Quand le FMI souhaite le Great Reset du dollar et son remplacement par un Bancor

Quand le FMI souhaite le Great Reset du dollar et son remplacement par un Bancor


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Le Great Reset ne concerne pas seulement les questions de surveillance et connivence capitalistique. Il s’accompagne d’un projet monétaire ambitieux, évoqué de façon subliminale de-ci de-là, porté par le FMI lui-même. Il vise à remplacer la domination du dollar comme monnaie internationale d’échange par une nouvelle monnaire « internationale » déjà décrite sous le nom de « bancor » lors de la conférence internationale de Bretton Woods, en 1944. Le bancor est au centre de tous les fantasmes, à commencer au centre des fantasmes chinois, relayés consciencieusement par le Forum de Davos.

Le Great Reset cache à peine son intention de modifier un état de fait dans lequel nous grandissons depuis 1944 : la domination du dollar comme monnaie d’échange internationale. Mais le plus curieux tient au soutien que le FMI, lui-même issu des accords de Bretton Woods de 1944 qui ont sacré le dollar, accorde à ce projet.

Great Reset et FMI : une histoire discrète mais réelle

C’est en furetant sur le site du Great Reset, c’est-à-dire celui du Word Economic Forum de Davos, que la question vient : mais pourquoi l’un des responsables du FMI y publie-t-il un article sur le déclin du dollar ?

On n’épiloguera pas ici sur les relations complexes entre le FMI et le dollar, qui tiennent aux circonstances mêmes de la naissance du FMI, en 1944, à l’occasion de la conférence de Bretton Woods. Lors de cette rencontre internationale, l’économiste John Maynard Keynes, qui conduisait la délégation britannique, plaida pour la création d’un Bancor, une monnaie internationale convertible en or qui aurait été « pilotée » par le FMI comme si celui-ci avait été une banque centrale de plein exercice. Les USA remportèrent le morceau en imposant le dollar comme monnaie internationale, prix de leur participation au financement de la reconstruction mondiale.

Depuis cette époque, le FMI, sans le dire, se prend à rêver régulièrement de ce qu’il serait s’il avait à sa disposition une monnaie internationale qu’il serait chargé d’émettre. Les amateurs d’histoire ont noté par exemple que Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, avait, en filigrane, fait une allusion à cette affaire l’an dernier. Mais on remarquera que la Chine a plaidé en 2009 pour la mise en place de ce Bancor qui contrarierait la domination du dollar américain.

Affaiblir le dollar : un sujet délicat

Depuis plusieurs années, la suprématie du dollar dans les échanges internationaux pose un problème compliqué. D’une part, une grande part des échanges internationaux étant libellée en dollars, il est difficile d’en contester les fondements du tout au tout sans risquer de ruiner tout le monde. D’autre part, la soumission au dollar est un droit donné aux Ėtats-Unis de s’endetter sans limite, étant entendu que c’est le reste du monde qui finance les déséquilibres du taux d’échange du pays.

Si l’on comprend l’envie de certains pays comme la Chine de disposer d’autres monnaies que le dollar pour libeller ses échanges, on comprend aussi la prudence avec laquelle l’Empire du Milieu s’engage dans la voie d’un grand remplacement du dollar par une autre monnaie. La Chine est en effet la première détentrice de dette américaine, libellé en dollars. Elle n’a donc pas intérêt à une dépréciation rapide de cette monnaie.

D’où l’extrême prudence avec laquelle la Chine s’engage dans une contestation du dollar et de sa suprématie.

Le FMI orchestre un grand remplacement du dollar

Moyennant ces infinies précautions, les observateurs du monde entier scrutent donc avec une forme de fébrilité le devenir du dollar comme monnaie d’échange, animés par le secret espoir qu’une opération magique permettra son remplacement par le Bancor, sans aucun heurt financier majeur. C’est sous ce prisme qu’on lira l’article de Serkan Arslanalp consacré à ce sujet sur le site du World Economic Forum. Il s’agit bien de savoir si oui ou non le dollar décline comme valeur internationale, ce qui fait l’objet de longs débats depuis plusieurs années.

On notera précieusement que l’article en question reste indécis sur le sujet : s’il constate que le dollar ne représente plus que 59% des réserves monétaires internationales, il en conclut que la fin de son règne n’est pas arrivée.

Cette indécision rappelle que l’ouvrage Le Great Reset de Schwab et Malleret reste lui-même très indécis sur le sujet. Au fond, il apparaît clairement que l’heure de la fin du dollar n’est pas venue, même si les inconvénients de cette domination sont bien connus.

Rien n’exclut que les banques centrales mondiales tentent d’affaiblir encore le dollar en créant des monnaies numériques qui le concurrenceront. Mais la domination monétaire est indissociable, au fond, de la domination réelle. Et, sur ce point, le dollar a encore quelques belles années devant lui.


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