Olaf Scholz a-t-il inventé un faux coup d’Etat pour manipuler l’opinion ?

Olaf Scholz a-t-il inventé un faux coup d’Etat pour manipuler l’opinion ?


Partager cet article

Le "coup d'Etat" visant à rétablir la monarchie en Allemagne et démantelé avec force trompettes par le gouvernement d'Olaf Scholz est-il en fait une invention d'un gouvernement mal en point et soucieux de faire croire qu'il lutte contre un féroce ennemi, "l'extrême-droite"? C'est la thèse que défend un des meilleurs journalistes allemands, Thomas Röper.

Nous avons déjà évoqué, la semaine dernière, le côté apparemment farcesque du « coup d’Etat » prétendument déjoué par le gouvernement de Berlin, avec l’aide du contre-espionnage intérieur, le Verfassungsschutz. 

Un des meilleurs journalistes de langue allemande, Thomas Röper, pense pouvoir aller plus loin. Pour lui, il s’agit d’une opération de « relations publiques » de la part d’un gouvernement en difficulté économique et politique. On se reportera avec profit à l’article original en langue allemande ou bien à la traduction anglaise qu’en a donné John Helmer. 

Les 5 raisons du doute

Thomas Röper invoque cinq raisons de douter de la présentation officielle: 

  • Les médias allemands ont été prévenus en amont des arrestations par la police. S’il y avait eu un vrai danger pour le pays, cela n’aurait pas été le cas. 
  • on n’a jamais vu de coup d’Etat réussir sans que l’armée y soit impliquée, au moins en promettant sa neutralité aux conjurés. Or aucun contact n’a été pris par l’un d’entre eux avec au moins quelques officiers de la Bundeswehr. 
  • La juge Birgit Malsack-Winkemann, ancien député de l’AfD et présentée comme un des cerveaux de l’opération, était pourtant la dernière à avoir envie de faire un putsch.  Rien ne l’incitait à vouloir mettre en cause la victoire qu’elle avait obtenue devant les tribunaux: lorsqu’elle avait quitté son mandat parlementaire, on avait voulu l’empêcher de retrouver son activité de juge mais elle avait gagné le procès en faveur de sa réintégration. 
  •  Heinrich Reuss, le fameux « prince », semble être un doux rêveur, qui considère qu’il n’y a pas eu de constitution allemande légitime depuis l’effondrement de l’Empire en 1918. Il avait en vain essayé de convaincre l’entourage de Donald Trump et quelques officiels russes de faire avancer la cause d’un véritable « traité de paix » avec un gouvernement allemand « légitime ». Il n’avait, en l’occurrence, rencontré qu’une indifférence polie. 
  • Enfin, aucun média établi n’a fait l’effort de vérifier les informations du gouvernement sur l’existence de lien entre tous les conjurés dont les noms ont été jetés en pâture à l’opinion. 

Thomas Röper va même plus loin: il suggère de creuser la piste d’une pure invention des communicants du gouvernement allemand, appuyée sur des éléments épars récupérés par le contre-espionnage allemand et combinés entre eux sans base factuelle sérieuse. Ce que le journaliste nous dit, c’est que les complotistes existent bien en Allemagne; mais ils sont au gouvernement! 


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Une autre histoire de l'Église : les versions interdites de l'Ascension, par Thibault de Varenne

Une autre histoire de l'Église : les versions interdites de l'Ascension, par Thibault de Varenne

Thibault de Varenne profite de l'Ascension pour évoquer les versions apocryphes interdites de cette Fête au fil du temps, notamment dans les récits de l'Antiquité tardive. Le récit de l'ascension de Jésus-Christ, tel qu'il est consigné dans les écrits du Nouveau Testament, constitue une pierre angulaire de la christologie et de la structure ecclésiastique primitive, marquant la clôture du ministère terrestre du Messie et l'inauguration de la mission apostolique sous l'égide de l'Esprit Saint.


Rédaction

Rédaction

Dati entendue dans une affaire de surveillance clandestine

Dati entendue dans une affaire de surveillance clandestine

Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris, a été placée sous le statut de témoin assisté dans une enquête sur une possible filature illégale visant un couple qui l’avait mise en cause dans l’affaire Renault-Carlos Ghosn. Auditionnée jeudi dernier au tribunal judiciaire de Paris, l’ancienne ministre voit resurgir des soupçons qu’elle qualifiait encore en 2022 d’« élucubrations ». Jeudi dernier, Rachida Dati a été entendu comme témoin assisté lors d’une audition qui s’est tenue au tribuna


Rédaction

Rédaction

Non, M. Macron, être binational, ce n'est pas être les deux à la fois

Non, M. Macron, être binational, ce n'est pas être les deux à la fois

Emmanuel Macron lance une nouvelle polémique sur la binationalité. Une fois de plus, un Président français renonce à dire que vivre en France, qui plus est avec des papiers français, oblige à respecter des règles que chacun ne peut choisir. À Nairobi, Macron a donc relancé une polémique sur la question de l'intégration. Voici ce qu'il a déclaré à Brut Afrique : «Mon message à la diaspora, c'est ça, personne ne vous l'enlèvera. Et donc vous êtes totalement françaises et français et totalement a


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Présidentielle 2027 : Attal lancé vers l’Élysée, le macronisme recycle ses héritiers

Présidentielle 2027 : Attal lancé vers l’Élysée, le macronisme recycle ses héritiers

Le Conseil national de Renaissance a officiellement appelé Gabriel Attal à être candidat à la présidentielle de 2027, avec un score de 91 %. Une semaine après la démission d’Élisabeth Borne de la présidence du « parlement » du parti, l’ancien Premier ministre voit la voie partisane s’ouvrir. Pendant que le jeune ambitieux multiplie meetings et dédicaces, Édouard Philippe, déjà déclaré, évoque un « rassemblement » de façade. Derrière les votes internes, c’est la même machine macroniste qui se pré


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany