La réponse immunitaire humorale, plus forte que les vaccins ?

La réponse immunitaire humorale, plus forte que les vaccins ?


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La pandémie de Covid-19 que le monde a subie depuis 2020 a suscité de nombreux questionnements auprès du grand public. Alors que plusieurs pays lâchent du lest quant aux mesures très restrictives destinées à prévenir la propagation de la maladie, le débat sur l’immunité obtenue naturellement et celle due aux vaccins est plus que jamais d’actualité.

Le système immunitaire face aux virus respiratoires

Certaines maladies ne s’attrapent qu’une seule fois en une vie. C’est le cas de la plupart des maladies infantiles telles que la varicelle, la rougeole ou la rubéole. Dans ce cas, l’immunité naturelle est permanente, s’expliquant par le fait que ces maladies sont provoquées par des virus à ADN. Ce sont des virus ayant un génome stable qui fait réagir les défenses immunitaires produisant rapidement des anticorps lors d’une première infection. Lors d’une deuxième infection, le système immunitaire le détecte immédiatement et fait en sorte d’éviter que le virus ne puisse pas se développer.

Ce principe n’est cependant pas valable pour les maladies provoquées par des virus respiratoires causant le rhume ou le virus respiratoire syncytial (VRS), principal responsable des infections respiratoires chez les enfants les plus jeunes. Ces virus peuvent infecter et réinfecter les personnes plusieurs fois, et parfois même successivement dans un laps de temps très court. Cela est également le cas avec le virus du Covid-19. Il est tout à fait possible qu’une personne ayant déjà été infectée puisse être réinfectée.

Réponse immunitaire humorale : des anticorps plus performants

Des chercheurs israéliens du Sheba Medical Center, de la ville de Ramat Gan, ont porté leurs analyses durant huit à dix mois sur 532 personnes réparties en deux groupes, dont 402 d’entre elles n’ont pas été infectées par le coronavirus, mais ont reçu deux doses du vaccin Pfizer. Les 130 autres ont été guéries et n’ont pourtant jamais été vaccinées.

L’objectif principal de cette étude est de comparer la réponse immunitaire humorale, qui est par définition, « l’ensemble des processus menant à la production d’anticorps suite à une stimulation du système immunitaire ». Les chercheurs ont pu constater que l’indice de qualité de la performance des anticorps connait une hausse progressive chez les personnes ayant guéri et naturellement immunisées du Covid-19. Néanmoins, celles qui ont été vaccinées sans avoir été infectées n’ont connu aucune amélioration de la qualité de leurs anticorps.

L’immunité des personnes ayant été naturellement infectées par le SARS-CoV-2 s’étend à partir de 6 mois postinfection. Cela a pu être déterminé après avoir mesuré l’index d’avidité. Lorsque celui-ci est élevé, cela signifie que l’infection était ancienne.

Cette étude comparative entre immunité vaccinale et immunité naturelle démontre que les cellules naturellement infectées sont immunocompétentes, qu’elles sont capables de détruire le coronavirus pendant une plus longue période, ce qui n’est pas le cas des personnes vaccinées. Conformément à cette étude, les personnes ayant été naturellement immunisées sont par la suite plus longtemps protégées.

Les résultats sont toutefois à nuancer, car ils ont été effectués avant que n’apparaissent les variants Delta ou Omicron. Les participants concernés ont été touchés par les variants originaux Alpha et Bêta. Pour des résultats plus pertinents et poussés, il serait plus judicieux de suivre des sujets ayant été infectés deux fois, dont la seconde fois par les derniers variants et qui en ont guéri.

Des anticorps neutralisants face au virus ?

Ces chercheurs israéliens ne sont pas les seuls à avoir mené des études sur cette immunité naturelle. Une étude sérologique a été entreprise sur 8758 soignants du CHU de Toulouse du 10 juin au 10 juillet 2020. Son objectif était de déterminer le taux de personnes ayant été infectées par le SARS-Cov-2 au sein de cette population en permanence exposée au virus.

À la suite du prélèvement, 276 soignants sur les 8758 étaient porteurs du virus. Chez 95 % d’entre eux, un anticorps neutralisant a été détecté, ce qui leur permet de contrôler l’infection. En revanche, leur taux de concentration varie d’une personne à une autre. Ils ont été suivis pendant 167 jours, à l’issue desquels un nouveau prélèvement a été effectué, selon Chloé Dimeglio, biostatisticienne dans le laboratoire de virologie du Pr Jacques Izopet au CHU de Toulouse.

Les anticorps neutralisants de près de 97 % d’entre eux se sont avérés être en hausse ou stabilisés, démontrant que l’immunité naturelle acquise lors d’une première infection est d’environ six mois.

Elle a déclaré :

« Nous avons voulu regarder s’ils avaient des anticorps neutralisants, et quelle était leur concentration. Au moins 95 % de ces personnes avec trace du SARS-Cov-2 étaient porteuses de ces anticorps neutralisants, mais avec des différences de concentration d’une personne à une autre. La suite logique était de les suivre dans le temps, pour savoir combien de temps durait leur immunité. Les soignants ont donc été à nouveau prélevés fin novembre, ce qui correspond à une durée moyenne de suivi de 5 à 6 mois (167 jours). Chez 96,7 % d’entre eux, leur taux d’anticorps neutralisant était soit stable, soit à la hausse. Ce qui signifie que l’immunité acquise après une première infection au coronavirus dure au moins six mois et c’est plutôt une bonne nouvelle. »

Elle a toutefois ajouté :

« L’immunité après une infection naturelle semble inférieure à celle conférée par les vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) qui est de 95 %. Donc nous avons intérêt à nous faire vacciner. Et lorsque la Haute Autorité de Santé recommande de se faire vacciner à partir de trois mois après une première infection, c’est cohérent ».

Quoi qu’il en soit, pour observer l’évolution de l’immunité à plus long terme chez ces soignants, les chercheurs poursuivront cette étude durant deux ans au moins.


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