Régionales : cette fois, le peuple a vraiment fait sécession…

Régionales : cette fois, le peuple a vraiment fait sécession…


Partager cet article

Avec une abstention de 67%, la sécession est consommée entre le peuple des Gaulois réfractaires et la caste qui les dirige (et les méprise) ou aspire à les diriger. Pire : le parti d’Emmanuel Macron subit une déculottée historique, n’occupant que la quatrième ou cinquième place dans l’échiquier politique. Dans le Nord, la liste LREM ne pourra même pas se maintenir au second tour, faute d’avoir obtenu les 10% réglementaires. Emmanuel Macron y avait pourtant envoyé cinq ministres, dont le ministre de l’Intérieur et le ministre de la Justice. Désormais, les Français ne veulent pas apporter le moindre crédit à des institutions vieillissantes et à une caste sourde à leurs appels.

Les régionales ont confirmé la sécession que le peuple des Gaulois réfractaires a entamée depuis plusieurs années. Le phénomène atteint cette fois des proportions inquiétantes pour l’édifice institutionnel lui-même. On voit mal comment la Vè République pourrait durer très longtemps avec un tel manque d’adhésion populaire à ses institutions.

Abstention record chez les jeunes

Les chiffres ne sont pas encore confirmés, mais les instituts de sondage indiquent que l’abstention chez les jeunes de moins de 24 ans a atteint 90%. Elle a, au total, concerné deux électeurs sur trois, hier, particulièrement, semble-t-il, chez les mélenchonistes et les lepenistes. Les électeurs de droite se sont plus mobilisés, ce qui explique le résultat favorable aux Républicains un peu partout.

Une question se pose désormais : une démocratie peut-elle vivre avec un désintérêt pour les institutions aussi marqué dans la jeune génération ? Tout indique que le coronavirus a marqué une cassure profonde entre les générations en France, qu’il sera difficile de réparer de façon fluide.

Une caste politique sanctionnée

Plus largement, l’abstention traduit la défiance, elle aussi probablement irréparable, de l’opinion publique vis-à-vis d’une caste politique jugée incorrigible, déconnectée, occupée à défendre ses privilèges et son entre-soi aristocratique au mépris de l’intérêt des citoyens. Pour le pouvoir en place, le rejet est particulièrement massif, si l’on songe que, dans plusieurs régions, le parti majoritaire ne franchit même pas la barre des 10%.

On peut se demander quelle légitimité reste au pouvoir dans son ensemble, y compris hors LREM, pour mener des pays sans une refonte massive des institutions.

RN et LREM sanctionnés

Nous avons vu qu’Emmanuel Macron est désormais en position difficile pour mener les réformes qu’il envisageait cet été. Mais la situation n’est guère meilleure pour le Rassemblement National, dont on peinait à discerner les véritables possibilités.

Pour Marine Le Pen, la situation est même très inquiétante, dans la mesure où son parti semblent peiner à tirer profit du duel annoncé avec Emmanuel Macron en 2017.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment Hollywood a servi à construire le mythe d'une victoire américaine sur l'Allemagne en 45

Comment Hollywood a servi à construire le mythe d'une victoire américaine sur l'Allemagne en 45

Dès mai 1946 (et après l'éviction du général De Gaulle...), les USA obtiennent du nouveau chef de la délégation française à l'ONU... Léon Blum (persécuté pendant la guerre parce que Juif), des accords qui industrialisent la diffusion de films américains dans les salles françaises. Pourquoi un tel empressement ? Une nouvelle guerre commence, culturelle, pour imposer un narratif dont Donald Trump a expliqué, à Davos, la logique ultime. Il aura fallu attendre janvier 2026, et la brutalité sans fil


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Le vrai rôle des USA dans la défaite allemande de 45, par Thibault de Varenne

Le vrai rôle des USA dans la défaite allemande de 45, par Thibault de Varenne

Friand de vérités alternatives, Donald Trump a profité du sommet de Davos pour répéter un truisme : les USA auraient libéré l'Europe et vaincu l'Allemagne en 1945. Voilà qui est vite dit. Thibault de Varenne corrige ici cette carabistouille historique. En janvier 2026, le Forum Économique Mondial de Davos, réuni sous le thème ironiquement optimiste de « L'Esprit de Dialogue », est devenu le théâtre d'une fracture transatlantique renouvelée. Le retour de Donald J. Trump à la présidence des États


Rédaction

Rédaction

Macron, Gims et les lunettes noires : quand la communication spectacle remplace l’action

Macron, Gims et les lunettes noires : quand la communication spectacle remplace l’action

L’image a fait le tour des réseaux : Gims et Emmanuel Macron, lunettes de soleil assorties, posent à l’Élysée avant le Gala des Pièces Jaunes. Un cliché soigneusement calibré, pensé pour buzzer, commenté jusqu’à l’international. Mais à force de jouer au « dur à cuire », Macron ne frôle-t-il pas le ridicule politique ? Ce jeudi 22 janvier, l’Élysée s'est transformé en plateau de tournage. Entre Gims et A$AP Rocky, Emmanuel Macron a multiplié les poses « street-crédibles », lunettes d'aviateur vi


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'humeur de Veerle Daens : le monde court, l’hémicycle trottine. Chronique d’un vertige français

L'humeur de Veerle Daens : le monde court, l’hémicycle trottine. Chronique d’un vertige français

La France, en ce début d’année 2026, nous offre un spectacle malaisant, entre le bouffon et le pathétique. Tandis qu’à l’échelle du globe, les plaques tectoniques de la puissance se déplacent à une vitesse qui donnerait le mal de mer à un amiral, tandis que l’intelligence artificielle ne se contente plus de coder mais commence à décider, et que le climat nous envoie des factures que personne ne sait plus payer, Paris, elle, reste fidèle à son premier amour : elle-même. Le grand dehors : un


CDS

CDS