Le point sur les manifestations de samedi, qui prennent de l’ampleur

Le point sur les manifestations de samedi, qui prennent de l’ampleur


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Les manifestations de samedi, dont le nombre prolifère, vont donner un bon aperçu de l’état actuel de la résistance aux mesures autoritaires annoncées par Emmanuel Macron lundi soir. Il est trop tôt pour en tirer des conclusions définitives, mais la résistance ne faiblit pas par rapport à la première journée de mercredi où près de 20.000 personnes ont manifesté en France. Voici la liste des rassemblements prévus, mise à jour ce vendredi à 16 heures.

Les manifestations de samedi, on le voit, seront très éparpillées, et se tiendront dans des endroits parfois inattendus : Vescovato, en Corse, Viriat, Langres, Bar-le-Duc, Gramat, Lanester, Bouguenais, toute une kyrielle de communes tranquilles, loin des centre de pouvoir, et peu habituées à la contestation publique. Bien entendu, les grands centres contestataires habituels sont eux aussi mobilisés : Paris et les capitales régionales.

Les manifestations de samedi prolifèrent

Pour le pouvoir en place, ce seul éparpillement est déjà un indice de l’émotion créée dans l’opinion, y compris dans la France périphérique, par les mesures annoncées brutalement lundi soir. Alors que l’Elysée était persuadée que la réticence face à la vaccination était le fait de quelques hurluberlus désorganisés et incapables de se mobiliser, la prolifération de ces manifestations organisées à la hâte avec une très large ampleur territoriale peut être perçue comme un signe inquiétant.

D’une part, elle montre que la mobilisation est réelle et la réaction profonde. D’autre part, elle laisse entendre que l’archipel français est capable de s’unir contre des mesures imposées d’en haut, et qu’il n’a pas besoin de structures lourdes pour descendre dans la rue.

Un mouvement de longue haleine se prépare

Beaucoup d’opposants expriment un sentiment d’urgence à réagir aux décisions d’Emmanuel Macron. Cette urgence peut se comprendre, mais il est important de la relativiser. Le combat qu’entame Emmanuel Macron est d’abord une longue opération d’escarmouches juridiques : avis du Conseil d’Etat, débat parlementaire, Conseil Constitutionnel, puis contentieux innombrables autour des licenciements qui devraient s’en suivre.

Il serait dommage que l’énergie positive suscitée ses décisions choquantes soit immédiatement gaspillée avec des pétards mouillés. Il est important de s’armer dans la durée pour empêcher, avec tous les outils de l’Etat de droit, la mise en place de ces décisions.

Plus le temps passera, plus elles seront coûteuses à mettre en oeuvre pour le Président de la République.


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