Éric Denecé : « Face au recul global de l’Occident, Trump pourrait produire un effet Bélisaire »
PALM BEACH, FLORIDA – NOVEMBER 08: Former U.S. President Donald Trump speaks during an Election Night event at Mar-a-Lago on November 08, 2022 in Palm Beach, Florida. Trump addressed his supporters as the nation awaits the results of the midterm elections. Joe Raedle/Getty Images/AFP

Éric Denecé : « Face au recul global de l’Occident, Trump pourrait produire un effet Bélisaire »


Partager cet article

Pour bien commencer l’année 2025, nous avons demandé à Éric Denecé de nous dresser un bilan géostratégique de l’année 2024 et de se livrer à un rapide exercice de prospective pour l’année à venir. Il en ressort une interview détonante qui met en question la place de l’Occident dans le monde d’aujourd’hui, où Denecé évoque l’effet Bélisaire de Trump. Mais qui, dans la France d’aujourd’hui, est encore capable du recul suffisant pour mesurer cette tendance à l’oeuvre dans le monde ?

Dans cet entretien essentiel, Éric Denecé pose plusieurs jalons qui, mis bout à bout, dessinent une tendance globale :

  • la guerre en Ukraine devrait déboucher sur une défaite ukrainienne et une consolidation de la présence russe dans cette zone. Parallèlement, on gardera dans le scope la situation en Géorgie (qui tourne en faveur de la Russie) et en Azerbaïdjan où les enjeux sont encore confus
  • Israël a remporté des victoires militaires au prix d’un discrédit général dont seul l’Occident (et notamment la France) ne prennent pas la mesure
  • l’effondrement du régime syrien se traduit par une montée en puissance de la Turquie. L’implication américaine dans la prise de pouvoir par le mouvement HTC reste encore discutée. Elle n’est en tout cas pas « monopolistique »

L’arrivée de Trump au pouvoir pourrait modifier certains éléments et, temporairement, donner le sentiment d’un regain d’influence occidentale. C’est l’effet Bélisaire, du nom de ce général byzantin qui avait provisoirement enrayé la décomposition de l’empire romain d’Occident sous les coups de boutoir des barbares. Il s’agit d’un effet temporaire, qui ne peut renverser une tendance profonde.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La provocation du CEO de Palantir Technologies à Davos, par Eric Lemaire

La provocation du CEO de Palantir Technologies à Davos, par Eric Lemaire

Le CEO de Palantir Technologies à Davos s’est offert une provocation lors de son intervention : « Il devient difficile d’imaginer pourquoi nous aurions besoin d’une immigration de masse, sauf pour des compétences très spécialisées. » Derrière la formule choc, Alex Karp, CEO de Palantir, esquisse surtout une thèse plus profonde. L’intelligence artificielle ne se contente pas de transformer l’économie, elle fragilise les piliers institutionnels des sociétés occidentales, à commencer par l’éducati


Rédaction

Rédaction

Mineurs sur les réseaux sociaux : ces risques liberticides que la loi Attal fait courir, par Élise Rochefort

Mineurs sur les réseaux sociaux : ces risques liberticides que la loi Attal fait courir, par Élise Rochefort

Le couperet est tombé hier. Avec l’adoption de l’article 6-9, le législateur ne se contente plus de « recommander » : il impose une muraille de Chine numérique entre les moins de 15 ans et les réseaux sociaux. Si l'intention — protéger nos enfants des abysses algorithmiques — est noble, la méthode, elle, pose des questions brûlantes sur la fin de l’anonymat et la surveillance généralisée. Macron parviendra-t-il à filtrer l’accès des adultes à Internet ?Alors que les yeux du monde sont rivés sur


Rédaction

Rédaction

Berlin et Rome nous refont le coup de l’Axe pour une nouvelle Europe

Berlin et Rome nous refont le coup de l’Axe pour une nouvelle Europe

Pendant que la France, vieille duchesse déchue, s’enfonce dans ses canapés de velours élimés en débattant pour la millième fois de la hauteur du déficit qu’elle ne comblera jamais, les voisins ont décidé de déménager les meubles. Le 23 janvier dernier, à Rome, nous avons assisté à une scène d'une ironie si savoureuse qu'elle en devient toxique : le mariage de raison entre le chancelier allemand Friedrich Merz, pur produit de la finance mondialisée, et Giorgia Meloni, la "souverainiste" qui a déc


CDS

CDS

Nouvelles craintes de bulle spéculative systémique autour de l'IA

Nouvelles craintes de bulle spéculative systémique autour de l'IA

On nous avait promis que la "Big Tech" était le nouvel eldorado de la croissance infinie, une machine à cash inépuisable capable de s'auto-financer sans jamais faillir. Pourtant, un signal d'alarme vient d'être tiré par le Financial Times : les géants de la Silicon Valley — Amazon, Microsoft, Meta — se sont lancés dans une course effrénée à l'endettement sur le marché obligataire américain. 1. De quoi parle-t-on vraiment ? L'information est capitale : ces entreprises, qui autrefois croulai


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe