Et si Israël perdait la guerre qui commence ?

Et si Israël perdait la guerre qui commence ?


Partager cet article

Israël a mis le feu aux poudres sur son propre sol en lançant une politique d’expulsion systématique des Palestiniens vivant dans le quartier de Sheikh Jarrah, proche de la vieille ville de Jérusalem. La réaction palestinienne est d’une vivacité inattendue et risque de mettre le système de défense anti-aérien en difficulté. Plus de 3.000 roquettes seraient parties de Gaza vers le territoire israélien, et tout particulièrement vers Tel-Aviv. En retour, les frappes aériennes contre Gaza (2 millions de personnes entassées près de la côte) auraient tué près de 200 personnes, dont de nombreux enfants. Ce maintien d’Israël par les forces armées pourra-t-il durer éternellement ?

Pengunjung di sebuah pantai Tel Aviv yang sedang leka berjemur dan berhibur bertempiaran lari akibat panik selepas siren amaran dibunyikan tadi. pic.twitter.com/0oWoJCTtCp

— Ikhwan #FreePalestine???????? (@JatIkhwan) May 15, 2021

Alors que les Israéliens pensaient avoir réglé le problème palestinien, notamment par une politique d’alliance avec ses voisins arabes, le voilà qui ressurgit à l’occasion des expulsions de Palestiniens prévues à Jérusalem Est, dans le quartier de Sheikh Jarrah.

Les expulsions de Palestiniens mettent le feu aux poudres

Le quartier de Sheikh Jarrah se trouve historiquement en territoire palestinien, sous administration israélienne depuis 1980, mais relevant des territoires attribués aux Palestiniens par l’ONU.

Début mai, les Palestiniens s’y sont soulevés contre le projet d’expulsions préparé par le gouvernement Netanyahou. Une première vague d’expulsions y avait eu lieu au début des années 2010 et avait déjà provoqué des réactions palestiniennes. Les Israéliens, confiants dans la « normalisation » qu’ils ont engagée avec de nombreux Etats arabes (sous influence saoudienne), ont été surpris par la vigueur de la réaction populaire.

Le Hamas fait tomber une pluie de roquettes sur Tel Aviv

Si l’armée israélienne bénéficie d’une écrasante supériorité sur les forces armées du Hamas retranchées à Gaza, la capacité du Hamas à frapper le territoire israélien avec des roquettes, y compris à Tel-Aviv, pose question. Le système dit « dôme de fer », qui est un système de perception sol-air des armes ennemies pourrait atteindre ses limites.

Plus de 3.000 roquettes seraient parties depuis le 10 mai depuis Gaza. Certaines d’entre elles échappent à l’interception, tuant dix personnes, parmi lesquelles un enfant et un soldat, et faisant plus de 560 blessés, selon les secours israéliens.

Nul ne sait jusqu’où ce conflit peut aller ni quelle escalade il peut connaître.

L’hypothèse d’une défaite israélienne ?

Sur le fond, c’est une fois de plus la « soutenabilité » de la stratégie israélienne qui est interrogée. Depuis les accords d’Oslo, les gouvernements isréaliens qui se succèdent parient sur une stratégie d’isolement des Palestiniens et de répression militaire (à l’abri du parapluie américain) pour « couvrir » les violations constantes des résolutions de l’ONU sur le partage du territoire.

Cette stratégie n’a de sens que tant que la supériorité militaire d’Israël est acquise. Mais… au cas où cette hypothèse ne se vérifierait pas (notamment en cas de guerre civile importée directement sur le sol israélien), qu’adviendrait-il ?


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La chronique de Veerle Daens : "Le MERCOSUR a ses raisons que la Patrie ignore"

La chronique de Veerle Daens : "Le MERCOSUR a ses raisons que la Patrie ignore"

Mes chers amis du protectionnisme de napperon, chers ennemis du traité Mercosur, saluons ensemble le grand retour de la « Souveraineté Alimentaire ». C’est le nouveau mot fétiche. C’est chic, ça sonne comme un appel aux armes, et ça permet surtout d'éviter de parler de qui vous êtes vraiment. La logique des Pharisiens en quelque sorte : fais ce qu'un Français dit, mais ne fais pas ce qu'il fait. Le Français est un être merveilleusement schizophrène (pour les lecteurs qui ont cru que mon dernier


CDS

CDS

Répression en Iran : combien de morts ? par Thibault de Varenne

Répression en Iran : combien de morts ? par Thibault de Varenne

L'Iran est désormais coupée du monde, grâce à black-out numérique sans précédent pour le pays. Pendant ce temps, la presse subventionnée ou étrangère glose sur le nombre de morts du fait d'une répression sans état d'âme. Alors, l'Iran, combien de morts ? Et quelle est la fiabilité des sources citées. Depuis le 8 janvier dernier, la République Islamique d’Iran a disparu des radars. En abaissant le "kill-switch" numérique avec une brutalité inédite, coupant les lignes fixes et mobiles, le régime


Rédaction

Rédaction

IA : le grand bluff de la survie américaine ?

IA : le grand bluff de la survie américaine ?

La réalité statistique contenue dans le graphique ci-dessous résume à elle seule toute l’indécence — et la tragique réalité — de notre époque : d’un côté, une Europe qui s’enfonce dans le coma profond à 5,6 trillions de dollars (5 600 Mds $) de capitalisation boursière ; de l’autre, un colosse américain qui culmine à 64,6 trillions (64 600 Mds $). Un rapport de 1 à 12. Pire : la capitalisation boursière US dépasse de 64% le cumul des capitalisations boursières de l’UE, de la Chine, du Japon et d


FLORENT MACHABERT

FLORENT MACHABERT

L'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : glissement vers le totalitarisme? Par Elise Rochefort

L'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs : glissement vers le totalitarisme? Par Elise Rochefort

En ce début d’année 2026, alors que l’Assemblée nationale et le Sénat s’écharpent pour savoir qui, de la droite sénatoriale ou des macronistes, aura la paternité de la « protection de nos enfants », il est urgent de baisser le son et de lire les petites lignes. La proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, portée par la députée Laure Miller et soutenue par une classe politique en proie à une fièvre hygiéniste, n’est pas seulement une mesure de santé publique.


Rédaction

Rédaction