Bruno Le Maire crache le morceau sur le passe sanitaire, son coût et son maintien dans le temps

Bruno Le Maire crache le morceau sur le passe sanitaire, son coût et son maintien dans le temps


Partager cet article

Bruno Le Maire se produisait devant le MEDEF, hier, pour la séance inaugurale des « REF », les anciennes universités d’été désormais affublées d’un acronyme incompréhensible. Son intervention d’un quart d’heure, qui a suivi un long discours de Geoffroy Roux de Bézieux constitué de toutes les platitudes à la mode dans la caste, depuis la caverne de Platon jusqu’aux bienfaits du progrès scientifique, en passant tout de même par la transition énergétique, la vérité scientifique et la conciliation nécessaire de la liberté et du bien commun, a permis d’obtenir quelques précieuses informations sur le passe sanitaire… Décidément, la vérité sort toujours de la bouche de Bruno Le Maire.

https://t.co/UKsEIcJZvi

— Mouvement des Entreprises de France (@medef) August 25, 2021

Il faut absolument écouter l’intervention de Bruno Le Maire hier devant les assises du MEDEF pour comprendre la réalité des peurs qui tétanisent le pouvoir aujourd’hui. En 15 minutes, le ministre de l’Economie a en effet égrené, au milieu de ses platitudes habituelles, quelques vérités savamment cachées jusqu’ici par le gouvernement. Et ces vérités méritent vraiment qu’on s’y arrête.

Le pipeautage de la reprise économique

Comme d’habitude, Bruno Le Maire s’est épanché sur la reprise économique en cours, avec une orientation très encourageante de la consommation, une perspective de croissance de 6% et un retour à l’activité économique de 2019 (qui fut une année si médiocre que l’Allemagne y était quasiment en récession, rappelons-le) dès la fin 2021, comme si tout allait bien.

Si l’on se souvient que la perte de PIB de 2020 a été supérieure à 8% et que Bruno Le Maire anticipe une croissance de 6% pour 2021, on se demande tout de même comment il se pourrait que l’activité de 2019 soit retrouvée avec un différentiel d’au moins 2 points de PIB entre les deux années. Mais on suppose que, pour Geoffroy Roux de Bézieux, auto-proclamé ami de la vérité scientifique et de la responsabilité, et ses sbires du MEDEF, ce genre de rappel sur les mensonges officiels relève de la mesquinerie. Ce sont des gens sérieux et crédibles, eux, face aux irresponsables qui critiquent la communication gouvernementale. L’arithmétique de haute volée consistant à demander comment 8 – 6 peuvent faire 0 ne les atteint pas.

Aveu sur la durée de la crise et du passe sanitaire

Alors que ni Geoffroy Roux de Bézieux ni Bruno Le Maire n’ont jugé utile d’exposer leurs idées sur la façon dont on allait rembourser l’immense dette COVID (là encore, un point de détails qui ne doit pas occuper des gens sérieux et crédibles), le ministre a expliqué clairement que la crise sanitaire allait durer encore plusieurs années et que nous devions mener une guerre longue.

Ah bon ? mais nous pensions que la vaccination de 80% de la population était « LA » solution magique pour régler le problème. On nous aurait menti ? Les dizaines de milliards consacrés à l’achat de vaccins ne règleraient donc pas une fois pour toutes son compte au virus ?

On comprend surtout que, dans cette crise sanitaire, la caste au pouvoir et la bureaucratie qui l’entoure ont pris leurs aises. L’urgence permanente est un mode de gouvernement beaucoup plus confortable que la démocratie. Terroriser les gens à coups de virus doit procurer une remarquable jouissance du pouvoir.

On comprend aussi que le passe sanitaire est fait pour durer ! Même si Geoffroy Roux de Bézieux a appelé à son retrait rapide, les propos de Bruno Le Maire dévoilent les vraies intentions d’une stratégie radicalement opposée à la liberté : exploiter la situation virale pendant plusieurs années, pour rendre incontournable l’identité numérique dans tous les actes de la vie sociale.

La prorogation du passe sanitaire au-delà du 15 novembre, et son maintien en vigueur « pendant plusieurs années » est déjà actée et Bruno Le Maire ne s’en cache pas. On se demande juste comment l’assistance qui participe au rassemblement du MEDEF peut se montrer aussi apathique face aux élucubrations officielles où le prétexte sanitaire devient de moins en moins crédible.

