L’Allemagne capitule face à la destruction américaine de sa puissance économique et politique

L’Allemagne capitule face à la destruction américaine de sa puissance économique et politique


Partager cet article

Ce qui s'est passé hier 27 septembre 2022 est un événement d'une portée colossale. L'Allemagne est restée totalement passive devant le sabotage des gazoducs Nordstream 1 et 2. C'est-à-dire que l'Allemagne a renoncé à exercer sa souveraineté et à demander des comptes à la puissance étrangère à l'origine du sabotage. Les dirigeants berlinois sentent bien tout le ridicule qu'il y aurait à accuser la Russie. Mais alors, vers qui se tourner, sinon vers les Etats-Unis? Le 7 février 2022, Olaf Scholz n'avait pas bronché lorsque, durant une conférence de presse commune à la Maison Blanche, Joe Biden avait dit froidement que les Etats-Unis ne se priveraient pas 'd'arrêter Nordstream 2" en cas de guerre. Le 27 septembre 2022, il semble bien que les Etats-Unis soient passés à exécution. Et l'Allemagne s'est couchée: elle n'existe plus comme puissance politique.

Selon les services allemands, il semble que les dommages subis par les deux gazoducs Nordstream 1 et 2 les rendent inutilisables. 

Pour autant, on se serait attendu à une déclaration solennelle du Chancelier Scholz; à la convocation d’un Conseil européen exceptionnel; à la demande par la France, en accord avec l’Allemagne, d’une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. 

Eh bien, non, rien de tout cela! Le gouvernement allemand s’est contenté de prendre bonne note du fait que l’on parlait d’un sabotage. Ils ont laissé les médias allemands se répandre sur ce sabotage « qui ne pouvait venir que des Russes ». Mais le Chancelier Scholz ne va pas se payer le ridicule d’accuser les Russes quand Joe Biden l’avait prévenu le 7 février dernier. 

Joe Biden l'avait annoncé, le 7 février 2022, en présence d'Olaf Scholz

Germany suspects sabotage to Nordstream Pipelines Sept. 27, 2022

Biden: « If Russia invades..then there will no longer be a Nordstream 2 » February 7, 2022 pic.twitter.com/1OW66ci6SC

— TaraBull (@TaraBull808) September 27, 2022

La vidéo que nous remettons à disposition ci-dessus a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux. On y voit Joe Biden déclarer froidement que les Etats-Unis sont prêts à « arrêter Nordstream2 ». Au sens propre aou au sens figuré? Ce qu’on ne voit pas sur cet extrait c’est qu’Olaf Scholz est devbout au pupitre d’à côté. Quelle humiliation. Surtout lorsque la journaliste demande à l’occupant de la Maison Blanche: mais comment ferez-vous vu que les gazoducs sont sous contrôle allemand? Et Biden, aussi diminué physiquement soit-il, de répondre froidement: nous saurons nous y prendre. 

C’était une humiliation considérable. Et dès cette époque le Chancelier Scholz n’a pas réagi. Sept mois plus tard, il s’est carrément couché. Certes l’AfD s’est émue. Et des Allemands continuent à manifester. Mais  le monde dirigeant allemand subi. On lui détruit des milliards d’investissements et des trilliards de croissance à venir. Pourtant l’Allemagne ne proteste pas. Pous la seconde fois de son histoire elle capitule, en moins de 80 ans. 

Une capitulation sans conditions

Certes, ce n’est pas dans l’ignominie, comme en 1945. On ne peut pas reprocher à l’Allemagne d’avoir une nouvelle fois mis à feu et à sang le continent européen et commis des génocides. L’effondrement en est d’autant plus étonnant. 

Non seulement l’Allemagne va voir s’effondrer son économie dans les prochains mois; mais elle est rayée de la carte comme puissance reconstituée après 1945. 

Rappelons-nous comme nos dirigeants ont eu peur de la réunification, de la nouvelle puissance allemande. On parlait même du IVè Reich. En trente ans, cela se termine en sinistre farce: Olaf nous met en scène la servitude volontaire. 

Je ne suis pas sûr que nous nous rendions compte, nous autres Français, de ce que cela signifie: nous avons voulu nous aligner à tout prix sur une puissance qui n’en était pas une. 

Et puis, surtout, nous nous sommes complètement trompés d’ennemi. L’ennemi de la France et de l’Union Européenne, ce n’est pas la Russie. Elle ne demandait qu’à continuer à travailler en bonne entente. L’ennemi, ce sont les Etats-Unis, qui sont dans le pur rapport de forces; qui se moquent bien de Kant, ce philosophe sans expérience de la nature humaine, qui disait que deux républiques ne peuvent pas être ennemis; et qui ont décidé d’atteindre au moins un de leurs objectifs dansd cette guerre: briser tout lien entre l’Allemagne et la Russie. 


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

On connaissait le "Big Mac" diplomatique, voici venu le temps du TACO. Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle franchise de fast-food s'installant dans les Grisons, mais de l'acronyme qui fait désormais trembler (de rire ou d'effroi) les chancelleries : Trump Always Chickens Out (Trump se dégonfle toujours). Le scénario est devenu aussi prévisible qu’un épisode de téléréalité des années 2000. Acte I : La menace nucléaire commerciale. Acte II : Le chantage surréaliste. Acte III : La pirouette fi


CDS

CDS

Trump prépare-t-il la mort du populisme MAGA, aux USA et en Europe?

Trump prépare-t-il la mort du populisme MAGA, aux USA et en Europe?

Il y a un an, jour pour jour, le "Trump 2.0" s'installait à la Maison-Blanche dans une atmosphère de kermesse impériale, promettant de "finir le travail" et de restaurer la grandeur d'une Amérique humiliée. Qu'en est-il aujourd'hui ? Et la politique de Trump ne porte-t-elle pas aujourd'hui en germe une immense déception, toxique, létale, pour ce qu'on appelle le populisme ? Il y a un an, donc, les élites mondialisées de Davos tremblaient — ou feignaient de trembler —, les marchés retenaient leu


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

28è Etat de l'Union : le point, par Elise Rochefort

28è Etat de l'Union : le point, par Elise Rochefort

Le concept du « 28e État européen » (plus techniquement appelé le 28e régime) n'est pas une entité géographique, mais un statut juridique supranational unique. Il s'agit d'un cadre légal européen qui existerait parallèlement aux 27 droits nationaux, permettant aux entreprises de s'en servir pour opérer uniformément dans toute l'Union européenne. Voici les points clés pour comprendre cette mesure phare de l'actualité européenne que le Courrier avait déjà évoqué avec Ulrike Reisner le 31 janvi


Rédaction

Rédaction

Ce n'est pas la BCE qui plafonne le paiement en cash à 1 000 €, mais bien la France... par Elise Rochefort

Ce n'est pas la BCE qui plafonne le paiement en cash à 1 000 €, mais bien la France... par Elise Rochefort

Le Forum de Davos 2026 s’achève dans une ambiance électrique. Entre les tensions diplomatiques avec l’administration américaine et les débats sur la souveraineté numérique, une rumeur s'est frayé un chemin sur les réseaux sociaux : Christine Lagarde aurait « refusé de justifier » le plafonnement des paiements en espèces à 1 000 € lors d'une session du WEF. S’il est vrai que la présidente de la Banque Centrale Européenne (BCE) a quitté une table ronde cette semaine — excédée par les provocations


Rédaction

Rédaction