COVID 19: Boris Johnson pris sous les feux croisés de son propre parti, de l’opposition travailliste et…de Nigel Farage

COVID 19: Boris Johnson pris sous les feux croisés de son propre parti, de l’opposition travailliste et…de Nigel Farage


Partager cet article

Se trouvant actuellement entre le marteau et l’enclume, le Premier ministre Boris Johnson tente de mettre sa carrière politique à l’abri en annonçant mercredi que les restrictions anti-Covid seront levées en Angleterre. Cela fait suite à des accusations qui soutiennent l’idée qu’il aurait trahi le Parlement en se rendant à une fête de Downing Street en pleine période de confinement.

Rien ne va plus pour Boris Johnson: il ne peut pas exclure que les 54 lettres de parlementaires  nécessaires pour amorcer une motion de défiance contre lui soient bientôt rassemblées.

En tout cas, même si Boris Johnson devait survivre au mécontentement de son propre parti, il ne fait pas de doute que son leadership s’essouffle. On comprend donc pourquoi M. Johnson a opté mercredi 19 janvier pour un assouplissement des restrictions COVID avant même que l’on atteigne la date butoir prévue à cet effet.

Ce soudain changement, il le met sur le compte d’un désir de restauration des « anciennes libertés » d’Angleterre – celles au nom desquelles il a réalisé le Brexit. Selon lui, la Grande-Bretagne devrait passer à autre chose, car les pires scénarios envisagés en lien avec la vague déclenchée par Omicron sont maintenant de l’histoire ancienne. La Grande-Bretagne constate une diminution des taux d’hospitalisation et des nombres de nouveaux cas enregistrés.

Ainsi, dans les jours qui vont suivre, on assistera à la fin port de masque et la fin du télétravail. Dans la même foulée, il ne sera plus nécessaire de présenter un certificat de vaccination pour pouvoir assister à des événements publics. Confiant, M. Johnson indique ainsi « Nous ferons confiance au jugement du peuple britannique », tout en soulignant que les mesures n’ont jamais été si draconiennes contrairement à celles imposées par les nations voisines.

Des stratégies et des votes

Pourtant, e leader du Parti travailliste, Keir Starmer, a ainsi mis M. Johnson dans une mauvaise posture en se moquant publiquement des explications changeantes de ce dernier après que l’on a découvert qu’il s’est rendu à l’une des fêtes de Downing Street en plein confinement en 2020.

Le Premier ministre a de nouveau affirmé qu’il ne démissionnerait pas,(contrairement à la porte-parole Allegra Stratton qui a démissionné après la fuite de la vidéo) il a indiqué que son geste n’a pas valeur d’offense, car il pensait tout simplement se rendre à un évènement professionnel en rejoignant plusieurs membres du personnel qui étaient en train de trinquer dans le jardin.

Pour l’heure, rien n’est encore sûr, car en tout, on compte sept conservateurs ayant annoncé publiquement leur demande de vote.

Certains de ceux qui souhaitent se débarrasser de M. Johnson hésitent , d’une part parce qu’ils ne sont pas encore sûrs qu’il perdrait une motion de défiance et d’autre part, ‘il n’y a pas de consensus sur la personne qui devrait le remplacer.

Le chancelier de l’Échiquier, Rishi Sunak, est le favori, et la ministre des Affaires étrangères, Liz Truss, est également en lice.

Nigel Farage se rappelle au bon souvenir de Boris Johnson

‘We’ve seen again and again, estimates of how bad this crisis could be that are nearly always massively over exaggerated, but this has really made me sit up and think.’@Nigel_Farage reacts to the amount of people who have died purely of Covid since the start of the pandemic. pic.twitter.com/A6o87ze8It

