L’affaire Linky, révélatrice de la défiance française pour la caste qui lui ment

L’affaire Linky, révélatrice de la défiance française pour la caste qui lui ment


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L'affaire Linky, et la rumeur de possibles coupures d'eau chaude à distance, constitue une sorte de cas d'école parfait pour illustrer non plus la méfiance, mais la défiance qui s'est installée entre la caste au pouvoir et le reste du peuple français, qui peine de plus en plus à croire aux mensonges officiels. La façon dont le cartel de la presse subventionnée a volé au secours d'Enedis a démontré, s'il le fallait encore, combien le régime s'appuie sur des "journalistes de confiance" pour convaincre les gueux de ne pas s'inquiéter et d'obéir sans broncher à tous les délires qui ont pris le pouvoir.

Les réactions à une dépêche de l’AFP publiée mardi, annonçant qu’Enedis interromprait l’alimentation électrique des ballons d’eau chaude entre 12h et 14h pendant six mois ont constitué un puissant révélateur du malaise français qui devrait fortement inquiéter le pouvoir. Jamais encore les citoyens ordinaires n’ont autant exprimé de défiance vis-à-vis des mensonges incessants de la caste qui les dirige et les manipule.

Enedis n’a jamais caché le pouvoir de Linky

Pendant toute la semaine, Enedis et le cartel de la presse subventionnée ont tenté de réparer les dégâts d’une communication initiale un peu trop « directe ». Chacun aura apprécié ce morceau de bravoure qui constitue un mensonge patient, méticuleux, puisqu’Enedis n’a jamais caché que le compteur Linky permettait de couper l’électricité à distance…

On en veut pour preuve cette phrase d’explication de Linky proposée sur le site d’Enedis :

Il suffit donc de se rendre sur le site d’Enedis pour lire que le compteur Linky « pilote » le ballon d’eau chaude, et permet donc de le couper quand Enedis le décide.

Au demeurant, Enedis n’a jamais caché que Linky servait à couper l’électricité quand il le fallait. C’est ce qu’on trouve par exemple sur un notice de la société Séquélec, mise en avant par Enedis :

Autrement dit, Linky est programmable à distance, et permet « un délestage par réduction de puissance ». Traduction : des coupures d’électricité quand le distributeur le souhaite, et dans des proportions paramétrables (il peut s’agir d’une simple limitation de consommation).

Tout cela est officiel et public.

Comment les Français ont intégré le risque de coupure

Lorsque la dépêche AFP est sortie, annonçant les modifications à distance sur les ballons d’eau chaude, beaucoup de Français ont réagi parce qu’ils ont enfin obtenu l’aveu par le pouvoir de ses mensonges obstinément proférés jusqu’ici.

Depuis que l’installation des compteurs Linky a commencé, une campagne sévit pour dénoncer, à juste titre, la surveillance numérique qui s’installait. Ce soupçon porté sur les intentions d’Enedis a longtemps été présenté (et l’est encore aujourd’hui) comme du complotisme. Pourtant, nous venons de la voir, Enedis n’a jamais dissimulé la capacité de Linky à pratiquer la coupure d’électricité raisonnée.

Aussi, lorsque l’AFP a révélé qu’Enedis s’apprêtait à manipuler les ballons d’eau chaude à distance, nous avons eu collectivement la preuve du mensonge répété inlassablement la main sur le coeur par le pouvoir en place. Ce genre de moment a un poids politique beaucoup plus élevé que la caste en l’imagine : il s’agit d’un point de bascule où, tout à coup, la confiance mise dans un pouvoir qui devait nous sauver, s’effondre pour céder la place à la défiance.

Le cartel de la presse subventionnée vole au secours du pouvoir

En refaisant l’histoire de la communication sur cette affaire, on se délecte.

Ainsi, comme il s’agissait d’une affaire « vie pratique », les journaux subventionnés ont confié l’affaire à des pigistes sans envergure qui n’ont pas mesuré l’ampleur des réactions qui les attendait.

Le Figaro a donc commis ce premier article dès le mardi 4 octobre :

Le titre était sans ambiguïté : il s’agissait bien de couper l’alimentation électrique de certains ballons d’eau chaude. Le journaliste Richard Flurin avait ici bâtonné une dépêche de l’AFP en pensant probablement prendre assez peu de risques.

Le même Richard Flurin met rapidement à jour son article, et produit, le mercredi soir, un article qui constitue un premier rétropédalage par rapport à l’information initiale :

On ne parle plus ici de « couper l’alimentation électrique » mais de « contrôle de votre chauffe-eau ». C’est toujours désagréable, mais c’est moins violent.

Le lendemain encore, le même Flurin continue son rétropédalage :

Comment, quand on reçoit environ 15 millions € de subventions de l’Etat chaque année, arrondir les angles pour réparer une bévue initiale.

L’essentiel de l’article, manifestement nourri par les éléments de langage d’Enedis, fait l’éloge de ce fameux compteur Linky, en ajoutant des précisions touchantes :

Le compteur, qui a concentré toutes les critiques, joue pourtant un rôle assez marginal dans le dispositif.

Donc, Linky, ce n’est pas si important que cela. Voilà l’idée générale qui nous manquait. Au fond, les Français font beaucoup de bruit pour rien.

Le même jour, tout ce que la France comptait de fact-checkers se répandait pour expliquer que l’affaire ne reposait que sur un immense malentendu complotiste. En réalité, il ne se passera rien avec Linky.

Anatomie du mensonge officiel

Cette semaine Linky est particulièrement intéressante, parce qu’elle concentre en quelques jours ce qui prend d’ordinaire plusieurs semaines : une information inopinée qui confirme les « soupçons » complotistes répandus depuis plusieurs mois, puis une campagne de propagande pour redonner ses droits au mensonge officiel, avec une utilisation massive de la presse subventionnée pour y parvenir. En communication, cela s’appelle de la gestion de crise, et le mode opératoire est désormais bien rodée.

La véritable information tient à la fulgurance avec laquelle cette affaire est survenue. L’amplitude des mensonges officiels est telle, et le recours à l’accusation de complotisme est devenue si galvaudée, qu’à tout instant, et en quelques heures seulement, l’édifice peut basculer.

Les points de vulnérabilité dans la structure prolifèrent…


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