La candidature Macron passée au crible de la matrice Mc Kinsey

La candidature Macron passée au crible de la matrice Mc Kinsey


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Emmanuel Macron tenait son seul et unique meeting de campagne ce samedi à Nanterre. Revendiquant 30.000 présents, le Président candidat a une nouvelle fois étalé son absence de programme et de vision pour le pays, se contentant d’égrener les bienfaits de la mondialisation et de consolider son positionnement marketing en mode Mc Kinsey. Définitivement, Macron est l’homme de la culture élitaire, tout entière fondée sur la communication et vide de toute idée durable.

Une chose est sûre, aujourd’hui : Macron n’a toujours pas de programme, et sa candidature est totalement fabriquée par l’esprit et la méthode Mc Kinsey, fondée sur des sondages commerciaux qui visent à comprendre les attentes du consommateur, et à créer des overdoses et des dépendances durables au produit toxique que l’on vend.

C’est le monde d’après : tout entier fondé sur la percolation d’images fabriquées qui remplacent les idées et les débats.

Macron, l’homme qui ne voulait pas débattre

Pour comprendre ce meeting dans tous sa « richesse », il faut le replacer dans le contexte de cette étrange campagne électorale, où le Président sortant explique, chaque fois qu’il s’agit de débattre avec les autres candidats qu’il a piscine Ukraine et que tous ces gens-là ne sont pas de son niveau.

Voilà donc une campagne présidentielle sans débat, avec un Président qui met soigneusement en scène chacune de ses apparitions, devant une presse aux ordres à qui il a versé plusieurs centaines de millions d’euros l’an dernier pour assurer sa survie.

Nous sommes supposés appeler ce système de connivence une démocratie…

Macron, l’homme qui n’avait pas de programme

Pour comble d’autoritarisme, Emmanuel Macron s’offre le luxe de n’avoir aucun programme clair, et de simplement présenter une boîte à outils techniques (façon Hollande, en son temps, rappelez-vous…) qu’il peut décliner pendant trois ou quatre heures sur scène comme un vendeur de Fiat Panda.

De ce point de vue, le meeting de samedi a confirmé ce qu’on pressentait déjà : en dehors de la retraite à 65 ans et du mi-temps de travail exigé en échange du RSA, Macron n’a pas de mesure forte à proposer, et il ne dévoile rien de ses intentions s’il est réélu.

Ce qui nous est proposé, c’est un referendum sur son nom : on fait confiance ou pas. Et une fois élu, il fait ce qu’il veut.

Dans ce monde d’après, la démocratie n’a plus de sens, et la participation du petit peuple aux décisions non plus. On élit une équipe qui s’occupe de notre bonheur et on se contente de regarder et d’obéir.

Macron et la méthode Mc Kinsey

Dans ce système de confiscation, il ne s’agit donc pas de présenter aux Français ce qui pourrait ressembler à un contrat de gouvernement dont ils pourraient mesurer l’accomplissement. Il s’agit simplement de donner envie « d’acheter » du Macron dans les urnes.

Pour y parvenir, rien de tel que la méthode Mc Kinsey, qu’on retrouvera ici :

Si l’on admet l’hypothèse (qui nous semble la plus plausible) que les consultants autour de Macron considèrent que leur candidat dispose d’un avantage concurrentiel de moyen à fort vis-à-vis de Marine Le Pen, de Zemmour et de Jean-Luc Mélenchon, qu’il suscite un attrait du marché moyen (c’est-à-dire globalement limité à sa base électorale de 2017 sans grand espoir d’en sortir), alors sa stratégie est de « rentabiliser prudemment » ou de « maintenir la position », éventuellement en investissant prudemment.

Bref, on ne prend pas de risque !

Côté investissement, Macron a surtout fait des emplettes à droite (avec les ralliements de Raffarin, Woerth, Estrosi, Muselier, et quelques autres) et à gauche (avec les ralliements de Rebsamen et Chevènement).

Pour le reste, on en dit le moins possible, on prend le moins de risque possible, et on reste sagement dans un couloir de nage à l’abri des vents.

Sans débat, des phrases hallucinantes

Grâce à ce grand remplacement de la politique par le marketing, Macron a donc pu prononcer, sans la moindre contradiction, des phrases absolument mensongères comme :

« Il n’y a pas plus plus puissant que la force tranquille de la fraternité », a ajouté Emmanuel Macron, en faisant un clin d’œil au slogan « la force tranquille » de la victoire du socialiste François Mitterrand à la présidentielle de 1981. Et il a appelé à « ne pas diluer nos forces dans les divisions » car « la France unie c’est celle qui se regarde en face, dans sa pluralité », cette fois en référence à « La France unie » prônée par M. Mitterrand lors de sa campagne de réélection en 1988.

Faut-il rappeler ici les innombrables sorties clivantes du Président Macron, qui appelait encore en janvier 2022 à « emmerder les non-vaccinés » ?

Jamais on aura laissé une telle imposture s’installer sans débat. Mais il est vrai que, dans le système Mc Kinsey, il ne s’agit plus de débattre ou de gouverner, mais simplement de vendre un candidat en lui faisant dire des phrases de circonstance qui composent un « narratif » promotionnel.

Gouverner par la peur

Dans cette logique marketing, un élément essentiel repose sur la mobilisation des émotions, et tout particulièrement des émotions négatives. Au premier chef, il faut utiliser la peur collective et activer le plus possible les menaces dont le produit est supposé protéger.

Sans surprise, face à la bonne tenue de Marine Le Pen dans les sondages, le candidait Macron a donc promis une pluie de sauterelles si sa rivale gagnait :

Leur programme, pourtant, ruinerait les petits épargnants, effondrerait leur pouvoir d’achat, amènerait à la faillite leurs retraites.

Rien que ça ? Bien entendu, personne n’a rappelé que le système de retraites sous Macron, a battu des records de déficits, de même que le budget de l’Etat. Personne n’a non plus, jusqu’ici, pu interroger le candidat Macron sur le pouvoir d’achat durant son quinquennat.

L’enjeu n’est pas là : il s’agit de faire peur, et de « rentabiliser » l’image du sauveur que les medias subventionnés ont patiemment tissée pendant cinq ans, au mépris obstiné des réalités et des évidences.

L’illusion fonctionnera-t-elle jusqu’au bout ? Le doute est permis.

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