Affaiblis, Macron et Castex font tout pour éviter un recul brutal de la vaccination

Affaiblis, Macron et Castex font tout pour éviter un recul brutal de la vaccination


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Tout le monde guettait l’intervention de Jean Castex, hier, consécutive au Conseil de Défense de l’après-midi. On s’attendait au pire. Dans la pratique, le Premier Ministre n’a pas annoncé de mesures nouvelles pour le Nouvel An. Mais il a détaillé ce que sera le passe vaccinal, en vigueur le 15 janvier. Et il a évité de parler du passe sanitaire en entreprise, qui sera probablement instauré par amendement parlementaire. Dans la pratique, ce discours s’adressait surtout aux doubles vaccinés qui refusent la troisième dose. Ou comment gouverner par la menace et la contrainte.

Jean Castex a pris son ton le plus persuasif d’instituteur de la Troisième République pour haranguer son peuple hier soir.

Comme souvent avec cette rhétorique fanée, il fallait plus écouter ce qu’il ne disait pas que ce qu’il disait pour comprendre exactement où il voulait en venir.

Ce que Castex n’a pas osé vous dire

Au fil des explications méticuleuses et infantilisantes du Premier Ministre, qui a bien entendu fait l’impasse sur tout ce qui fâche, à commencer sur les effets secondaires pléthoriques et calamiteux du vaccin, on a glâné quelques précieuses informations qui sont autant d’aveux d’échecs du pouvoir.

Si Castex a affirmé que les non-vaccinés représentent l’immense majorité des cas graves de COVID, il s’est bien gardé de donner une statistique précise. Et, quelques minutes plus tard, il a fortement nuancé en expliquant que les cas graves étaient majoritairement constitués par les non-vaccinés… et par les vaccinés souffrant de comorbidité.

L’instituteur de la IIIè République n’a pas jugé utile de donner des chiffres précis. Mais ils nous intéresseraient bien, nous, ces chiffres.

Pourquoi le gouvernement engage une course contre la montre

Autre aveu malheureux du Premier Ministre : le variant O Micron ne s’est pas encore traduit par une augmentation des hospitalisations. La phrase est passée subrepticement, mais elle veut dire beaucoup…

En effet, on comprend que, dans quelques semaines, lorsque O Micron aura définitivement remplacé le variant Delta, il va être très compliqué de maintenir le fiction d’un virus qui constitue un danger mortel et imminent pour toute la population.

O Micron, c’est le COVID transformé en grippe ordinaire, et peut-être même en rhume.

Si le gouvernement veut écouler les doses de vaccins qu’il s’est engagé à acheter, il va donc falloir se presser et couper l’herbe sous le pied de la contestation.

La crainte d’un recul de la vaccination

Par malchance, O Micron arrive en même temps que le passage à la troisième dose.

L’information est passée relativement inaperçue, mais, la semaine avant les vacances, le gouvernement a désactivé 10% des passes attribués aux plus de 65 ans. Visiblement, la troisième dose passe mal, y compris auprès des plus fragiles.

Inévitablement, le gouvernement a dû avoir des remontées sur le très large scepticisme qu’inspire cette troisième dose. Peut-être même les services de renseignement ont-ils dit à Jean Castex que beaucoup de Français trouvaient étrange l’empressement du gouvernement à vouloir imposer la troisième dose d’un vaccin qui n’a pas empêché une nouvelle vague d’hospitalisations.

Dans une étonnante fuite en avant, Castex et Macron ont donc imaginé ce que serait leur crédibilité devant leurs partenaires européens le jour où ils avoueront que la troisième dose ne marche pas, et que 10% au moins des doubles vaccinés ont refusé de la recevoir.

Cela ferait tout de même 5 millions de « non-vaccinés » de plus, soit un doublement des chiffres officiels.

Un passe vaccinal pour les doubles-vaccinés qui refusent la 3è dose

Il faut comprendre ici que le passe vaccinal ne s’adresse pas aux indécrottables 5 millions de non-vaccinés qui résistent encore et toujours à Albert Bourla. Il s’adresse surtout aux doubles-vaccinés qui ont décidé d’arrêter les frais.

Pas question de les laisser sortir du tunnel où ils sont entrés par confort.

Dans l’hypothèse où ne serait-ce qu’un double-vacciné sur dix refuserait sa troisième dose, cela ferait désordre dans le paysage.

Donc, il faut retourner au charbon pour en remettre une couche.

Les armes habituelles de la manipulation psychologique en action

Convaincu que les Français sont des veaux prêts à vendre père et mère, et même plus, pour continuer à boire des coups en terrasse, Castex a donc remobilisé l’arsenal déjà utilisé cet été pour convaincre les récalcitrants : pas de troisième dose ? plus de vie sociale.

Certes, il a remis un petit coup de « c’est pour éviter les formes graves ». Mais il a surtout beaucoup insisté sur la pression qui sera mise sur les « non-vaccinés ».

La phrase tape là où le conformisme moyen du grand public fait mal : moi, Monsieur, je ne veux pas d’ennui avec la police, et je ne veux surtout pas appartenir à une minorité « sous pression ». Je veux juste qu’on me foute la paix. On connaît la chanson…

Si l’on admet l’hypothèse que 10 à 15% des doubles-vaccinés avaient décidé d’abandonner la course, on verra le résultat de cette politique fondée sur la contrainte dans quelques semaines.

Silence sur le passe sanitaire en entreprise

En réalité, la situation est globalement négative pour le gouvernement, qui sent bien que la contestation monte.

Castex s’est donc montré prudent en évitant la question du passe sanitaire en entreprise, qui devrait être intégré à la loi sur le passe vaccinal par l’intermédiaire d’un amendement parlementaire.

On y verra la marque d’une inquiétude sur l’effervescence qui a commencé à monter dans les rangs. Cette idée burlesque, dans un pays qui compte plusieurs millions de chômeurs de rationner un peu plus l’accès au travail, fait beaucoup réagir, de même que l’autorisation donnée au cafetier du coin de vérifier votre identité, ou de même que l’introduction d’un test obligatoire pour les vaccinés.

Les premiers jours de janvier nous donneront une indication sur la tendance de l’opinion, en la matière, mais incontestablement, la situation se complique.


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