaît un risque de thrombose , particulièrement chez les femmes de moins de 60 ans. L’EMA précise que les mêmes risques existent pour le vaccin AstraZeneca. L’Agence considère ces risques comme « très rares ». Elle donne des conseils pour identifier la survenue du risque en cas d’injection.

Très attendue, la décision de l’EMA (Agence Européenne du Médicament) sur le vaccin Johnson & Johnson est tombée hier. Elle mérite d’être lue attentivement, car elle nuance fortement les avis simplistes qui sont donnés sur ce sujet. Elle tranche en même temps la question du vaccin AstraZeneca, logé à la même enseigne.

L’EMA reconnaît un lien entre vaccin et thrombose

Sur le fond, l’EMA reconnaît sans ambage le lien entre des cas de thrombose et l’injection du vaccin.

PRAC noted that the blood clots occurred mostly at unusual sites such as in veins in the brain (cerebral venous sinus thrombosis, CVST) and the abdomen (splanchnic vein thrombosis) and in arteries, together with low levels of blood platelets and sometimes bleeding. The cases reviewed were very similar to the cases that occurred with the COVID-19 vaccine developed by AstraZeneca, Vaxzevria.

(Le PRAC a noté que les caillots sanguins se produisaient principalement à des sites inhabituels tels que dans les veines du cerveau (thrombose du sinus veineux cérébral, CVST) et de l’abdomen (thrombose veineuse splanchnique) et dans les artères, ainsi que de faibles taux de plaquettes sanguines et parfois des saignements. Les cas examinés étaient très similaires aux cas survenus avec le vaccin COVID-19 développé par AstraZeneca, Vaxzevria.)

Le PRAC est le comité de pharmacovigilance de l’EMA. Il tranche techniquement les questions. On notera que, à ce stade, 8 cas sur 7 millions d’injections se sont présentés aux Etats-Unis, ce qui est un risque infinitésimal.

Le PRAC note que ce risque concerne essentiellement des femmes de moins de 60 ans, et surviennent trois semaines après la vaccination.

Comment identifier l’imminence d’une thrombose ?

L’EMA a par ailleurs précisé les symptômes qui doivent inquiéter en cas de réaction à l’injection.

Les personnes doivent consulter d’urgence un médecin si elles présentent l’un des symptômes suivants dans les trois semaines suivant la vaccination avec le vaccin COVID-19 Janssen:
– Essoufflement
– Douleur thoracique
– Gonflement des jambes
– Douleur abdominale (ventre) persistante
– Symptômes neurologiques, tels que maux de tête sévères et persistants ou vision trouble
– Pétéchies au-delà du site d’injection.

Il semblerait que ces symptômes soient favorisés chez les personnes qui ont un déficit de plaquettes.

Johnson & Johnson, soutien de campagne pour Biden

Cet avis de l’EMA a le mérite d’être moins « délayé » que celui rendu sur le vaccin AstraZeneca, dont le PRAC reconnaît qu’il pose les mêmes problèmes d’effets secondaires. Si l’Europe a besoin du vaccin Johnson & Johnson pour accélérer ses campagnes de vaccination, on notera qu’elle ménage moins le groupe américain que le groupe français (qu’elle menace de ne plus utiliser comme fournisseur, par ailleurs).

Nous avons déjà signalé que le président de Johnson & Johnson a fait partie de l’équipe resserrée de « conseillers » de Biden pendant la campagne électorale, comme Bernard Arnault lui-même, et que Biden ne s’est pas montré ingrat avec ce soutien en lui commandant 200 millions de doses de son vaccin.


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