Document : la circulaire sur la 3è dose qui viole le principe de précaution

Document : la circulaire sur la 3è dose qui viole le principe de précaution


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Nous publions aujourd’hui la circulaire de la Direction Générale de la Santé lançant la campagne d’inoculation de la 3è dose de vaccins pour les plus de 65 ans, dans les EHPAD. Cette décision de lancer une campagne de rappel est lourde de conséquences (et de sens) puisqu’elle est prise alors même que les instances européennes ont fermement mis en garde les Etats-membres sur les risques juridiques qu’ils prenaient en la décidant. Autrement dit, les talibans de la caste sanitaire qui ont pris le pouvoir sont en train de violer en beauté le principe constitutionnel de précaution…

Circulaire DGS 3è dose de vaccin en EHPAD from Société Tripalio

Comme on le voit, la circulaire de la 3è dose a pris soin de rappeler, en introduction, les avis scientifiques rendus sur les bienfaits de cet abonnement au vaccin. Petit problème, il manque un avis essentiel : celui de l’Agence Européenne du Médicament (EMA), qui est très frileuse sur le sujet. Et les avis « français » méritent d’être lus pour comprendre quels risques le gouvernement prend avec cette troisième dose, malgré le bourrage de crâne totalement irresponsable auquel les médias se livrent sur le sujet.

Frilosité des autorités scientifiques françaises

On rappellera ici quelques éléments très significatifs des avis rendus par les autorités scientifiques françaises sur la 3è dose.

Par exemple, le Conseil d’Orientation de la Stratégie Vaccinal (COSV) a rendu le 19 août un avis qui dit ceci :

D’après les données disponibles concernant la durée de la protection conférée par la vaccination chez les personnes très âgées, il parait donc raisonnable de définir un délai recommandé d’au moins 6 mois entre la primo-vaccination et l’administration d’une dose de rappel.

Un conseil scientifique qui conclut que, « d’après les données disponibles », « il paraît donc raisonnable » d’administrer une 3è dose, on a connu mieux en termes de certitudes scientifiques. Mais, visiblement, le fait que des décisions de vacciner ou non soient prises avec si peu d’analyse et de certitude ne choque plus personne en France.

Quelques jours après cet avis bien peu convaincant, la Haute Autorité de Santé a pris sa plus belle plume pour rendre un avis sur le même sujet. Et là aussi, on lit entre les lignes tout l’embarras des scientifiques à trancher la question.

Par exemple, on notera cette phrase éloquente :

S’il paraît très probable qu’une injection de rappel 6 à 12 mois après une primovaccination complète procurera effectivement un effet « boost » sans problème particulier de tolérance, comme c’est le cas pour la plupart des vaccins, l’administration d’une dose de rappel à distance de la primovaccination n’est toutefois pas prévue à ce jour dans les autorisations de mise sur le marché conditionnelles des différents vaccins disponibles. Ainsi, comme c’est le cas dans les différents pays ayant d’ores et déjà annoncé des campagnes de rappel en population générale, cet avis est-il rendu en amont de la validation par l’agence européenne du médicament de la possibilité d’administrer une dose de rappel, afin d’anticiper l’organisation d’une campagne couplée grippe/Covid-19 dont la mise en œuvre (à partir de la fin de l’automne), n’interviendra qu’après l’avis formel de l’EMA.

Traduction : l’administration d’une troisième dose se fait sans autorisation de mise sur le marché. C’est quand même un sacré problème juridique, qui rend la circulaire totalement illégale, et qui viole allègrement le principe de précaution inscrit dans notre bonne vieille constitution.

L’avis de la Haute Autorité ajoute :

La HAS considère qu’il n’y pas, à ce jour, de donnée en faveur de l’administration systématique d’une dose de rappel au-delà des personnes ciblées dans cet avis. Toutefois, la HAS considère que l’administration d’une dose de rappel deviendra probablement nécessaire au cours des mois qui viennent, sans qu’il soit encore possible à ce stade de se prononcer précisément, ni sur la population cible ni sur le calendrier.

On ne pouvait pas mieux écrire l’incertitude scientifique et médicale totale qui pèse sur les bienfaits de la 3è dose et sur l’efficacité des vaccins, quoiqu’en disent les vaccinolâtres et autres talibans du « progrès scientifique ».

Inquiétantes mises en garde de la Commission Européenne

Le hic majeur de ce dossier tient en effet à la frilosité de l’Agence Européenne du Médicament, qui n’a pas adapté son autorisation de mise sur le marché (AMM) à l’inoculation d’une troisième dose. Comme le notait le quotidien les Echos :

« Les doses de rappel ne figurent pas à l’heure actuelle dans les autorisations de mise sur le marché des vaccins contre le Covid-19 et n’ont pas encore fait l’objet d’une évaluation scientifique par l’EMA faute de données suffisantes », note la Commission européenne dans un communiqué adressé à Reuters. « La responsabilité d’inclure les rappels dans les campagnes vaccinales nationales relève donc des Etats membres », a-t-elle précisé.

On relève que l’EMA considère que les données scientifiques ne sont pas suffisantes pour administrer une 3è dose ! Mais Olivier Véran, grand gourou charlatanesque du COVID, détient la science infuse et n’a guère besoin de données scientifiques pour éclairer ses décisions.

On s’en gaussera d’autant plus que les députés de LREM ont massivement voté une résolution pour un rôle accru de l’Union Européenne en matière de gestion des crises sanitaires. Fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais…


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