Quand Macron annonce et cite le Great Reset en plein Conseil des Ministres

Quand Macron annonce et cite le Great Reset en plein Conseil des Ministres


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Macron a introduit le Conseil des Ministres par des paroles limpides sur « la grande bascule » ou « le grand bouleversement » que nous sommes en train de vivre. Dans leur grande majorité, les medias subventionnés ont cherché à expliquer pour quelles raisons le chef de l’Etat « dramatise » la situation actuelle. Ces propos sont pourtant déjà exposés, mot pour mot, dans le Great Reset de Klaus Schwab, en juillet 2020. Mais il est vrai que les journalistes stipendiés par le pouvoir qualifient cette théorie de complotiste. On ne s’étonnera donc pas de leur incompréhension face à la ligne présidentielle.

Il faut absolument lire les propos incrédules des journalistes officiels sur les annonces d’Emmanuel Macron au Conseil des Ministres. L’intéressé a en effet ouvert son premier conseil de rentrée en expliquant :

« Je crois que ce que nous sommes en train de vivre est de l’ordre d’une grande bascule ou d’un grand bouleversement », a déclaré le président de la République lors de son allocution exceptionnellement retransmise. « Nous vivons la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance ». Pour Emmanuel Macron, nous vivons aussi la « fin des évidences » avec « la montée des régimes illibéraux et le renforcement des régimes autoritaires » ainsi que « la fin d’une forme d’insouciance ».

Bref, nous sommes en train de tourner une page de l’histoire. Il n’y a guère que les journalistes parisiens intellectuellement éteints, qui relaient pourtant quotidiennement les annonces sur les pénuries à venir, pour penser que cette formulation soit dramatisante. Nos lecteurs, familiers du Great Reset de Klaus Schwab, savent depuis de nombreux mois que c’est ce projet qui guide la stratégie des gouvernements occidentaux depuis la mise en scène du COVID.

Des propos tirés de Schwab et de son Great Reset

Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir le livre de Schwab pour le comprendre. Par exemple, on lit page 123 de l’édition française :

De nombreux gouvernements commencent à agir, mais il faut faire beaucoup plus pour faire basculer le système vers une nouvelle norme favorable à la nature et faire comprendre à une majorité de personnes dans le monde entier que ce n’est pas seulement une nécessité impérieuse, mais aussi une opportunité considérable.

« Faire basculer le système vers une nouvelle norme »… On pourrait appeler cela la « Grande Bascule ». Et de ce que Schwab écrit, cette nouvelle norme doit être « favorable à la nature ».

On retiendra surtout que cette « Grande Bascule » n’est pas un phénomène inévitable. Elle résulte d’une orchestration politique, d’une action délibérée, bien plus volontariste que la gestion du COVID, selon Schwab. Ce que Macron nous annonce, c’est que la guerre en Ukraine est cette action volontariste qui permet de faire basculer le système dans une « nouvelle norme ».

Page 195, on trouve une formule encore plus limpide sous la plume de Schwab :

Lorsqu’un point de bascule est atteint, l’inégalité extrême commence à éroder le contrat social et se traduit de plus en plus par des comportements antisociaux (voire criminels) souvent dirigés contre la propriété. En conséquence, il faut envisager l’évolution des modes de consommation. Comment cela pourrait-il se dérouler ? La consommation ostentatoire pourrait tomber en disgrâce. (…) En termes simples, dans un monde post-pandémique assailli par le chômage, les inégalités insupportables et l’angoisse au sujet de l’environnement, l’étalage ostentatoire de richesses ne sera plus acceptable.

Il est frappant de voir comment cette citation a une dimension quasi-prémonitoire. On dirait du Macron dans le texte, en format août 2022. Tout y est : le monde post-pandémique, l’angoisse de l’environnement, les inégalités insupportables, l’évolution des modes de consommation.

La vision du Great Reset se met en place

Lorsqu’Emmanuel Macron parle de « grande bascule », il ne fait donc pas allusion à un accident de l’histoire, mais à un scénario appelé de ses voeux par le fondateur du Forum Economique Mondial. Dans la vision de ce gourou funeste, la responsabilité des gouvernements « libéraux » est d’infléchir le cours de l’histoire pour anticiper la crise écologique.

On ne sera donc pas surpris de retrouver tous ces thèmes dans les discours d’Emmanuel Macron cet été : réchauffement climatique, pénuries d’énergie à venir, fin de l’ère de la consommation.

Les raisons pour lesquelles ce projet politique se met en place sont exposées par Schwab lui-même : il s’agit d’éviter « des comportements antisociaux (voire criminels) souvent dirigés contre la propriété ». On comprendra que la propriété à laquelle il est fait allusion n’est pas celle, insignifiante, de M. et Mme Toulemonde, mais seulement celle des financeurs de Davos.

L’appel à en finir avec « l’étalage ostentatoire de richesses » fait étrangement écho à la décision macronienne d’interdire les jets privés… ou en tout cas d’en limiter l’utilisation.

Médiocrité du journalisme et mésinformation

Face à ce projet écrit, connu d’avance, détaillé, expliqué en long et en large par Klaus Schwab lui-même, le journaliste français moyen (c’est-à-dire médiocre) confesse son incompréhension et con incrédulité. Cet aveu de bêtise concerne également les commentateurs officiels de la geste présidentielle.

Par exemple, dans les colonnes de l’Express, Philippe Moreau-Chevrolet, professeur à Sciences-Po, déclare :

Le président de la République est un bon commentateur politique mais à mon sens il n’a pas envoyé un bon message politique ce mercredi car on ne comprend pas ce qu’il veut dire ni ce qu’il prépare.

Pour comprendre ce que Macron « veut dire » et « ce qu’il prépare », il suffit évidemment d’avoir lu le Great Reset, puisque le livre est assez détaillé pour que nous comprenions à quoi ressemble le futur qu’un Emmanuel Macron a déjà commencé à bâtir.

Mais, pour franchir ce cap, il faut rompre avec la débile, l’affligeante, l’atterrante théorie selon laquelle citer le Great Reset relève du complotisme. Et, pour beaucoup de journalistes et d’analystes, reconnaître qu’ils ont enfumé le public pendant de nombreux mois en expliquant mordicus que le projet qui se met en place était une théorie complotiste, est évidemment un acte d’humilité et de repentance insupportable.

Les débiles et les populistes, c’est nous. Eux ne sont qu’intelligence et clairvoyance !

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