Scandale : Ségolène Royal était-elle payée pour intervenir sur BFM TV ?

Scandale : Ségolène Royal était-elle payée pour intervenir sur BFM TV ?


Partager cet article

Ségolène Royal a vécu des heures difficiles après sa sortie sur la propagande de guerre ukrainienne. Sur BFM TV, il est manifestement interdit de prétendre que Zelensky et consorts utilisent des armes de propagande, ce qui constitue pourtant une évidence pour tout le monde. Mais... la réaction de la chaîne, et les termes utilisés par Fogiel et Royal pour évoquer la situation posent problème : tout indique que Ségolène Royal est liée par un contrat lucratif à BFM TV. Donc, elle était payée par la chaîne pour intervenir.

Quelque chose gêne dans le conflit entre Ségolène Royal et la chaîne BFM TV où elle a affirmé que l’Ukraine menait une propagande de guerre mensongère. Nous l’avons largement évoqué ce matin. Le problème ne tient pas aux propos évidents de Ségolène Royal, qui a dit tout haut ce que tous les gens normalement constitués savent depuis toujours (à savoir que l’Occident aussi pratique la propagande). Le problème tient à la nature de ses liens avec BFM TV.

Ségolène Royal était-elle une chroniqueuse rémunérée ?

Dans l’extrait vidéo que nous diffusons ci-dessus, la question est posé d’emblée : « Ségolène Royal reste-t-elle chroniqueuse ? »

Le mot n’est pas anodin : la question ne vise pas les invitations ou non de Ségolène Royal sur BFM. Elle concerne son statut : sera-t-elle encore « chroniqueuse » ? Ce n’est pas invitée, ce n’est pas intervenante, c’est « chroniqueuse », un statut pour lequel elle s’était déclarée candidate en 2017 urbi et orbi.

Quelle différence entre intervenante et chroniqueuse ? Dans un cas, tu es payé, pas dans l’autre.

Et tout indique aujourd’hui que, depuis 2017, Ségolène Royal (que nous avons interrogée sur ce sujet, sans recevoir de réponse à ce stade) a « couru le cachet ». Ainsi, en septembre 2020, on apprenait qu’elle avait été embauchée sur LCI :

Le Journal du Dimanche a effectivement révélé dans sa dernière édition que Ségolène Royal allait devenir débatteuse régulière sur LCI !

Autrement dit, depuis septembre 2020, Ségolène Royal disposait d’un contrat régulier, semble-t-il, pour fournir des contenus éditoriaux à cette filiale de TF1. Ce contrat était-il rémunéré ? A quelle hauteur ? Nous ne le savons pas encore.

Royal et BFM

S’agissant de BFM TV, la télévision de Patrick Drahi dirigée par Marc-Olivier Fogiel, les informations sont encore plus opaques, et encore plus troublantes !

Ainsi, lit-on sur plusieurs sites que Ségolène Royal était « chroniqueuse depuis la rentrée » sur BFM TV. C’est notamment le cas sur le blog bien informé de Morandini (lequel Morandini fut promptement attaqué par Fogiel sur des affaires de moeurs) :

Le jeudi 1er septembre, Ségolène Royal, chroniqueuse depuis la rentrée sur BFM TV, avait réagi en direct sur l’antenne à un rapport publié par Amnesty international concernant les crimes de guerre des forces russes en Ukraine et notamment le bombardement d’une maternité. (…) Mais l’affaire ne s’arrête pas là, car on apprend désormais, que Ségolène Royal est virée de son poste de chroniqueuse sur BFM TV. »

On en déduit donc que Ségolène Royal était titulaire « d’un poste ». Pour l’instant, la presse n’a pas expliqué si elle était payée pour ses fonctions ni, les cas échéant, combien elle était payée. Mais tout semble concorder pour nourrir la certitude que cette affaire était commerciale et lucrative.

