Furfari vous dit tout sur le black-out en Espagne et sur le marché européen de l’électricité

Furfari vous dit tout sur le black-out en Espagne et sur le marché européen de l’électricité


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Officiellement, le black-out en Espagne n’est toujours pas expliqué, même si nous avons donné d’importants éléments sur le sujet. Chacun a compris qu’il était difficile de stabiliser le réseau lorsque le « mix énergétique » accorde une trop grande place aux énergies renouvelables. Voilà une faille et qui apparaît, et qui éclaire d’un seul coup les multiples dérives du marché européen de l’électricité, construit sur des vues idéologiques dont Samuele Furfari, qui fut au coeur de ce système, nous ébauche ici l’histoire.

Nous avions, il y a une dizaine de jours, évoqué le black-out en Espagne, en rappelant que la baisse brutale de consommation dans ce pays n’était pas directement due au mécanisme européen de fixation des prix de l’électricité, mais à l’excès d’énergie solaire dans le mix énergétique espagnol (rappelons que l’Espagne n’est pas incluse dans le mécanisme européen des prix).

Samuele Furfari reprend ce dossier pour nous et le remet en perspective avec la construction méthodique du marché européen de l’électricité. Ses explications sont d’autant plus précieuses qu’il est un homme « de l’intérieur », puisqu’il fut longtemps haut fonctionnaire à la direction générale de l’énergie au sein de la Commission Européenne. Il nous explique comment le bon sens qui a longtemps régné dans cet univers feutré a finalement cédé la place à une idéologie du « marché », qui est en fait une idéologie de la réglementation.

Deux points saillants retiendront l’attention du lecteur et de l’auditeur :

  • tout d’abord, la création d’un marché unique de l’énergie, qui a débouché sur une complication générale du système, est une oeuvre politique imposée par les commissaires aux hauts fonctionnaires « traditionnels ». Il s’est agi d’une nouvelle réglementation bureaucratique en apparence, mais surtout très idéologique, qui a mis les Européens en coupe réglée
  • le marché européen de l’énergie a largement visé à empêcher la France (et son industrie) de disposer d’une électricité moins chère que l’industrie allemande après qu’Angela Merkel a fait part de son intention de sortir du nucléaire en Allemagne.

D’une manière générale, le choix allemand hostile au nucléaire a porté des conséquences déterminantes pour l’Europe tout entière : il a établi un plancher tarifaire au-dessous duquel aucune Etat-membre industrialisé ne pouvait descendre. Et il a porté en germes le développement déraisonnable des énergies renouvelables chères et peu commodes à moduler au rythme de la consommation dans le réseau.


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Rédaction

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