Radek Sikorki a effacé le tweet où il remerciait les USA d’avoir saboté les gazoducs

Radek Sikorki a effacé le tweet où il remerciait les USA d’avoir saboté les gazoducs


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Lundi soir 26 septembre, Radek Sikorski, ancien ministre polonais des Affaires étrangères, avait remercié les USA pour le sabotage de Nordstream 1 et Nordstream2.  Hier soir 29 septembre, il l'a effacé! Tout en gardant le texte d'autres tweets se réjouissant de l'opération. Puis il a tout effacé. Au même moment, le renseignement russe fait savoir qu'il a des informations abondantes sur l'implication occidentale dans la destruction des gazoducs en quatre endroits différents. Commençons à dérouler le fil d'une opération où se mêlent, entre autres, des calculs américains et ceux, non moins sordides, d'une partie de la classe politique polonaise. En attendant plus de révélations. Car il se pourrait que ce qui remonte à la surface ne soit pas seulement le gaz s'échappant des tuyaux mais des preuves concrètes du nihilisme occidental en action. Et ce n'est pas beau à voir.

EU parliamentarian Radek Sikorski deletes his tweet two days later attributing the bombing of Nord Stream to the U.S. His follow up tweets remain.

Now it looks even more suspicious. pic.twitter.com/TZMr11Fmfa

— Dan Cohen (@dancohen3000) September 29, 2022

Cela c’était l’état des choses hier en début d’ après-midi.

Voici quel était le tweet d’origine, en capture d’écran:

Dans un premier temps il a été effacé mais on pouvait lire encore les deux tweets suivants:

Et puis ce matin, plus rien sur le compte twitter anglophone du député européen, ancien ministre des Affaires étrangères polonais. 

Y a-t-il une implication de commandos polonais dans une opération sous commandement américain?

Voilà ce qu’on peut lire sur le blog de John Helmer, un journaliste américain très critique de la politique étrangère américaine et aujourd’hui basé à Moscou – où il a accès à des « off »: 

« L’opération militaire menée dans la nuit de lundi à mardi, qui a consisté à tirer des munitions pour percer des trous dans les pipelines Nord Stream I et Nord Stream II au fond de la mer Baltique, près de l’île de Bornholm, a été exécutée par la marine et les forces spéciales polonaises.

Elle a bénéficié de l’aide des militaires danois et suédois, a été planifiée et coordonnée avec les services de renseignement et le soutien technique des États-Unis et a été approuvée par le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

L’opération est une répétition de l’opération Bornholm Bash d’avril 2021, qui avait tenté de saboter les navires russes posant les conduites de gaz, mais s’était soldée par une retraite ignominieuse des forces polonaises. Il s’agissait d’une attaque directe contre la Russie. Cette fois-ci, l’attaque vise les Allemands, en particulier le lobby des entreprises et des syndicats et les électeurs est-allemands, avec un plan visant à rendre Moscou responsable des problèmes qu’ils ont déjà – et des problèmes à venir avec l’hiver ».

John Helmer décrit ensuite la lutte interne féroce, en Pologne, pour apparaître comme le plus intransigeant contre la Russie aux yeux de la population. Et utiliser au mieux la politique américaine afin de renforcer le poids de la Pologne en Europe: 

« La valeur politique pour M. Morawiecki, qui se présente déjà aux élections polonaises dans onze mois, est la prétention de son gouvernement à avoir résolu tous les besoins de la Pologne en gaz et en électricité pendant l’hiver – alors qu’il sait que cela ne se réalisera pas.

Inaugurant le projet Baltic Pipe, vieux de 21 ans, à partir des réseaux gaziers norvégien et danois, Morawiecki a annoncé : « Ce gazoduc marque la fin de l’ère de la dépendance au gaz russe. C’est aussi un gazoduc de sécurité, de souveraineté et de liberté, non seulement pour les Polonais, mais aussi, à l’avenir, pour d’autres… Le gouvernement de [Donald] Tusk, leader de la Plate-forme civique (opposition), préférait le gaz russe. Ils voulaient conclure un accord avec les Russes même d’ici 2045… Grâce au Baltic Pipe, à l’extraction dans les gisements polonais, à l’approvisionnement en GNL depuis les États-Unis et le Qatar, ainsi qu’à l’interconnexion avec ses voisins, la Pologne est désormais sécurisée en termes d’approvisionnement en gaz. »

