Abstention aux régionales : malaise dans la démocratie

Abstention aux régionales : malaise dans la démocratie


Partager cet article

Au deuxième tour des régionales, l’abstention a confirmé hier sa signfication politique, celle d’un malaise dans la démocratie. Massivement, les Français ont refusé de voter (plus de 65% des inscrits, semble-t-il), pour le deuxième dimanche de suite. Les prétextes à ce désintérêt pour la démocratie sont nombreux et variés. Collectivement, ils montrent combien est large le fossé entre les Français et leurs institutions dont la légitimité est désormais très contestable. Cette alerte démocratique ne semble guère prise au sérieux par la caste au pouvoir. Elle rend pourtant possible tous les débordements et préfigure peut-être une ère de chaos.

Malaise dans la démocratie : une semaine après un premier cataclysme électoral, le deuxième tour des régionales a confirmé le verdict d’une sécession populaire. Les Français ont envoyé un signal très inquiétant quant à leur adhésion à leurs institutions démocratiques hier. En toute connaissance de cause, ils ont dit leur désintérêt et leur désamour pour le vote.

L’abstention annonce-t-elle le pire pour la rentrée ?

Cette vague de « reflux » démocratique met en lumière la distance grandissante que les Français prennent avec les institutions de la République. Beaucoup d’analystes y voient la manifestation d’une torpeur ou d’un désintérêt pour la chose publique. Nous penchons plutôt pour une prise de distance vis-à-vis de la caste qui détient le pouvoir, dont les Français contestent de façon grandissante la légitimité.

L’importance du phénomène est telle qu’elle pourrait indiquer une rupture profonde de l’opinion publique avec ses institutions. Il peut s’agir d’un signe annonciateur de troubles sociaux majeurs, mais qui peuvent prendre le visage de contestations sporadiques ou de révoltes localisées. Dans tous les cas, la stabilité politique du pays semble pouvoir être menacée aujourd’hui.

Le refus d’un duel Macron – Le Pen

L’examen des résultats montre parallèlement que la perspective d’un duel Macron – Le Pen au second tour des élections ne semble avoir réjoui les électeurs. Le Rassemblement National subit en effet une importante déculottée, avec un score somme toute assez médiocre de Thierry Mariani en Provence – Alpes – Côte d’Azur, seule région où le RN pouvait gagner. L’intéressé aurait rassemblé moins de 43% des voix. Mais ailleurs, la situation n’est guère plus brillante, avec une baisse moyenne de 7 à 8 points par rapport au second tour de 2015.

Mais la situation n’est pas meilleure pour la majorité présidentielle, avec des résultats calamiteux pour les candidats qui s’étaient maintenus au second tour. En Ile-de-France, fief macroniste s’il en est, Laurent Saint-Martin n’atteint pas les 10%. Marc Fesneau, dans la région Centre, sort quatrième de la quandrangulaire avec 16% des voix. Partout, LREM a fini lanterne rouge du scrutin. Un désaveu cinglant !

Trop de candidats à droite

Facialement, les Républicains peuvent se réclamer d’une belle réussite, avec une majorité de régions acquises, et des candidats potentiels à la présidentielle largement réélus. C’est le cas de Xavier Bertrand, réélu dans une triangulaire avec 52,4% des voix, mais 66% d’abstention, mais aussi de Valérie Pécresse, réélue dans une quandrangulaire avec 46% des voix et 67% d’abstention, et Laurent Wauquiez, réélu dans une triangulaire à plus de 55% des voix et 67% d’abstention. Ces trois vainqueurs incontestables devraient largement occuper le terrain dès cet été pour incarner la droite de gouvernement en 2022.

Pourtant, leur « triomphe » mérite d’être relativisé au vu de la faible participation. Il n’empêche, les ingrédients sont réunis pour un impressionnant chaos qui devrait servir les intérêts d’Emmanuel Macron, dont l’hypothèse où celui-ci se représenterait.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
2026 : le krach obligataire est en train de contaminer tout l’Occident !

2026 : le krach obligataire est en train de contaminer tout l’Occident !

Le réveil est brutal, et pour tout dire, il a un goût de cendre. Pendant que les somnambules de Bruxelles et les aveugles de Bercy nous expliquent que la dette n’est qu’une construction mentale sans conséquence, la réalité, cette vieille dame têtue, vient de reprendre ses droits. Ce que nous vivons en ce début d'année 2026 n'est pas une simple correction technique : c’est l’effondrement final du château de cartes des obligations souveraines sur lequel reposait la survie artificielle de l'Occide


FLORENT MACHABERT

FLORENT MACHABERT

La DGSI face au chaos de l’IA dans les entreprises

La DGSI face au chaos de l’IA dans les entreprises

Une note de la DGSI alerte les entreprises françaises sur les risques liés à l’usage professionnel de l’intelligence artificielle. Derrière cette prévention se dessine surtout la difficulté de l’État à suivre une transformation technologique qu’il ne maîtrise plus. L’utilisation de l’Intelligence artificielle (IA) dans le monde professionnel inquiète la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L’organisme spécialisé dans le contre-espionnage a lancé une mise en garde sur les r


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Quelle est la probabilité d'une chute rapide du régime iranien? Et de quelle manière? par Elise Rochefort

Quelle est la probabilité d'une chute rapide du régime iranien? Et de quelle manière? par Elise Rochefort

L'Histoire ne prévient pas toujours avant de basculer, mais à Téhéran, en ce glacial début de janvier 2026, elle hurle. Depuis quinze jours, la République Islamique d'Iran fait face à ce qui ressemble moins à une vague de contestation classique qu'à une défaillance systémique généralisée. Alors que le pays est plongé dans un blackout numérique quasi-total pour dissimuler la répression, une question hante toutes les chancelleries, de Washington à Moscou : sommes-nous devant l'agonie finale du sys


Rédaction

Rédaction

Votre mutuelle d’entreprise vous rembourse-t-elle suffisamment vos lunettes ?

Votre mutuelle d’entreprise vous rembourse-t-elle suffisamment vos lunettes ?

Depuis la généralisation de la complémentaire santé en entreprise, la plupart des salariés français vivent avec une certitude : celle d’être protégés par un contrat conforme aux règles en vigueur. Pourtant, derrière les discours institutionnels, la réalité du marché de l’assurance cache des disparités inquiétantes. Entre la complexité des tableaux de garanties et le manque de contrôle, de nombreux salariés pourraient bien être les perdants d’un système qui tire les prestations vers le bas.


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe