Le débat s’envenime autour de l’avertissement lancé par l’armée à Macron

Le débat s’envenime autour de l’avertissement lancé par l’armée à Macron


Partager cet article

L’armée a lancé un sombre avertissement à Emmanuel Macron mercredi dernier, avec la publication dans Valeurs Actuelles d’une tribune incendiaire dénonçant le délitement du pays et appelant sans trop de formalités à un coup d’Etat militaire. Ce texte signifiant a suscité peu de réactions officielles et nourri peu de relais dans la presse subventionnée. Mais la discussion semble progressivement prendre forme.

Il est très rare que l’armée s’exprime « politiquement » en France, ce qui lui vaut le nom de « Grande Muette ». Le silence assourdissant qui a entouré la publication d’une tribune de hauts gradés dans Valeurs Actuelles la semaine dernière est donc d’autant plus surprenant. On peut se demander dans quelle mesure cette tribune n’est pas un avertissement à Emmanuel Macron en bonne et due forme.

L’armée prône un coup d’Etat

Les hauts gradés signataires de ce texte, initialement paru sur le site Place Armes, n’y sont pas allés par quatre chemins. Après avoir dénoncé les différents délitements de notre pays, ils appellent à une réponse politique forte. Avec cet avertissement :

Par contre, si rien n’est entrepris, le laxisme continuera à se répandre inexorablement dans la société, provoquant au final une explosion et l’intervention de nos camarades d’active dans une mission périlleuse de protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national.

La menace est donc explicite. On notera avec étonnement que la réponse essentielle de l’exécutif a consisté à sortir un nouveau texte anti-terroriste en urgence.

Marine Le Pen tente le ralliement

Dès vendredi dernier, Valeurs Actuelles publiait une lettre de Marine Le Pen proposant aux « vingt généraux » signataires de se rallier à elle. La présidente du Rassemblement National s’est présentée comme l’incarnation d’un projet contraire au délitement du pays.

Les signataires ont réagi sèchement à l’appel du pied de Marine Le Pen, toujours sur le site Place Armes :

Il est pour le moins maladroit d’effectuer une opération de « racolage » pour des objectifs électoraux. Elle aurait pu simplement se dire en phase avec nos préoccupations. De plus, qu’elle se rassure, nous n’en resterons pas à de simples exhortations. Notre combat commence à peine, nous ne lâcherons rien tant que nous n’aurons pas atteint notre but : sauver notre pays de la destruction.

Manifestement, c’est pas gagné, la récupération, pour Marine Le Pen.

Florence Parly réagit par le mépris

Pour l’instant, seule au gouvernement Florence Parly, ministre des Armées, a pris soin de réagir à ce texte incendiaire. Elle a dénoncé une « politisation irresponsable » de l’armée, mais nul n’a compris si cette réaction visait la tribune elle-même, ou l’appel de Marine Le Pen. Pour le reste, c’est un silence radio qui en dit long sur l’enfermement de l’équipe Macron dans une bulle déconnectée de la réalité.

On peut en effet penser que l’équipe au pouvoir consacre beaucoup de temps à la gestion du COVID, mais beaucoup moins aux questions régaliennes. De là à penser que la réalité du pays échappe désormais à Jean Castex et à sa fine équipe…


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

Cinq femmes ont assigné jeudi l’État français devant le tribunal administratif, accusant le ministère de la Culture d’inaction face aux agissements de Christian Nègre, ancien DRH, mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes afin de les contraindre à uriner en sa présence. Leurs avocates réclament 90 000 à 180 000 euros d’indemnisation chacune. La rapporteure publique a recommandé une somme bien moindre autour de 10 000 euros par victime en qualifiant les faits de « faute personnelle » san


Rédaction

Rédaction

Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Pétrole: la Guyane sacrifiée sur l’autel de l’écologie

Le rejet en commission de la proposition de loi autorisant l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer provoque une rupture entre les députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane et la gauche française. Les deux élus dénoncent une « bien-pensance » idéologique qui, selon eux, condamne la Guyane à la dépendance économique alors que ses voisins profitent pleinement du boom pétrolier régional. Les deux députés guyanais Jean-Victor Castor et Davy Rimane (GDR) ont officialis


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

Détournement de fonds : un élu macroniste rattrapé par la justice

Condamné à deux ans de prison avec sursis, 75.000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, l’ancien député LREM Jean-Jacques Bridey rejoint la longue liste des élus sanctionnés pour détournement de fonds publics. Le motif : 230 000 euros de fonds publics détournés au fil de mandats cumulés. L’affaire illustre une nouvelle fois les dérives d’un système où le contrôle intervient souvent bien après les faits. Jean-Jacques Bridey, ancien pilier LREM et premier soutien d’Emmanuel Macron en 2016,


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocats

L'humeur de Veerle Daens : 38.000€ pour un lynx alsacien et ses 8 avocats

Compagnons d'absurdistan, retenez bien la jurisprudence du 20 mai : à Strasbourg, une retraitée de soixante-deux ans qui a défendu sa poule contre un lynx a écopé de trois mois de prison avec sursis et de plus de 34 000 euros de dommages et intérêts. La poule n'avait que sa propriétaire. Le lynx avait huit avocats. Reprenons la scène, car elle sort tout droit d'un tableau de chez nous — Brueghel aurait payé pour la peindre. Octobre 2024, Niederbronn-les-Bains, un enclos à poules dans le Bas-


CDS

CDS