L’ancien ministre de la défense et des affaires étrangères de la Plateforme civique, Radek Sikorski, a également célébré l’explosion de Bornholm. « Comme on dit en polonais, une petite chose, mais tellement de joie ». « Merci les États-Unis », a ajouté M. Sikorski, détournant le crédit de l’opération, loin de son rival intérieur Morawiecki, vers le président Joseph Biden ; il avait publiquement menacé de saboter la ligne en février. L’ambassadeur de Biden à Varsovie soutient également le parti de Sikorski, la Plate-forme civique, pour remplacer Morawiecki l’année prochaine.

L’attentat ne fait pas qu’envenimer la campagne électorale polonaise. Il s’inscrit également dans le cadre du plan du gouvernement Morawiecki visant à attaquer l’Allemagne, d’abord en relançant la demande de réparations pour l’invasion et l’occupation de 1939-45, puis en ciblant la complicité, la corruption et l’apaisement supposés de l’Allemagne dans le projet russe de diriger l’Europe aux dépens de la Pologne. .

« La politique d’apaisement à l’égard de Poutine », a annoncé en juin le PISM, le groupe de réflexion officiel du gouvernement à Varsovie, « fait partie d’une tentative américaine de se libérer de ses obligations de maintien de la paix en Europe. Le marché est le suivant : les Américains permettront à Poutine de terminer la construction du gazoduc Nord Stream 2 en échange de l’engagement de Poutine à ne pas l’utiliser pour faire chanter l’Europe de l’Est. Cela vous semble convaincant ? Cela ressemble à quelque chose que vous avez déjà entendu ? Ce n’est pas sans raison que Winston Churchill a commenté le processus de décision américain : « On peut toujours faire confiance aux Américains pour faire ce qui est juste, une fois que toutes les autres possibilités ont été épuisées ». Cependant, en menant une telle politique maintenant, l’administration Biden prend encore plus de responsabilités pour la sécurité de l’Europe, y compris l’Ukraine, qui est l’enjeu des erreurs américaines ultérieures. »

« Où cela place-t-il la Pologne ? Il y a près de 18 ans, la République fédérale d’Allemagne, notre alliée européenne, a décidé de donner la priorité à ses propres intérêts commerciaux avec la Russie de Poutine plutôt qu’à la solidarité et à la coopération avec les alliés d’Europe centrale. C’était une mauvaise décision à prendre et tous les gouvernements polonais – quelles que soient leurs différences politiques – l’ont fait savoir clairement et énergiquement à Berlin. Mais puisque Poutine a réussi à corrompre l’élite allemande et a déjà décidé de payer le prix de l’infamie, ignorer les objections polonaises était la seule stratégie qui restait à l’Allemagne. »

Les bons sentiments européens sont loin, si on en croit cette analyse! 

Et voilà que le renseignement russe annonce qu’il peut en révéler plus !

En tout cas, il semble bien que les Occidentaux deviennent nerveux. Serguéï Narichkine, le chef du SVR, le renseignement extérieur russe, a fait savoir que les Russes avaient des éléments concrets qui indiqueraient le rôle des Occidentaux dans l’opération. Les Russes ont demandé une réunion du Conseil de Sécurité.  Le Secrétaire Général de l’ONU a annoncé une conférence de presse pour ce 30 septembre à 16h

Bien entendu les médias occidentaux vont continuer à affirmer la responsabilité des Russes. Mais il se pourrait bien que la destruction des gazoducs fasse ressortir plus que les Américains ne l’auraient souhaité, des calculs peu reluisants d’un certain nombre d’acteurs au sein du camp occidental. 

C’est sans doute pour cela que Radek Sikorski a eeffacé son tweet. Trop tard!  

Ne perdez pas votre humour en ces temps inquiétants !

La situation est très grave. Cela doit-il empêcher de garder son sens de l’humour? Le rire est une arme de liberté contre la sinistrose occidentale. Deux hypothèses en effet circulent sur les réseaux sociaux concernant l’identité des saboteurs. Nous laissons nos lecteurs de faire une idée:

Ou bien:


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