Envoyer des soldats français en Ukraine ? Cette étrange obsession d’un Président enfant…

Envoyer des soldats français en Ukraine ? Cette étrange obsession d’un Président enfant…


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Depuis de nombreux mois maintenant, Emmanuel Macron remet régulièrement sur le tapis l’idée d’envoyer des soldats français en Ukraine, mener une guerre qui n’aura guère servi que les intérêts américains. Après s’être abondamment déguisé en soldat depuis le COVID, voilà donc un Président enfant qui veut pousser l’amusement jusqu’à envoyer sa collection de petits soldats (mais en chair et en os) faire la guerre… pour une raison tellement mystérieuse que Zelinsky, président de fait de l’Ukraine, n’y croit même pas. On se demande combien de temps la farce va durer.

Macron a donc annoncé l’envoi de « forces de réassurance » en Ukraine pour garantir un hypothétique cessez-le-feu. L’expression est tellement floue que Zelinsky lui-même a fait publiquement part de son scepticisme sur cette idée. Quelles seront les missions exactes de ces forces ? Visiblement, personne ne le sait au juste, et Vladimir Poutine a d’ores et déjà annoncé que cette idée était inacceptable.

Nous reviendrons ce week-end sur la question de fond posée par la guerre en Ukraine : la réinvention d’un système de sécurité européen débarrassé des Etats-Unis. C’est le sujet de fond, que personne ne semble désireux de traiter rationnellement. Comment garantir durablement la paix en Europe sans l’OTAN ?

Avant d’aborder ce sujet, Macron nous impose de tordre le cou à ses gesticulations et ses esbrouffes, qui polluent dangereusement le débat public et contribuent fortement à une hystérisation collective extrêmement toxique.

Pourquoi Macron hystérise le débat sur l’Ukraine

Il existe une inconnue sur l’Ukraine aujourd’hui. Macron croit-il réellement que ce qui se joue entre l’Ukraine et la Russie engage autre chose qu’un vieux rapport de forces entre deux nations qui rivalisent depuis plusieurs siècles? Croit-il réellement qu’une défaite de l’Ukraine mettrait la démocratie en péril, et plus encore une Europe qui serait livrée à des chars russes prêts à débouler, dans la foulée, sur les Champs-Elysées ?

Bref, croit-il vraiment à ses formules incantatoires sur l’envie russe d’envahir l’Europe, alors même que l’armée russe a peiné à occuper 20% du territoire ukrainien ?

Comme nous l’avons souligné dans notre récente analyse du dernier Conseil européen, tout indique qu’aucun dirigeant européen (à part peut-être les Baltes et quelques Polonais) ne croit sérieusement à ce scénario.

En revanche, Macron a bien retenu la leçon : jouer aux chefs de guerre, faire courir l’idée d’une menace russe imminente contre laquelle il serait un rempart, mui permet de regagner quelques points de popularité.

Alors qu’il est isolé sur la scène politique française et empêtré dans la gestion de sa calamiteuse dissolution, le Président a lse sentiment qu’il tient le bon bout et qu’il peut « se refaire » en mettant en scène une guerre en Ukraine où il serait le preux chevalier sauvant la démocratie avec ses petits soldats de plomb déployés sur un improbable champ de bataille. De façon étrange, et selon un narcissisme pervers inquiétant, le Président semble confondre la guerre en Ukraine avec un jeu vidéo où l’algorithme récompenserait le joueur qui met ses troupes en risque.

Et, dans l’esprit de Macron, il ne faut probablement pas chercher ailleurs l’explication à ses propos ineptes sur des troupes françaises déployées contre la volonté même du président ukrainien… Reprendre quelques points de popularité, avec la conviction qu’il s’agit d’un jeu. Comme pendant le COVID, où il se déguisait en militaire.

Une proposition irréaliste

En attendant, cette proposition fait tragiquement sourire. L’armée française n’est guère capable d’aligner plus de 4.000 hommes sur une théâtre d’opération. Tout indique que l’armée russe en aligne 300.000 hommes sur un front qui court sur plusieurs milliers de kilomètres. L’objectif récent de l’armée française était de porter sa capacité de projection à 10 ou 15.000 hommes, à condition d’investir dans le réarmement.

Surtout, nous savons tous que l’armée russe dispose d’armes hypersoniques non-nucléaires qui pourraient paralyser durablement Paris en quelques minutes, sans que nous ne puissions réagir.

Ces quelques rappels soulignent l’irréalisme irresponsable de Macron et de ses propositions. Donc, on enverrait une poignée de soldats français sur un front qui n’est pas le nôtre, et, au moindre accrochage avec les troupes russes, nous risquerions d’être annihilés en quelques minutes ?

C’est absurde, bien entendu, et parfois on se demande quelle doses de cocaïne prennent les normies parisiens qui adhèrent à ces fables présidentielles. Nous y reviendrons lorsque nous parlerons de la guerre en Ukraine sur le fond. D’ici là, je me pince en entendant dans certains salons parisiens des appels à la guerre, une détestation puérile de Poutine et une adhésion aveugle aux propositions de Macron. Nous savons tous qu’aucun membre de la caste n’acceptera de voir son enfant mourir sur un front quelque part entre Kiev et Odessa. Et nous savons tous qu’une confrontation directe entre les troupes françaises envoyées là-bas et les troupes russes se solderait par une immonde boucherie.

Ce que le bon sens recommande

En réalité, la seule attitude responsable de la part de notre Président devrait consister à éviter soigneusement tout enlisement dans le bourbier ukrainien, dont les témoignages sur place décrivent l’horreur. En revanche, il devrait s’atteler à l’immense tâche de reconstruire une armée digne de ce nom, avec un équipement moderne et un entraînement suffisant.

Les gesticulations des politiciens n’impressionnent que les Français les plus influençables. Pour le reste, ces discours n’ont pas cours.


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Lalaina Andriamparany

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