Comment une cyber-attaque rendrait incontournable un Great Reset monétaire

Comment une cyber-attaque rendrait incontournable un Great Reset monétaire


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Le scénario d’une cyber-attaque qui paralyserait l’économie mondiale prend corps de façon grandissante. La paralysie ce week-end du pipeline qui approvisionne en pétrole la moitié de la côte est des États-Unis l’a montré. Mais quelles pourraient être les parades monétaires ou financières possibles à un cataclysme du même type qui toucherait la finance ? Cette question est au coeur des réflexions sur la mise en place des monnaies numériques…. qui pourraient brutalement voir leur mise en place accélérée. J’aborde cette question avec Piero San Giorgio.

Quelle pourrait être la riposte à une cyber-attaque qui paralyserait les places financières mondiales ? Cette question obsède les autorités monétaires aujourd’hui, même si la presse subventionnée l’occulte obstinément en France. Elle est aussi au coeur des travaux du Forum de Davos.

Cyber-attaque, Cyberpolygon et Great Reset

On le sait, le Forum de Davos, après avoir passé une année à évoquer le Great Reset, concentre cet été ses efforts et ses attentions sur la simulation d’une cyber-attaque mondiale qui paralyserait les institutions financières. L’hypothèse est loin d’être « folklorique » puisqu’elle est évoquée de façon récurrente par ces institutions, et présentée comme le seul risque majeur pour le système financier par la Réserve Fédérale elle-même.

Au fond, alors même que beaucoup soupçonnent la bourse d’être en pleine bulle spéculative, c’est plutôt le risque d’attaque majeure par des pirates, par exemple chinois, qui occupe les esprits. La préparation d’une riposte à ce genre d’attaques n’est donc pas dénuée de tout bon sens.

D’où les exercices dits Cyberpolygon de Davos, qui préparent cette riposte. Ils cherchent à contenir le risque d’une débâcle finale en cas d’attaque victorieuse. Cette attaque, nous l’avons déjà évoqué, pourrait prendre plusieurs formes : soit elle bloquerait les systèmes de paiement, soit elle les « débloquerait » et permettrait de piller les banques sans que les banques ne puissent réagir.

Une déstabilisation financière par la Chine ?

Politiquement, plusieurs puissances pourraient avoir intérêt à bloquer le système financier mondial, même si ce genre de jeu n’est jamais à somme nulle. Mais si l’on admet l’hypothèse que les crises mondiales renforcent la Chine au détriment des États-Unis, et si l’on admet l’hypothèse que la Chine est bien engagée dans une course à l’écrasement des États-Unis, alors l’hypothèse d’une cyber-attaque chinoise qui paralyserait Wall Street n’est pas absurde.

On comprend bien par quelle faille elle pourrait s’engouffrer : celle de la décentralisation actuelle des systèmes de paiement, qui sont tous interdépendants mais présentent chacun leur faille et leur exposition au risque d’une attaque massive.

Intellectuellement, on comprend donc quelle peut être la teneur de la riposte : il faut recentraliser les systèmes informatiques bancaires pour les sanctuariser. De cette façon, les systèmes de paiement pourraient être verrouillés dans un sorte de forteresse monétaire beaucoup plus difficilement prenable que le chapelet de fortins actuellement dressés contre les attaques.

La riposte par les monnaies digitales

On comprend, sous ce prisme, l’importance stratégique de ce qu’on appelle faussement les monnaies numériques ou digitales (euro numérique, dollar numérique, yuan numérique) et qui sont en réalité la confiscation des mouvements monétaires par les banques centrales. Pour éviter la pagaille d’une bataille locale perdue face aux pirates, les banques centrales se proposent de supprimer le cash et les mouvements émiettés entre banques pour constituer une sorte de grand livre des opérations monétaires.

Concrètement, l’euro numérique, par exemple, sera suivi de A à Z par un big data niché dans les serveurs de la Banque Centrale Européenne, et aucun compte bancaire n’échappera à ce contrôle. Les banques ne seront, plus en réalité, que des succursales d’une seule institution publique appelée banque centrale. Facialement, la concurrence continuera à jouer. Facialement, nous continuerons à ouvrir un compte dans une banque, mais l’argent que nous y placerons sera une sorte de « jeton » numéroté que la banque centrale pourra désactiver quand elle le souhaitera.

On connaît déjà tous les motifs de désactivation, ce sont ceux des systèmes totalitaires ordinaires : lutte contre la criminalité, le terrorisme, et autres prétextes invoqués pour, tôt ou tard, faire taire les opposants. Christine Lagarde les a déjà annoncés, énoncés et justifiés.

La croyance naïve selon laquelle la réponse à une faiblesse consiste à toujours plus centraliser le pouvoir est au coeur même de la logique de Davos. On n’y peut pas grand chose. Elle donnera l’occasion d’une très belle confiscation du pouvoir si elle se réalise, dans l’indifférence générale ou presque des populations.

Précisons que la BCE a reçu 8.000 réponses à sa consultation sur l’euro numérique, ce qui est un record historique. Et que très majoritairement, les participants ont insisté sur leur crainte de voir leur vie privée anéantie par la monnaie numérique. Les termes du débat sont d’ores et déjà posés.


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