Barnier : après le naufrage de la start-up nation, les boomers reprennent le pays en main

Barnier : après le naufrage de la start-up nation, les boomers reprennent le pays en main

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En déclarant sa candidature à l’Elysée, en 2016, Macron a ouvert une parenthèse agaçante dans l’histoire de notre pays, où avoir plus de 45 ans condamnait à l’obsolescence, et où une horde de jeunes gens ambitieux, mais aussi médiocres qu’arrogants, ont entrepris de « moderniser » à coup de fouets et de vexations en tous genres. Huit ans plus tard, c’est la débandade de ces jeunes loups, et l’arrivée de Barnier au pouvoir signe le retour des boomers pour éviter la faillite complète des « Je sais tout » dont Macron s’était entouré.

↪ Michel Barnier est un pur produit de la bourgeoisie traditionnelle française. Sa nomination à Matignon souligne le poids de cette bourgeoisie dans l'équilibre systémique de nos institutions
↪ L'arrivée de Barnier marque l'importance des "boomers" dans une société affaiblie par l'omnipotence de la "start-up nation"
↪ Il pratiquera vraisemblablement une politique dite "gaulliste sociale", destinée à dégager une majorité suffisante à l'Assemblée
↪ Les positions de fond du Rassemblement National, indispensables pour éviter une censure, semblent encore difficile à cerner
↪ Nul ne sait combien de temps cette expérience peut durer : le gouvernement Barnier naviguera dans une mer haute et houleuse !

Contrairement à ce qu’il a cherché à affirmer, Michel Barnier n’appartient pas à la France d’en-bas. Il est issu de la bourgeoisie industrielle du Dauphiné, et a bénéficié de l’entraide de la conférence Olivaint, créée par les Jésuites pour « accompagner » les jeunes désireux de se lancer en politique.

Du haut de ses 73 ans, il est un parfait boomer, madré et rompu à l’exercice du pouvoir. Le seul fait qu’il cherche à se faire passer pour un « Français d’en-bas » marque le retour d’une certaine habitude politique fondée sur la recherche d’une humilité (largement feinte) que Macron avait envoyé aux oubliettes.

Selon les récits qui sortent dans la presse subventionnée, il semblerait qu’Alexis Kohler ait « cornaqué » depuis plusieurs mois Michel Barnier. Son arrivée à Matignon était envisagée avant même les élections législatives. En tant qu’européiste convaincu, connaissant parfaitement les arcanes du pouvoir bruxellois, il paraît évident qu’il constitue l’atout de Macron pour négocier la question du déficit excessif avec la Commission.

Reste à savoir de quelle marge de manoeuvre il disposera.

Comme nous l’avons déjà dit :

  • il n’aura d’autre choix que de remettre la réforme des retraites sur le métier
  • il procédera à des hausses d’impôt
  • il devrait en outre faire quelques cadeaux au Rassemblement National

Quelle sera l’étendue de ses concessions ? On l’ignore d’autant plus que la ligne du Rassemblement National paraît ténébreuse et instable. Il n’en demeure pas moins que le chemin sera escarpé, et positionné dans la zone « gaullisme social » de l’échiquier politique.

En cas d’échec, Emmanuel Macron sera probablement contraint de démissionner.


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