Covid-19, le «pass sanitaire» Macron : une atteinte aux libertés

Covid-19, le «pass sanitaire» Macron : une atteinte aux libertés


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Emmanuel Macron souhaite la mise en place d’un «pass sanitaire». La question du «pass sanitaire» avait déjà, par le passé, agité l’Assemblée nationale et le projet semblait, encore, début avril sur une voie de garage. Jusqu’à ce que le président de la République le ressuscite ce jeudi. Le certificat sanitaire pourrait être disponible d'ici la fin du mois de juin dans toute l'Union européenne. En France dès le 9 juin.

1.Un changement de doctrine

Cet hiver, il n’en était pas question. Un pass vaccinal ? De nombreux responsables politiques en rejetaient l’idée, redoutant que ce document ne fracture la société, entre les bienheureux vaccinés et les autres. Changement d’approche radical depuis quelques semaines. La vaccination est devenue massive : le risque d’inégalité selon qu’on ait accès aux vaccins ou pas va s’amenuiser. Et quelques exemples étrangers, Israël, Danemark, ont montré l’utilité de ce pass pour accélérer la levée des restrictions sanitaires.

2.Le «en même temps» macronien

Devant la presse quotidienne régionale, jeudi 29 avril, le président de la République Emmanuel Macron assure que «le pass sanitaire ne sera jamais un droit d’accès qui différencie les Français». Mais il indique, en même temps, vouloir l’instaurer pour certains endroits : «Dans des lieux où se brassent les foules, comme les stades, festivals, foires ou expositions, il serait absurde de ne pas l’utiliser.» Par contre, le chef de l’État ne l’envisage en aucun cas «pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis».

Le «pass sanitaire», à ne pas confondre avec le passeport vaccinal qui permettra aux Européens de voyager cet été, s’appuie sur l’application TousAntiCovid. «Ce pass, qui sera papier ou numérique, via l’application TousAntiCovid, permettra de montrer qu’on est vacciné ou testé négatif dans les deux jours qui précèdent», a détaillé Emmanuel Macron.

3.Le «pass sanitaire» : une crécelle des lépreux inversée

Imaginons qu’à la place d’un «pass sanitaire», on demande aux personnes non vaccinées d’agiter une crécelle pour s’annoncer ? On crierait aux violations des droits fondamentaux, et on aurait raison ! Dès lors que la vaccination avance (à grand pas selon le gouvernement) et où l’on s’approche des 100% de vaccinés d’ici la fin de l’été, on ne voit pas bien l’intérêt d’un tel outil.

Ne s’agit-il pas plutôt d’une nouvelle tentation liberticide du président Macron ? Une liberté ne se négocie pas, ne s’organise pas ! Après le confinement (libertés surveillées), la «pass sanitaire» nous ferait entrer dans un monde de liberté conditionnelle. Pour reprendre une image tirée du droit cil, le pouvoir veut, après nous avoir mis en curatelle, nous mettre sous tutelle.

Si l’on en croit le calendrier dévoilé ce jeudi 29 avril, le « pass sanitaire » entrera en vigueur à partir du 9 juin. Son usage sera étendu le 30 juin, notamment avec la perspective d’une levée des limites de jauge. Les grandes lignes et l’utilisation de ce passeport sont encore à définir. D’ici là, le Parlement va se saisir de la question. Les débats ne manqueront pas. Les polémiques non plus…


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