Comment von der Leyen punira la France si Macron n’est pas élu

Comment von der Leyen punira la France si Macron n’est pas élu


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Et si Macron n’était pas élu au deuxième tour des présidentielles ? Et s’il était battu par exemple par Marine Le Pen ? Que se passerait-il ? La réaction d’Ursula von der Leyen à la victoire de Viktor Orban dimanche dernier en Hongrie donne un bel aperçu de l’âpreté avec laquelle la Commission européenne défendra sa survie et son pouvoir grandissant. Un scénario pire devrait se produire si un(e) candidiat(e) souverainiste triomphait en France.

Nous avons évoqué hier les conséquences immédiates, sur la scène intérieure, d’une victoire de Marine Le Pen aux présidentielles. Nous avons déjà pointé le fait que, de notre point de vue, la principale difficulté viendrait de la réaction européenne à cette victoire.

Comme promis, nous tentons de cerner les grandes lignes de ce que serait cette réaction.

Von der Leyen et la Hongrie : un exemple

Hier, Ursula von der Leyen, la toxique présidente de la Commission Européenne, annonçait qu’elle mettait en oeuvre le mécanisme de conditionnalité des subventions européennes à l’encontre de la Hongrie.

Il s’agit bien entendu d’une mesure de représailles après la victoire de Viktor Orban aux élections législatives, dimanche dernier. Cela nous rappelle que l’Union a une conception bien à elle de la démocratie.

Dans la pratique, il s’agit de mettre en oeuvre un mécanisme entré en vigueur le 1er janvier 2021 , appelé « Règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit », selon lequel un Etat qui est jugé ne pas respecter l’Etat de droit peut être sanctionné financièrement.

En l’espèce, la Commission pourrait priver la Hongrie des 10 milliards € de prêts auxquels elle a droit, sous prétexte de diverses violations de l’Etat de droit, notamment dans l’organisation de sa justice.

Certes, la procédure en vigueur prévoit une procédure contradictoire relativement longue. Mais l’intention est là : la Hongrie sera sanctionnée par la Commission parce qu’elle n’obéit pas aux règles démocratiques… définies par la Commission elle-même.

Quelle extrapolation à la France ?

Dans l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen (accréditée par les sondages), et dans l’hypothèse où la vainqueur mettrait en oeuvre son programme, on peut imaginer que la Commission appliquerait à la France le même règlement sur la conditionnalité liée à l’état de droit.

En particulier, Marine Le Pen annonce des mesures spécifiques à l’égard des étrangers, notamment en matière d’aide sociale ou de lutte contre l’islamisme, qui devraient entrer en confrontation directe avec le droit de l’Union Européenne.

Précisons que ces mesures seraient adoptées par referendum, ce qui empêche un contrôle par le Conseil Constitutionnel.

Indubitablement, la Commission Européenne n’hésitera pas à « dégainer » sur ce sujet, plus par peur d’un message de faiblesse envoyé à la nouvelle présidente, qui sera également présidente de l’Union jusqu’au 30 juin, que par intérêt sincère pour l’immigration.

Toutefois, comme nous l’avons précisé, ces procédures prennent du temps, et il faudrait compter au moins un an avant que la Commission ne puisse prendre des sanctions effectives contre la France.

La BCE et la guerre monétaire

Plus sérieuse en revanche seraient les mesures de rétorsion ou de déstabilisation que Christine Lagarde, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, rappelons-le, et donc engagée politiquement contre le Front National de l’époque, pourrait prendre.

Sur ce point, la perche serait d’autant plus simple à saisir que les opérations de la BCE sont menées dans une grande boîte noire sans indication transparente sur les bénéfices que chaque pays en retire.

Il serait donc assez simple pour la BCE de « casser les pattes » d’un nouveau gouvernement, en ne souscrivant plus à sa dette souveraine, ou en compliquant la tâche de ses banques grâce à une application discriminatoire du Quantitative Easing.

En l’espèce, on voit mal quelle règle de droit empêcherait la Banque de mener une politique aussi ciblée. Les traités n’avaient déjà pas prévu des interventions économiques et financières directes de la BCE dans la vie réelle (comme l’avait relevé la Cour de Karlsruhe en son temps)… on voit mal comment ils pourraient empêcher la fin de ces interventions.

Bien entendu, l’action de la BCE ouvrirait une crise politique majeure au sein de l’Union. Mais Christine Lagarde pourrait considérer qu’elle a de bonnes raisons de lancer les hostilités.

Pourquoi la BCE pourrait déclarer la guerre à une France souverainiste

Peu de Français l’ont compris, mais la France est en sursis financier auprès de ses partenaires européens depuis de nombreuses années.

Endettée et plombée par des politiques publiques extrêmement coûteuses, comme notre système de retraite, la France ne doit son salut qu’à la nécessité d’éviter la désignation d’un gouvernement souverainiste.

Face à cette menace du pire, Emmanuel Macron a pu obtenir une vraie tolérance allemande vis-à-vis de ses écarts budgétaires.

Et papatras ! malgré ces concessions, le pire surviendrait.

Immédiatement, de nombreux partenaires européens qui sont excédés par les abus français  réclameraient des efforts et refuseraient de prolonger leur solidarité vis-à-vis d’une Présidente plutôt anti-européenne et proche de Vladimir Poutine (au moins dans les esprits).

Concrètement, donc, l’argent viendrait à manquer et les taux d’emprunt français exploseraient rapidement. La charge de la dette deviendrait insoutenable, et la nouvelle majorité devrait arbitrer entre des concessions à l’Union (notamment sur la réforme des retraites, mais sans doute au-delà) et une rupture consommé avec l’Union. Autrement dit l’annonce d’un Frexit ou d’un schisme qui y ressemblerait furieusement.

L’heure de vérité pour la France

Latent depuis de nombreuses années, le Frexit s’imposera rapidement comme le thème politique majeur en France en cas de défaite d’Emmanuel Macron.

Cette question nous pend au nez depuis si longtemps… et nous y échappons chaque fois en perdant de la crédibilité auprès de nos partenaires, faute d’arbitrer clairement entre notre adhésion à l’ordo-libéralisme de Maastricht et notre propension à vivre au-dessus de nos moyens.

Pour Marine Le Pen, cette échance ressemblera à un terrible moment de vérité.

Beaucoup de ses électeurs ont en effet l’illusion qu’un Frexit (alimentés en cela par de nombreux étatistes partisans de cette émancipation radicale) les débarrasserait de toute contrainte budgétaire.

Comme nous l’avons déjà expliqué plusieurs fois, c’est en réalité le contraire qui se prépare. En effet, nous pouvons aujourd’hui emprunter à bas prix pour nourrir notre foisonnante bureaucratie grâce à la promesse allemande de rembourser à notre place en cas de problème. Du jour où nous nous fâchons avec nos protecteurs… l’exercice deviendra beaucoup plus compliqué.

Comme Mitterrand en 1981, mais dans des délais beaucoup plus rapides, Marine Le Pen devra donc arbitrer entre le tournant de la rigueur pour rétablir les comptes publics, ou bien laisser filer la spéculation jusqu’à l’effondrement.

Les libertariens se réjouiront de cette échéance accélérée, car nous sommes convaincus que la seule voie possible est d’amaigrir notre bureaucratie avec des traitements de choc. Mais peu de gens ont compris l’imminence du gouffre.

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