Jean-Luc Mélenchon: « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et j’ai déjà épuisé quelques lièvres »

Jean-Luc Mélenchon: « Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et j’ai déjà épuisé quelques lièvres »


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Les sondages se suivent et se ressemblent pour la gauche, dans toute sa diversité. Ils sont moroses. Un seul candidat semble tirer son épingle du jeu: Jean-Luc Mélenchon,  qui semble assuré de passer la barre des 10%. Peut-il aller plus loin? Peut-on imaginer une dynamique en sa faveur qui le propulse au second tour?

J’utilise régulièrement, dans le cadre de mes analyses des droites en campagne, l’agrégation de datapolitics.fr. Pour la gauche aussi, elle donne une claire idée de l’évolution: La caputure d’écran ci-dessus montre le déclin inéluctable d’Anne Hidalgo (courbe rose). Le petit bout de courbe rose qui redémarre vers le haut correspond à l’entrée en campagne de Christine Taubira. Peut-elle sa courbe croisera-t-elle celle de Yaniick Jadot, le candidat vert, lui-même en déclin, à peine au-dessus de 5. Mais il y a loin de ces candidats à Jean-Luc Mélenchon qui semble désormais bien accroché à ses 10% (courbe rouge).  

Jusqu'où Jean-Luc Mélenchon peut-il monter?

Les enquêtes hebdomadaires de Cluster 17 sont intéressantes dans la mesure où elle prennent un échantillon plus large que ceux d’autres instituts de sondage. On y observe une montée de Jean-Luc Mélenchon. Il gagne encore un demi-point cette semaine. Le voici à 13% quand Eric Zemmour et Valérie Pécresse sont à 14%, Marine Le Pen à 15% (et Emmanuel Macron à 22). 

Alors peut-on imaginer un Jean-Luc Mélenchon créant finalement la surprise et dépassant les candidats de droite pour aller affronter Emmanuel Macron au second tour

En faveur de ce scénario: 

+  Jean-Luc Mélenchon est un vieux briscard de la politique, un bon orateur et il a fini la dernière présidentielle à quelques centaines de milliers de voix du second tour. 

+ Il occupe intelligemment le terrain de l’extrême-gauche et cela peut provoquer des ralliements quand un certain nombre d’électeurs de gauche auront à choisir entre lui et une candidate (ou deux) socialiste faiblarde pour marquer un refus de gauche d’Emmanuel Macron.  

Contre ce scénario

— Jean-Luc Mélenchon n’échappe pas à la réalité de la gauche française actuelle. Elle a perdu le peuple. Il tient solidement un électorat issu de la classe moyenne, en particulier des enseignants et des fonctionnaires. Mais il ne peut plus reprendre l’électorat populaire passé à droite: chez Marine Le Pen et chez Eric Zemmour. 

– Certes, il reste environ 30% d’électeurs indécis. Cependant, le basculement de ces électeurs jouera moins pour la gauche que pour une abstention élevée ou pour – éventuellement – un ralliement à Eric Zemmour. 

– en s’affichant régulièrement avec des militants islamo-gauchistes, en cultivant les liens avec les intellectuels woke, Jean-Luc Mélenchon s’est coupé d’un électorat républicain nationiste qui lui avait permis de faire son bon score de 2017. 

Cependant, le candidat n’a pas tort de déclarer: « Faites confiance à une tortue électorale sagace comme moi. Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Et j’ai déjà épuisé quelques lièvres ». Il est le seul à gauche qui tirera son épingle du jeu.  


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