Perte de confiance et droit du travail

Sans que le grand public n’y soit forcément attentif, ce qui a les apparences d’une bataille juridique s’est depuis lors déroulé par caméras interposées entre Ségolène Royal et ses employeurs de BFM.

Ainsi, après ses propos sur la maternité ukrainienne qui, selon elle, n’aurait pas été bombardée par les Russes, en tout cas pas de façon aussi claire qu’on ne l’a dit, Ségolène Royal a invoqué le délit d’opinion pour condamner la décision de la chaîne de la mettre à l’écart :

Ainsi donc je suis censurée de BFMTV pour avoir dit des vérités interdites et, crime encore plus grave, avoir accepté une autre chaîne télé pour en parler. (…) Autoritarisme bizarre pour tout média censé respecter la liberté d’expression et d’opinion.

Marc-Olivier Fogiel a bien senti la menace : il a prétexté d’une absence à une émission pour évoquer la « perte de confiance » !

Cette bataille est tout sauf anecdotique : manifestement, BFM cherche le bon prétexte pour « virer » proprement Ségolène.

Rappelons que la perte de confiance est une notion relativement cadrée en droit du travail.

Ségolène Royal payée pour intervenir à la télévision ?

Reste une question pendante, sur laquelle il serait bon que Ségolène Royal s’exprimât : était-elle oui ou non payée par BFM pour analyser la situation ukrainienne ? On peut en effet convenir entre nous du fait que parler librement d’Ukraine n’est pas exactement la même chose que d’évoquer le sujet dans le cadre d’un contrat de prestation où la parole est achetée…

Et, sur le fond, qu’un politique parle d’un sujet en échange d’une somme d’argent, comme certains médecins ont pu le faire à propos des vaccins, change un tout petit peu la donne.

Ne faudrait-il pas que les chroniqueurs rémunérés soient soumis à l’obligation de transparence sur les conditions de leur rémunération ?


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Le 17 mars, Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron, dînait au restaurant Laurent, adresse huppée du 8e arrondissement. Un espace de sociabilité où se croisent influence, notoriété et capital relationnel. Le message est clair : on n’entre pas ici par hasard. Mardi 17 mars, Tiphaine Auzière, avocate engagée et fille de Brigitte Macron, a présidé le jury de la première édition du prix de la Pensée libre au restaurant Laurent, dans le 8e arrondissement de Paris. Accompagnée de Florian Tardif, J


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Bien entendu, la question pique les yeux : le droit de vote est-il encore essentiel à un système politique adapté à notre temps ? Longtemps je l'ai cru, mais je dois reconnaître que, dans ma lucidité mélancolique, je ne puis que rejoindre tant de libertariens, essentiellement américains d'ailleurs, pour regretter la misère de cette forme inférieure de prise en compte de l'intérêt général. Je fais partie de la génération post-boomers (je suis né en 1968, donc après les boomers à proprement parle


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

S'il y a une chose que la bureaucratie parisienne maîtrise mieux que la création de pistes cyclables impraticables, c’est l’art du « circulez, y’a rien à voir ». Mais quand le « rien à voir » concerne 52 animateurs suspendus en trois ans pour des déviances sexuelles au milieu de nos chères têtes blondes, le vernis socialiste finit par craquer. Bienvenue dans le merveilleux monde du périscolaire parisien, ce sanctuaire de l'enfance qui ressemble de plus en plus à un coupe-gorge administratif fin


CDS

CDS

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Mentionné à 673 reprises dans les documents déclassifiés liés à l’affaire Epstein, Jack Lang a quitté le 7 février la présidence de l’Institut du monde arabe après treize ans en poste. Entre enquête pour blanchiment et témoignages sur son train de vie, l’ancien ministre voit chaque jour son image vaciller. Suite à la publication de certains documents prouvant ses liens avec Jeffrey Epstein, le pédocriminel, Jack Lang fait l’objet d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». De


Rédaction

Rédaction