— GB News (@GBNEWS) January 19, 2022

Pourtant, ce qui est peut-être le plus dangereux pour Boris Johnson, c’est la polémique lancée par Nigel Farage. Même s’il est officiellement retiré de la vie politique, l’homme par qui le brexit est arrivé intervient régulièrement, un peu comme le Jiminy Cricket d’un Boris Johnson qui n’a pas voulu écouter son instinct et tenir fermement, depuis le printemps 2020, sur une ligne de recherche de l’immunité de goupe qui était son premier instinct.  Farage a invoqué le droit à l’information libre que l’on peut mettre en œuvre pour obtenir des statistiques de l’Office National britanniques. Il a demandé (voir vidéo ci-dessus) qu’on lui fournisse le chiffre exact des personnes décédées uniquement du COVID, sans co-morbidité. On arrive au chiffre de 17 371 personnes  – au lieu des 153 000 officiellement recensées, chiffre reproduit sur la carte officielle de Johns Hopkins

Nigel Farage rappelle les 400 milliards de livres dépensées pour compenser la fermeture de l’économie, la souffrance et le retard éducatif des enfants, le recul des libertés fondamentales. Et il demande qu’un débat soir lancé. 

cette demande de Farage est potentiellement beaucoup plus dangereuse pour Johnson que l’opposition interne dans son propre parti ou l’opposition des travaillistes au Parlement. 


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Peut-on vraiment croire Trump quand il annonce une fin rapide à la guerre d’Iran? par Thibault de Varenne

Peut-on vraiment croire Trump quand il annonce une fin rapide à la guerre d’Iran? par Thibault de Varenne

Le 1er avril 2026 restera sans doute dans les annales de la diplomatie mondiale comme le jour où l'imprévisibilité est devenue une doctrine de guerre officielle. Depuis le Cross Hall de la Maison-Blanche, Donald Trump a troqué sa casquette de "Dealmaker" pour celle de "Commandant en chef de l'Apocalypse", annonçant que l'Opération Fureur Épique touchait à son but. Mais derrière la promesse d'une sortie de crise sous "deux à trois semaines", se cache un bourbier géopolitique dont les sables mouv


Rédaction

Rédaction

Poisson d’avril : le JDD mord à l’appât de Pigasse et s’étouffe

Poisson d’avril : le JDD mord à l’appât de Pigasse et s’étouffe

Le 31 mars à midi, Radio Nova annonce une émission spéciale de variété française, justifiée par un prétendu signalement de Michel Sardou auprès de l’ARCOM pour « sous-représentation ». Deux heures plus tard, le JDD publie l’information sans vérification. Le lendemain, le canular est démasqué. Matthieu Pigasse, propriétaire de Radio Nova via le groupe Combat, n’a pas caché sa jubilation sur X : "C’est ça la ligne éditoriale des médias Bolloré : prendre leurs fantasmes pour la réalité". Radio


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'or au-dessus de 5.000$ : quelle probabilité ? par Vincent Clairmont

L'or au-dessus de 5.000$ : quelle probabilité ? par Vincent Clairmont

Après un début d'année 2026 marqué par une ascension parabolique vers des sommets historiques à 5.608,35 dollars l'once en janvier, le marché de l'or a basculé dans une phase de turbulences inédites. Pour les investisseurs, la question n'est plus de savoir si l'or est une valeur refuge, mais quelle est la probabilité réelle de voir le métal jaune s'installer durablement au-dessus de la barre psychologique des 5.000 dollars. Cette chronique estime pour vous les chances de voir l'or dépasser les


Rédaction

Rédaction

Carcassonne : le maire RN chasse les mendiants du centre-ville

Carcassonne : le maire RN chasse les mendiants du centre-ville

À peine élu le 29 mars 2026, Christophe Barthès, nouveau maire Rassemblement national de Carcassonne, a signé un arrêté interdisant la mendicité dans certains périmètres du centre-ville. Mesure de « bon sens » pour rétablir l’ordre public, selon l’édile, mais « stigmatisation des plus précaires » selon la gauche. Dans un pays qui dépense des milliards en aides sociales, certains ont fait de la mendicité un métier rentable. Carcassonne vient de dire stop. Stylo en main, visage déterminé, le nouv


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany