Faut-il vraiment réindustrialiser la France ?

Faut-il vraiment réindustrialiser la France ?


Partager cet article

La question paraît incongrue, puisque nous sommes en permanence baignés dans l’idée qu’il FAUT réindustrialiser la France, tout en sachant que personne ne souhaite voir une usine s’installer au bout de son jardin, ni même travailler à la chaîne. Eric Le Gendre, qui connaît très bien l’industrie automobile (et nous montre comment les fermetures d’usines du secteur sont en grande partie liées à l’étroitesse d’esprit propre au management français, très vertical et déresponsabilisant pour la classe ouvrière) tue ici quelques poncifs et revient sur l’idée qu’il faut absolument réindustrialiser le pays.

Eric Le Gendre est un excellent connaisseur de l’industrie automobile. Il nous fait le point aujourd’hui sur plus de trente ans de désindustrialisation dans ce secteur.

Bien entendu, il pointe du doigt les causes bien connues de phénomène :

  • l’inflation normative
  • l’inquisition fiscale
  • la lourdeur du droit du travail
  • des normes environnementales excessives

Mais l’intérêt de cet entretien est de dépasser ces poncifs et d’aborder au moins deux autres points trop rarement évoqués dans les réflexions sur la réindustrialisation :

1° si Toyota parvient à être rentable à Valenciennes, c’est grâce à une culture managériale différente, où chaque ouvrier est traité comme un élément essentiel de la vie de l’entreprise, et où chaque partenaire de l’entreprise est respecté dans une chaîne globale de valeur. Cette capacité à s’appuyer des forces vives manque cruellement dans les entreprises françaises, où l’ouvrier est considéré au mieux comme un simple exécutant. Le manque de compétitivité de nos entreprises tient donc largement à une question de management et de compréhension du circuit de décision.

On notera que Toyota mise sur un fort investissement dans la robotisation, qui n’est pas exclusive, comme on le voit, de la création d’emplois.

2° l’industrie doit développer une capacité de production adaptée aux besoins. En l’état, la France dispose d’un nombre suffisant d’usines automobiles. Nul besoin d’en créer. En revanche, les usines existantes doivent être modernisées et leur productivité améliorée.

Au fond, la réindustrialisation n’est pas un horizon en soi. Ce qui compte, c’est de disposer de l’outil adapté aux besoins de production.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Braun-Pivet révèle enfin le grand secret de l'Assemblée Nationale, par Veerle Daens

Braun-Pivet révèle enfin le grand secret de l'Assemblée Nationale, par Veerle Daens

Il faut parfois rendre grâce à nos dirigeants. Non pas pour leur efficacité, faut pas pousser, mais pour ces rares moments de lucidité involontaire où, pris de panique, ils lâchent le morceau. Merci donc, infiniment, à Yaël Braun-Pivet. Les personnels de l’Assemblée nationale font preuve d’un dévouement et d’une neutralité exemplaires au service du mandat confié par les français aux députés. Je condamne fermement les propos tenus à leur encontre. Nourrir la défiance envers nos institutions et


CDS

CDS

Bart de Wever, seul dirigeant vraiment souverainiste en Europe

Bart de Wever, seul dirigeant vraiment souverainiste en Europe

C’est une ironie de l’Histoire dont l’Europe a le secret, une de ces facéties tragiques qui renverse les tables et bouscule les certitudes les mieux ancrées. Alors que le "camp du Bien", emmené par une Commission européenne en roue libre et une administration Biden crépusculaire, exigeait la tête de la Russie sur un plateau d'argent — ou plutôt, ses avoirs —, la résistance n'est venue ni de Budapest, ni de Rome, ni même de Paris. Elle est venue de Bruxelles. Ou plus précisément, d'Anvers. Bart


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

La Grande Vadrouille de la Sécu : confessions d'un ex-baron et provocations libertariennes

La Grande Vadrouille de la Sécu : confessions d'un ex-baron et provocations libertariennes

D'un côté, Frédéric Buffin, ancien grand manitou de la Sécurité Sociale (ex-directeur de la CNAV, rien que ça), qui revient sur les lieux du crime avec l'air désabusé de celui qui a vu les coulisses et qui préférerait ne pas s'en souvenir. De l'autre, Éric Verhaeghe, en mode "tonton flingueur", prêt à dynamiter le totem de la solidarité nationale. Le constat est aussi rassurant qu'une fuite de gaz. Buffin, qu'on imaginerait défendre son ancienne paroisse, nous livre une confession stupéfiant


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Réarmement de l'Europe: Londres claque la porte

Réarmement de l'Europe: Londres claque la porte

Le Royaume-Uni se retire du programme de défense SAFE, refusant la contribution exorbitante de l'UE. Une nouvelle démonstration que l’Union européenne priorise la défense de son récit ukrainien au détriment de la stabilité économique réelle. La nouvelle est tombée ce vendredi : le Royaume-Uni ne participera pas au programme européen de défense "Security Action for Europe" (Safe), un fonds de 150 milliards d’euros destiné à soutenir l'industrie de l'armement. La raison ? Une divergence sur le


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany