Albert Bourla évite les questions gênantes du Parlement européen sur le marché Pfizer

Albert Bourla évite les questions gênantes du Parlement européen sur le marché Pfizer


Partager cet article

Que cachent exactement Albert Bourla et Ursula von der Leyen sur la passation du contrat entre Pfizer et la Commission européenne ? Manifestement, des secrets lourds et encombrants, puisque la Présidente de la Commission refuse toujours de transmettre les SMS qu'elle a échangés avec le président de Pfizer, et puisque le président de Pfizer refuse de comparaître en personne devant la commission COVID du parlement européen. Visiblement, il y a anguille sous roche.

L’étau se resserre autour de l’étrange contrat entre Pfizer et la Commission Européenne, au terme duquel l’Europe a acheté des vaccins anti-COVID à hauteur d’environ 75 milliards €.

Nous avons déjà évoqué les remarques assassines de la Cour des Comptes européenne sur le sujet. Dans la pratique, les magistrats communautaires remarquent que le contrat avait été négocié avant l’appel d’offres, qui a lui-même suivi une procédure exceptionnelle… Sur le fond, la Cour a rappelé que la présidente de la Commission refusait toujours de communiquer les SMS qu’elle avait échangés avec Albert Bourla au début de la négociation.

Comme l’indique ce document, le 10 octobre doit se réunir au Parlement européen le « comité spécial sur le COVID » :

Or, alors que Curevac, Novavax et HIPRA envoient des membres de leur « board », ni Glaxo (GSK) ni surtout Pfizer n’envoient de « calibre » équivalent.

Dans le cas de GSK, ce manque d’intérêt peut s’expliquer par l’importance somme toute secondaire du laboratoire dans la relation avec l’Union.

En revanche, dans le cas de Pfizer, la défection d’Albert Bourla devant le Parlement étaie les soupçons de corruption qui pèsent désormais de plus en plus ouvertement sur la conclusion de ce contrat à plus de 70 milliards €…. en dehors des procédures transparentes habituelles. La commission spéciale COVID du Parlement devra se contenter d’une personnalité subalterne envoyée par le laboratoire américain… en l’espèce une certaine Janine Small (ça ne s’invente pas), qui ne figure même pas au comité de direction de l’entreprise.

On peut donc s’attendre à une audition sans relief et sans saveur, qui ne donnera probablement lieu à aucun éclaircissement sur les arcanes d’un contrat dont plus personne ne prend ouvertement la défense.

Il y a là une brèche sérieuse dans les valeurs de probité affichées par l’Union qui risque de constituer une véritable bombe à retardement.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La France irait-elle mieux avec un Président juste et compétent?

La France irait-elle mieux avec un Président juste et compétent?

C’est la grande illusion française. Une sorte de névrose nationale, entretenue scrutin après scrutin, qui consiste à croire que le salut viendra de l’homme (ou de la femme) providentiel(le). À chaque élection présidentielle, le même psychodrame se joue : nous cherchons le "bon" monarque, celui qui sera enfin compétent, intègre, soucieux du bien commun, et qui utilisera la puissance de l’État pour "réparer" la France. Et à chaque fois, inlassablement, le réveil est douloureux. Nous finissons par


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Obsèques de Brigitte Bardot : la "caste élyséenne" déclarée persona non grata

Obsèques de Brigitte Bardot : la "caste élyséenne" déclarée persona non grata

En tentant de nationaliser le deuil de Brigitte Bardot, l’Élysée s’est heurté au refus catégorique de ses proches. Un camouflet symbolique qui illustre la fracture entre une élite en quête de symboles et une icône jalouse de son indépendance. Le décès de Brigitte Bardot, icône absolue du cinéma français, a logiquement placé l'Élysée sur le qui-vive, prêt à orchestrer un « hommage solennel » digne des grands serviteurs de la République. Pourtant, dans un geste aussi élégant que ferme, la famille


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Une ministre de Lecornu critique la naturalisation de George Clooney

Une ministre de Lecornu critique la naturalisation de George Clooney

La France a officiellement accordé la nationalité française à l’acteur américain George Clooney, à son épouse Amal et à leurs enfants par décret du 26 décembre 2025. Une décision qui, loin de susciter un consensus, a relancé le débat sur l’équité des procédures de naturalisation et sur les privilèges supposés accordés aux élites internationales. L’affaire expose les failles d’un système administratif profondément inégalitaire. La réaction de Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du mi


Rédaction

Rédaction

Voeux pour 2026 : sortons de l'avachissement contre J.D. Vance !

Voeux pour 2026 : sortons de l'avachissement contre J.D. Vance !

Je souhaite à tous une bonne année : celle d'une remise en selle pour sortir de notre avachissement. Pour cette occasion, je publie ma réponse à la question posée par QuestionR, sur la différence entre la théorie de J.D. Vance sur l'affaiblissement moral aux USA et mon concept d'avachissement. Meilleurs voeux au terme de cette lecture ! Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement QuestionR pour cette interpellation qui, loin d'être anecdotique, touche au cœur même du réacteur nucléaire


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe