SNCF : grandeur et décadence de la désobéissance civile, par Modeste Schwartz

SNCF : grandeur et décadence de la désobéissance civile, par Modeste Schwartz


Partager cet article

Difficile d’échapper à un certain sentiment d’enthousiasme devant les opérations de blocage du contrôle des billets organisées par des usagers exaspérés de la SNCF, en réponse aux prises d’otage à répétition de décembre – prises d’otage présentées comme des « grèves » par leurs auteurs, qui « oublient » facilement la situation de monopole dont jouit leur entreprise.

Devant tant d’engouement pour la désobéissance civile, néanmoins, on finit quand même par se demander comment un gouvernement – sinon réellement démocratique, du moins faible – a, il y a un an à peine, réussi à imposer à ces mêmes usagers des contrôles (à prétexte virologique) encore bien moins légitimes que ceux des billets en période de grèves à répétition.

« Ausweis, papiers, c’est la police française ! »

Il faut croire que ces usagers reconnaissent plus facilement aux « autorités » le droit de les insulter, de les brimer et finalement de les empoisonner que celui de réduire leur pouvoir d’achat – que ce soit par taxation ou par diminution quantitative ou qualitative des prestations. Ils en veulent pour leur argent. Mais finalement, de quoi s’étonne-t-on ? Longtemps avant le Great Reset, ces mêmes usagers (à part quelques mauvais coucheurs de la CGT en Lorraine) avaient aussi accepté la désindustrialisation, la tertiarisation, le féminisme et tout ce qui s’ensuit, parce que jouir en s’endettant est quand même plus confortable que s’enrichir en travaillant. Dans l’Occident finissant, c’est le consommateur qui fait parfois encore preuve d’un peu de combativité – pas le citoyen. Si on veut s’en sortir, tôt ou tard, il faudra se demander pourquoi. En attendant, tout cela peut et doit nous rappeler la célèbre maxime d’Ernst Jünger : « la condition d’animal domestique entraîne celle de bête de boucherie ».


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment ne pas payer d'impôt (et même mieux!) quand on gagne 5.000 € nets par mois ? par Vincent Clairmont

Comment ne pas payer d'impôt (et même mieux!) quand on gagne 5.000 € nets par mois ? par Vincent Clairmont

Gagner 5.000 € nets par mois — soit environ 60.000 € par an — est, dans l'imaginaire collectif, le seuil de l'aisance. Mais pour l'administration fiscale, c'est surtout le début de la "zone rouge" de la pression fiscale. À ce niveau, vous n'êtes plus seulement un contribuable, vous êtes le moteur principal du budget de l'État. Sans stratégie, un célibataire à ce niveau de revenus s'apprête à signer un chèque de près de 9.300 € au Trésor Public en 2026. Pourtant, la Loi de finances pour 2026,


Rédaction

Rédaction

Quentin : la Jeune Garde est-elle une armée révolutionnaire clandestine, par Thibault de Varenne

Quentin : la Jeune Garde est-elle une armée révolutionnaire clandestine, par Thibault de Varenne

La mort du jeune Quentin dans les environs d'une conférence donnée par LFI pose la question du véritable rôle de la Jeune Garde, que Jean-Luc Mélenchon continue à protéger. Pour mieux comprendre ce "contexte", il n'est pas inutile de revenir à la théorie marxiste-léniniste de la Révolution, qui inspire Mélenchon depuis toujours. Les faits survenus dans le 7e arrondissement de Lyon s'inscrivent dans une escalade de la violence entre les mouvances radicalisées de gauche et de droite, souvent


Rédaction

Rédaction

Epstein : auditions aux USA, garde à vue princière au UK, toujours de la fumée en France, par Elise Rochefort

Epstein : auditions aux USA, garde à vue princière au UK, toujours de la fumée en France, par Elise Rochefort

Après des années d’un entre-soi protecteur, où le prestige et la fortune servaient de bouclier, les « dossiers Epstein » et leurs de 3,5 millions de pages déclassifiées le 30 janvier dernier par le Département de la Justice américain (DOJ) ont fini par emporter les derniers remparts de l’impunité. Entre Washington, Londres et Paris, le spectacle de la chute est aussi fascinant qu’effroyable. Ce n'est plus un simple scandale de mœurs ; c'est, selon les termes des experts de l'ONU, l'autopsie d'u


Rédaction

Rédaction

La marche au chaos : pourquoi Trump s'apprête à frapper l'Iran, par Thibault de Varenne

La marche au chaos : pourquoi Trump s'apprête à frapper l'Iran, par Thibault de Varenne

20 février 2026 : le monde retient son souffle. La probabilité d'une intervention militaire directe des États-Unis contre la République islamique d'Iran n'a jamais été aussi élevée. Les analystes les plus sobres du risque politique, à l'instar de ceux d'Eurasia Group, évaluent désormais à 65 % la chance de voir des « frappes cinétiques » massives d'ici la fin du mois d'avril. Ce n'est plus une question de « si », mais de « quand ». Donald Trump, fidèle à sa logique transactionnelle et à son mép


Rédaction

Rédaction