Le coût du passe sanitaire au centre des débats

Alors qu’il y a quelques jours, Bruno Le Maire assénait que le passe sanitaire avait permis d’augmenter de 5% le chiffre d’affaires des restaurants, il a tenu un tout autre discours devant le MEDEF. Il faut dire que Geoffroy Roux de Bézieux a fait fort en expliquant tout le bien qu’il pensait du passe sanitaire, mais en déplorant les fortes pertes de chiffres d’affaires que ce système de discrimination a causé dans certains secteurs.

Là encore, on se demande par quelle hypnose les patrons peuvent accepter d’être représenté par un chantre des dispositifs liberticides qui torpillent leur activité et leur prospérité.

Bruno Le Maire a donc annoncé qu’une réunion aurait lieu lundi avec les représentants des secteurs torpillés par le passe sanitaire. Tiens ! tiens ! cet outil d’identification numérique à l’entrée des restaurants ne serait donc pas la grande réussite que le gouvernement prétend ? Il mettrait même des entreprises en difficulté ?

Apathie du MEDEF face aux incohérences gouvernementales

Récapitulons ! Bruno Le Maire est venu expliquer au MEDEF que la croissance serait de 6% en France en 2021 après une baisse de plus de 8% en 2020, et que l’on pouvait donc parler de retour à la normale dès la fin de l’année. Mais il a averti que la crise sanitaire durerait quand même pendant plusieurs années. Il a reconnu que le passe sanitaire faisait perdre du chiffre d’affaires aux commerçants, mais il annonce sa prorogation, pour ne pas dire son installation définitive. Et les patrons applaudissent, parce qu’avaler tout cru les inepties du gouvernement est le marqueur de l’intelligence : douter de la propagande officielle est la marque des esprits complotistes et obscurantistes.

Voilà ce qui s’appelle zombifier l’opinion publique.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment la guerre d'Iran va liquider un tiers des fermes françaises, par Élise Rochefort

Comment la guerre d'Iran va liquider un tiers des fermes françaises, par Élise Rochefort

Alors que les frappes sur les installations pétro-gazières s'intensifient de part et d'autre du Golfe Persique, l'onde de choc ne se limite plus aux chancelleries. Elle percute de plein fouet nos terroirs. Si le détroit d'Ormuz est aujourd'hui un goulet d'étranglement pour 20 % du gaz et du pétrole mondial, il est devenu, pour le paysan du Sud de la Loire, le nœud coulant d'une crise de rentabilité sans précédent. Le GNR : le prix du sang pour la terre Dans nos campagnes, la mécanique est sim


Rédaction

Rédaction

Pourquoi 45 ans est le bel âge pour créer son entreprise

Pourquoi 45 ans est le bel âge pour créer son entreprise

Si vous avez 45 ans, que vous vous sentez à l’étroit dans le carcan du salariat ou que vous craignez la "placardisation" qui guette les cadres expérimentés, réjouissez-vous : vous êtes précisément au sommet de votre puissance entrepreneuriale. On nous rebat les oreilles, dans les gazettes et les salons parisiens, avec le mythe du génie précoce en sweat à capuche, ce Steve Jobs de garage qui révolutionnerait le monde avant d’avoir son premier poil au menton. C’est une fable, un dogme de la "Star


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Stratégie d'épargne : qu'est-ce qu'un actif de chaos, par Vincent Clairmont

Stratégie d'épargne : qu'est-ce qu'un actif de chaos, par Vincent Clairmont

Dans la Stratégie Barbell (ou stratégie de la "barre d'haltères"), popularisée par l'auteur et ancien trader Nassim Taleb, un actif de chaos (ou pôle spéculatif) désigne l'extrémité agressive et hautement risquée du portefeuille. Contrairement à une allocation classique qui cherche un juste milieu, cette stratégie rejette la zone médiane pour se concentrer sur deux extrêmes. Retrouvez, en fin d'article, notre Guide initial de la Barbell Strategy (1er novembre 2025). Ce Guide opérationnel vou


Rédaction

Rédaction

Faut-il succomber à la tentation des comptes rémunérés Wise? par Vincent Clairmont

Faut-il succomber à la tentation des comptes rémunérés Wise? par Vincent Clairmont

Nous sommes en février 2026, et si vous suivez régulièrement mes analyses, vous savez que le paysage de l’épargne française a bien changé. Avec un Livret A qui plafonne désormais à 1,5%, beaucoup d'entre vous se sentent légitimement frustrés. C’est dans ce contexte que la solution « Intérêts » de la fintech Wise attire tous les regards. Mais attention : derrière la promesse de taux séduisants se cache une mécanique d'investissement qu'il faut comprendre avant de cliquer sur « Activer ». Voici


Rédaction

Rédaction