Pourquoi nous devenons complotistes (2ème partie)

Pourquoi nous devenons complotistes (2ème partie)


Partager cet article

PAR AVI MORRIS - A partir du moment où le vaccin est largement diffusé dans la population, la mesure de son efficacité passe par la comparaison des taux de contamination ou d’hospitalisation entre les personnes vaccinées et celles qui ne sont pas vaccinées.

Les médias se sont faits l’écho du paradoxe suivant : plus une population est vaccinée, plus la part des personnes vaccinées augmente au sein des personnes hospitalisées.

L’hospitalisation de personnes vaccinées serait donc la preuve de l’efficacité du vaccin. Certes, la science est contre-intuitive. Dans le cas présent cependant, le paradoxe ne fait que mettre l’accent sur une donnée qui contredit tout le discours politique : la vaccination n’empêchera pas le risque de saturation des hôpitaux. De là à dire que la vaccination n’exclut pas le confinement, ce qui va à l’encontre de l’affirmation étayée selon laquelle la vaccination serait le rempart au confinement, il n’y a qu’un pas.

Plus encore, au niveau des tests, à notre connaissance, les résultats ne distinguent pas le taux de positivité en fonction du statut vaccinal de la personne ; il n’est donc pas possible de mesurer si véritablement le pourcentage de protection du vaccin par rapport à la contamination. Comme en plus Pfizer a mis fin au groupe Placebo qui était censé mesurer l’efficacité du vaccin, nous devons donc nous fier aux données israéliennes pour 2 raisons : 1) le vaccin Pfizer a été quasiment le seul utilisé pour toutes les catégories de la population à partir de l’âge de 12 ans ; 2) la campagne vaccinale a couvert un très large segment de la population.

Qu’est-ce qu’un non-vacciné ?

Si l’efficacité du vaccin implique la comparaison entre deux catégories de population, les vaccinés et les non-vaccinés, se pose néanmoins une question : qu’est-ce qu’un non-vacciné ? Le débat a fait rage en Israël au point de donner lieu à une critique méthodique des chiffres publiés par le ministère de la santé israélien.

Première remarque : la catégorie des non-vaccinés peut inclure des populations diverses : celles qui n’ont pas voulu être vaccinées – catégorie extrêmement minoritaire au sein de la population des plus de 60 ans – mais également celles qui, en raison de problèmes de santé ne pouvaient pas être vaccinées ou encore celles qui n’entrent pas dans la catégorie des populations couvertes par la politique de vaccination. Jusqu’au mois de juillet, cela couvrait toutes les personnes de moins de 18 ans ; depuis juillet, cela concerne toutes les personnes de moins de 12 ans. Faute de distinguer entre ces catégories, les statistiques qui comparent de façon brute vaccinés et non-vaccinés ne permettent pas forcément de démontrer l’efficacité du vaccin.

Deuxième remarque : comme la distinction centrale porte sur le statut vaccinal des individus, se pose une question : à partir de quel moment une personne peut-elle être considérée comme vaccinée ? Est-ce 2 semaines après avoir reçu les 2 doses du vaccin ? Ou bien 3 semaines comme cela était le cas au départ ? Ou bien est-ce que les personnes qui ont reçu leurs doses en janvier sont encore considérées comme vaccinées puisqu’il a été démontré que le vaccin perd de son efficacité après 4 mois ? Pratiquement, une personne peut avoir reçu 2 doses mais être considérée du point de vue statistique comme non-vaccinée. Faute là encore d’avoir été précis sur les définitions, les statistiques perdent une grande partie de leur portée.

Preuve que finalement nous ne sommes pas dans une logique scientifique mais purement politique, c’est la décision lors de la rentrée scolaire de considérer comme élève vacciné celui qui a reçu une dose de vaccin de façon à éviter la fermeture des classes en montrant que 70 % de la classe est vaccinée.

A l’heure actuelle, Israël est l’un des pays présentant l’un des pires taux d’infection au monde dans sa population[1]. Les esprits critiques ne manquent pas de relever deux choses :

Il n’y a pas de différence entre la courbe des contaminations de cette année avec celle de l’an dernier, époque où la population n’était pas vaccinée et où les mesures de confinement n’étaient pas aussi strictement appliquées – autrement dit, malgré le vaccin et en dépit d’une létalité moindre du variant delta, le covid tue toujours autant en Israël !

Il n’y a pas non plus de différence entre l’évolution de la courbe de l’épidémie en Israël avec celle que connaissent des pays dont la couverture vaccinale est moindre.

Conclusion ?

A l’heure où de plus en plus d’études constatent une corrélation entre l’augmentation des myocardites des adolescents et la campagne vaccinale, campagne vaccinale menée au passage au mépris des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, il est dommage de constater que les chiffres diffusés par le ministère de la santé israélien ne permettent pas de conclure, pour un profane, à l’efficacité du vaccin.

[1] https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/coronavirus-israel-pays-plus-vaccines-monde-presente-t-il-pires-taux-infection-93122/


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Quelles sont les influences mondialistes sur la loi française sur l'euthanasie ?

Quelles sont les influences mondialistes sur la loi française sur l'euthanasie ?

Certains de nos lecteurs nous ont demandé quelles étaient les influences mondialistes qui avaient joué sur le dépôt d'une proposition de loi sur l'euthanasie en France. Je réponds aujourd'hui à cette question... L'évolution du cadre législatif français relatif à la fin de vie, marquée par l'examen parlementaire houleux de janvier et février 2026, constitue un cas d'étude tout à fait intéressant sur l'interaction entre les souverainetés nationales et les courants normatifs transnationaux. La que


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

La France ou l'ombre d’une Nation : requiem pour la souveraineté

La France ou l'ombre d’une Nation : requiem pour la souveraineté

Après le sommet (informel, mais réel et profond) d'Alden-Biesen, constatons les dégâts du macronisme. Bientôt la France n'existera plus en tant que Nation, dans l'indifférence générale. Il y a quelque chose de profondément crépusculaire à observer une nation se défaire de ses propres mains. Ce que les rapports administratifs nomment froidement « transfert de compétences » ou « intégration fédérale » est, en réalité, le lent effilochement d’une étoffe tissée par mille ans de volonté. C’est le pa


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Qu'est-ce que le groupe pro-israélien MEGA dont Epstein fut si proche ?

Qu'est-ce que le groupe pro-israélien MEGA dont Epstein fut si proche ?

Lors de l'audition de Pam Bondi au Congrès, des députés ont reproché à celle-ci de protéger Leslie Wexner, fondateur de Victoria Secret, mais aussi du groupe pro-israélien MEGA... dont Epstein devint le fondé de pouvoir. Les circonstances de cette affaire méritent d'être expliquées aux Français. Le paysage de l'influence géopolitique et de la philanthropie transnationale à la fin du XXe siècle a été marqué par l'émergence de cercles de pouvoir informels dont l'impact dépasse souvent celui des


Rédaction

Rédaction

UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays, par Elise Rochefort

UE : Macron valide un saut fédéral immédiat avec 5 autres pays, par Elise Rochefort

Le séminaire informel tenu au château d'Alden-Biesen en février 2026 marque un tournant historique : il a officiellement ouvert la porte à une « Europe à deux vitesses ». Devant l'urgence de la compétition mondiale et l'inertie de la prise de décision à Vingt-Sept, ce sommet a cristallisé une nouvelle doctrine où l'unité ne doit plus être synonyme d'immobilité, mais de fédéralisme pour ceux qui le souhaitent... dont la France. Cette chronique analyse cette transformation à travers deux questi


Rédaction

Rédaction