Briefing : au Qatar, Macron assiste à la défaite d’une France introuvable

Briefing : au Qatar, Macron assiste à la défaite d’une France introuvable


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Vous faites peut-être partie des rares Français qui n'ont pas regardé la Coupe du Monde, hier, et qui n'ont donc pas assisté à cet étonnant match où une France absente a couru après les buts pour rester dans la course. Sachez que, jusqu'à 10 minutes de la fin du temps réglementaire, la France était battue 2-0. Mbappé a finalement créé l'exploit en marquant trois buts. Mais notre équipe nationale s'est inclinée face à l'Argentine (qui a marqué un but supplémentaire lors des prolongations) aux tirs au but.

Si les Français en métropole étaient pratiquement tous à l’arrêt, hier, en fin d’après-midi, pour se consoler du froid en regardant leur équipe jouer une finale pleine de suspens, ils étaient très peu nombreux dans les gradins : on parle de 6.000 supporters, contre 50.000 Argentins.

Heureusement, le Président Macron était là pour consoler l’équipe, et tout particulièrement Mbappé, dans une mise en scène théâtrale qui n’a évidemment pas échappé à Paris-Match, la gazette officielle du Palais.

Macron en campagne électorale

Macron le consolateur est le nouveau costume endossé par le Président pour retrouver un peu de popularité. Les esprits chagrins verront peut-être une analogie entre la course aux voix du Macron et la course aux buts de l’équipe de France. Toujours est-il qu’après cet aller-retour au Qatar qui a produit beaucoup de C02 et dépensé beaucoup d’argent, Macron devrait passer Noël sur le Charles-de-Gaulle, en Méditerranée Orientale ou en Mer Rouge.

Voilà qui nous promet une fin d’année très people, pleine d’émotions, où le Président panse les plaies d’un pays déchiré par le monde et ses malheurs. On souhaite au Président de jouer cette fois avec une équipe un peu plus chanceuse, parce qu’il vaut quand même mieux féliciter ceux qui gagnent que consoler ceux qui perdent…

On voit bien en tout cas que les tensions au sein du pays deviennent un enjeu envahissant, y compris dans les dossiers internationaux.

2023, une mauvaise année s’annonce…

Si vous voulez connaître la teneur prévisible de l’année 2023, sur le plan économique intérieur, ruez-vous sur l’interview de François Villeroy de Galhau au Journal du Dimanche, qui n’annonce pas que des bonnes nouvelles pour les mois qui viennent. Il n’est pourtant pas dans les habitudes de cet ancien de la BNP, très attaché à ses missions de banquier central, de répandre des rumeurs alarmistes. On se souvient que le bonhomme avait garanti que la France pourrait rembourser la dette béante du COVID sans diminuer les dépenses publiques, par exemple.

Bref, le gouverneur de la Banque Centrale a lâché quelques vérités qui fâchent, quoiqu’il soit très modéré : la croissance serait quasi-nulle (0,3%) en 2023, notamment du fait de la guerre en Ukraine, et remonterait lentement ensuite. Il pourrait y avoir des pénuries d’électricité l’an prochain (nous l’annonçons depuis deux mois). Le chômage monterait « temporairement ».

Concernant l’inflation, le pic serait atteint à la fin du premier semestre 2023. On se souvient que Bruno Le Maire annonçait 5% début 2023 en octobre. L’INSEE a officiellement expliqué la semaine dernière que l’inflation en novembre avait atteint 6,2% avec une inflation des produits alimentaires de 12%

Malgré ces décalages évidents, la Banque de France parle d’un retour à la confiance. J’espère qu’on ne nous en voudra pas si l’on dit que la première cause de méfiance, voire de défiance, tient aux mensonges successifs sur les véritables chiffres de l’inflation. Dans tous les cas, après trois années épuisantes de COVID et d’Ukraine, la France entre manifestement dans une séquence bien pire, qui pourrait se révéler la séquence de tous les dangers.

L’économie de pénurie continue

En attendant ces jours heureux dont la caste ferait bien de se demander comment ils finiront, les pénuries continuent. Elles s’installent dans le paysage beaucoup plus vite que l’abondance ne l’avait fait il y a soixante ans.

La menace de black-out continue à rôder. Le dernier épisode de ce genre date tout de même du 19 décembre 1978. Soit il y a quarante-cinq ans. De son côté, l’Europe discute officiellement de la pénurie de Doliprane et de quelques autres médicaments.

C’est la fin d’un modèle. Progressivement, on comprend que l’Europe a passé son optimum économique et que le temps du pain noir arrive, à pas de loup, au fil de l’eau, mais il arrive.

Progressivement, les tensions entre Européens reviennent. C’est par exemple le cas, de façon diffuse, entre la France et la Grande-Bretagne, qui commencent à s’écharper sur les contrôles migratoires aux frontières. C’est aussi le cas entre le reste du monde et l’Europe, qui vient de mettre en place la première taxe carbone aux frontières. Surtout l’Union annonce de nouvelles restrictions dans les permis à polluer, qui devraient faire fléchir un peu plus la croissance et la production industrielle.

Peut-être les gouvernements n’ont-ils pas dit assez clairement que la réduction de la pollution se traduirait purement et simplement par une baisse de la production industrielle et par une paupérisation générale de la population. Le lien entre consommation d’énergie et richesse n’est en tout cas pas très clair dans l’esprit des gens… et risque de créer de nombreux malentendus.


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